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Une envie de livres ?

Affichage des articles dont le libellé est histoire ancienne ou antique. Afficher tous les articles
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29/11/2011

Comment le ministère tente (très sérieusement) de récupérer l'aura de Jacqueline de Romilly

Il ne faut être surpris de rien. Mais alors vraiment de rien, dès que ça vient du ministère. 

Aussi le ministère de l'éducation nationale a créé - sans rire et pourtant, ça a l'air d'un gag, la couleur d'un gag, l'énormité du gag - le Prix Jacqueline de Romilly "pour valoriser les initiatives pédagogiques innovantes en langues et cultures de l'Antiquité". Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 12 février 2012.

Je crois que je ne vais pas m'en remettre. 
Se faire poursuivre jusque dans sa tombe par des pédagogogistes à la noix, alors que l'on a défendu pendant toute sa vie la transmission de la culture antique par un enseignement classique dans tous les sens du terme... Consternant. 

Une réaction d'enseignants de lettres classiques sur le site Fabula (à lire). Je vais essayer de me remettre de cette nouvelle, mais je ne garantis rien.
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20/12/2010

Adieu Madame de Romilly !

J'arrive bien tard, après un long voyage, pour l'adieu à Jacqueline de Romilly, dont vous avez probablement entendu parler. P. Assouline en a parlé dans son blog, je vous renvois vers lui qui en parlera infiniment mieux que je ne puis le faire. Une de ces grandes personnalités forgées par des années de travail, imprégnées de leur amour pour les humanités.

Il est encore temps de la lire... Plus encore de respecter son oeuvre en défendant nous aussi l'enseignement du grec et du latin afin de transmettre un patrimoine, une intelligence de la langue et une culture fabuleuse. Pour l'écouter, la voir, ne manquez pas la rediffusion de l'émission Empreintes, sur France 5, demain soir mardi 21 décembre 2010. 

Dans un extrait cité par Audrey Pulvar dans son édito, il y avait ces mots magiques à propos de l'enseignement: 

J’adore ça ! Quand on sent qu’il y a un écho, qu’ils ont compris quelque chose, qu’un regard s’éclaire. Je ne sais pas à qui j’ai transmis ou qui a reçu, mais j’ai tenté d’établir le contact et ce qui me rendait heureuse, c’était le contact (...) Enseigner, transmettre. Transmettre non- seulement le savoir, mais aussi l’amour de la pensée, l’exigence, la curiosité de l’autre, la projection dans demain à partir d’hier, le savoir d’où l’on vient.

 Pour finir, une miette encore, une interview sur le site psychologies.com . Sur Youtube ne manquez pas les vidéos d'interviews de cette grande dame. 

Quant à moi je reviens bientôt, ce sont les vacances et j'en profite autant que possible pour travailler, travailler, oui mais sur la thèse. Et ça c'est vraiment bien.
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07/09/2010

La Brève histoire du Monde de Gombrich.


Si l'on a fait de près ou de loin un peu d'histoire de l'art, on connaît l'ouvrage de E. Gombricht, que dis-je, cette énorme référence synthétique, son Histoire de l'art. Mais il est aussi l'auteur d'un petit ouvrage (300 pages, 15 euros) parfait pour offrir à Noël à des adolescents un peu curieux, une Brève histoire du monde. On pourrait lui reprocher ce qui fait à mon avis sa principale qualité: ce récit de l'histoire du monde de la préhistoire à la seconde guerre mondiale, qui donne un souffle fabuleux à ce petit livre, qui le fait dévorer pour peu que l'on aime un peu l'histoire. Cela pourrait être le récit d'un grand frère, ou d'un grand-père. Pas de très longues explications, d'hypothèses, de longues séries chiffrées à l'appui, ni de sources ou de notes en bas de page, à la manière d'un ouvrage d'historien. Ce n'est pas le but. Il s'agit de faire découvrir et faire aimer la trame de l'histoire mondiale à des enfants et non de tout expliquer. Et le pari est tenu, si j'en crois les enfants qui l'ont reçu en cadeau dans mon entourage

Extrait de la quatrième de couverture

L'histoire de l'humanité racontée en quelque trois cents pages ? Aussi audacieux que cela puisse paraître, c'est le pari que s'est lancé Ernst Gombrich, et qu'il a relevé avec brio. Il choisit de tutoyer ses lecteurs, tel un grand-frère qui s'adresserait à ses cadets et, considérant que ceux-ci savent réfléchir par eux-mêmes, il ne les encombre pas d'explications simplistes. Il leur présente les personnages historiques emblématiques de leur temps et raconte les faits dans leur continuité, comme s'il ne s'arrêtait pas de parler, insufflant au récit un sens du rapprochement et de la contemporanéité des événements. Un ouvrage formidable pour apprendre l'Histoire sans en avoir l'air.


Vous trouverez ici un autre avis sur cet ouvrage (blogspot Oisivetés, billet du 4 mars 2007).


Voici quelques mots extraits du premier chapitre:

"Toutes les histoires commencent par "Il était une fois". Notre Histoire ne parle donc que de ce qui a été. Te souviens-tu? Il était une fois où tu étais petit (...) Avant d'avoir été ce petit enfant, tu étais un nourrisson. De cela tu ne peux te souvenir et pourtant tu le sais (...) on pourrait continuer ainsi à remonter toujours plus dans le temps (...) Mais le temps de lire ce message n'a duré qu'un bref instant. Car notre lumière descend de plus en plus vite. 1000 ans, 2000 ans, 5000 ans, 10 000 ans... En ce temps-là il y avait déjà des enfants qui aimaient les bonnes choses, mais ces enfants ne savaient pas écrire 20 000, 50 000 ans (...) Avant l'existence des montagnes, il y avait des animaux très différents de ceux d'aujourd'hui. Ils étaient gigantesques et ressemblaient à des dragons. Comment le savons-nous? On trouve parfois leurs os, profondément enfouis dans le sol. Par exemple au Musée d'histoire naturelle de Vienne (en Autriche), tu peux voir un diplodocus. Un nom bien étrange que celui de diplodocus. Mais l'animal est bien plus étranger encore! Il n'aurait pu tenir dans une pièce de ta maison, ni même dans deux."


Un autre extrait, tiré des chapitres consacrés au Moyen-Âge:

23. Des chevaliers chevaleresques.

"Tu as sûrement déjà entendu parler des chevaliers au temps de la chevalerie. Peut-être as-tu aussi lu des livres dans lesquels il est beaucoup question d'armures et d'écuyers, de panaches et de nobles coursiers, d'armoiries chamarrées et de châteaux forts, de duels et de jeux chevaleresques au cours desquels les femmes attribuaient les récompenses, de voyages aventureux et de châtelaines délaissées, de chanteurs ambulants (ménestrels et troubadours) et de départs vers la Terre sainte. Le plus beau est que tout cela a réellement existé. Cette évocation empreinte d'un certain romantisme n'est pas pure invention. Il fut une fois un monde où tout n'était que couleur et aventure, où les hommes prenaient plaisir à participer à un jeu étranger et néanmoins grandiose de la chevalerie, un jeu qui souvent était très sérieux.

Mais quand y eut-il des chevaliers et que s'est-il passé?

chevalier signifie en fait cavalier, et c'est ainsi que commença la chevalerie. Celui qui pouvait s'offrir un beau cheval de combat pour partir à la guerre était chevalier..."
Cet ouvrage peut également être lu à des enfants entre 7 et 11 ans, pour partager le plaisir du récit de l'histoire.

Bonne lecture!
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14/02/2009

Brève introduction à l'histoire politique (1)

Parce que je songe aux grandes biographies qui vont venir rejoindre les premiers basiques sur les rayons de la bibliothèque, voici de quoi patienter.

A l'instar de l'histoire diplomatique et de l' histoire militaire , certains thèmes traditionnels d'histoire politique ont connu un regain d'intérêt ces dernières années, sans doute sous l'influence de relations internationales instables. Avec le genre biographique, ces domaines historiques ont toujours eu la faveur du public.


Forme la plus ancienne de l'historiographie, l'histoire politique a polarisé l'attention des historiens occidentaux depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIIe s.
Raconter l'histoire nationale, a été l'objectif des auteurs grecs (Hérodote avec l'histoire des Guerres médiques, Thucydide et sa guerre du Péloponnèse, Polybe et ses Histoires qui portent sur les guerres puniques). Elle l'a été tout autant des auteurs latins : Tite-Live, Tacite s'emploient à retracer l'histoire de Rome, ou celle des empereurs. C'est encore l'objectif des historiens du Moyen Âge: deux exemples entre tous: l'Histoire des Francs de Grégoire de Tours et la Vie de Charlemagne d'Eginhard. Dans tous ses cas, les auteurs sont convaincus qu'ils retracent l'histoire d'une nation extrêmement prestigieuse, la leur.

L'idéologie, une certaine vision du monde ont toujours profondément influencé le regard des historiens.

Lorsqu'au XIXe s. l' histoire fut introduite dans les universités européennes comme une discipline autonome, elle se concentra sur l'étude de la politique des Etats, des gouvernements et des institutions et, par conséquent, sur les actions des "grands hommes". La notion même d'histoire politique aurait été ressentie à l'époque comme une tautologie, puisque l'approche politique était considérée comme la seule manière sensée d'aborder l'histoire.


L'histoire politique accordait au XIXe siècle une grande place aux guerres. Preuve de cette prédominance écrasante, la formule d'Hegel, selon laquelle "les périodes de paix sont les pages blanches de l'histoire".

Ce n'est que dans la seconde moitié du XXe s. que s'imposa la conviction que l'histoire politique n'était qu'une parmi de nombreuses autres approches du passé, puisque l'histoire, doit considérer la totalité de l'action humaine.
S'efforçant d'élargir son champ d'études, elle n'examine plus seulement la pensée et l'action des élites politiques et militaires, mais aussi le contexte économique, le modèle socioculturel dominant, les échanges d'informations, les contraintes administratives ou les expressions symboliques et rituelles du pouvoir.

Elle recourt à des échanges avec l' histoire culturelle, économique et sociale. Bref, elle s'ouvre à l'universel.

Mais avant d'en arriver là, la pratique historique du XIXe siècle a été profondément et même essentiellent orientée, partisane.
Un historien, Camille Jullian écrivait en 1897: "L'histoire naquit à nouveau, non pas du paisible travail de cabinet, mais de la lutte des partis."



C'est en effet sur le terrain privilégié de l'histoire que se sont engagés les âpres combats qui mettaient aux prises conservateurs et libéraux, cléricaux et anticléricaux. Tous, au XIXe siècle, en appellent au passé pour légitimer leurs opinions.
Un exemple, celui de la Révolution française: aux contre-révolutionnaires pour
qui la Révolution est un complot (thèse de Barruel) ou un châtiment divin (Joseph de Maistre), s'opposent les libéraux qui insistent sur les apports de la Révolution, de laquelles sont nées les libertés. Au mieux, on gomme, on minimise tel ou tel aspect défavorable, comme la Terreur.


D'ailleurs cette imbrication étroite de la politique et de l'histoire s'incarne même en la personne d'Augustin Thierry comme en celle de Guizot qui font oeuvre à la fois de politiciens et d'historiens. C'est clairement ce que confesse Augustin Thierry dans les "Lettres sur l'histoire de France".



La défaite de Sedan (1870) a bcp joué dans le développement de mythes nationaux -- voir l'essai sur le règne de Philippe-Auguste --, l'histoire devait servir à alimenter le culte national.



La IIIe République a fait de la Révolution le fondement de son régime. Une chaire d'histoire de la Révolution française est créée en 1898. Les marxistes commencent à donner leur vision de l'histoire: pour Albert Soboul, la Révolution marque le passage du féodalisme au capitalisme.

Le marxisme a joué un rôle essentiel dans l'historiographie du XXe siècle. Il a conduit beaucoup d'historiens à s'intéresser bien plus aux masses qu'aux "grands hommes".

PS: je ne parle plus réforme mais j'y pense. Je crois même que j'ai des idées qui me travaillent, vu comme je cherche des dérivatifs avec ce remplissage de la bibliothèque et ces billets sur l'histoire politique.
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L'Histoire de France de J. Carpentier


Panorama de l'histoire de France, ce petit volume de la collection Point Seuil est un peu un des... voyons, voyons, allez trois ou quatre volume d'histoire qu'il convient d'avoir chez soi même quand l'histoire n'est ni un métier ni une passion, et un des premiers des quelques dizaines d'ouvrages d'histoire qui constitue la bibliothèque de l'honnête homme.

Oui, je suis au courant que l'honnête homme est un concept du XVIIe siècle. Et alors ? On peut être honnête homme au XXIe siècle, je ne vois que des avantages à la chose.

Lorsqu'il est sorti ce tout petit ouvrage (groumph, à peine 500 pages) s'est attiré de nombreuses louanges :

" Synthèse très réussie d'un demi-siècle de travaux historiques tant français qu'étrangers sur notre espace national. "
Philippe Joutard, le Matin

" Nous tenons avec ce livre notre nouveau petit Lavisse, avec la gloriole républicaine en moins et la pudeur des vrais savants en plus... "
Jean-Pierre Rioux, Le Monde

" Pour tous ceux qui, soit par goût personnel, soit par obligation professionnelle, ont à connaître de l'histoire de la France, le Carpentier-Lebrun est actuellement la référence fondamentale et indispensable. "
Jean Peyrot, Historiens et Géographes

Il contient non seulement l'histoire politique, mais bien sûr - après un siècle d'historiographie, c'est la moindre des choses - l'histoire des cultures, au sens "civilisation", des arts, des religions, des économies et des paysages, l'histoire intellectuelle, etc... Pour (commencer à) tout savoir du néolithique à la fin du XXe siècle, en passant par les Mérovingiens, la société féodale, la Renaissance, Loulou 14, les révolutions politiques, industrielles, etc.

Il renvoit aussi vers une petite bibliographie - qui aurait mérité d'être commentée... - des cartes et tableaux statistiques, une chronologie, un glossaire, un index, bref, tout pour réviser votre programme de collège...


(et maintenant c'est pour moi l'exercice de bibliographie ou comment vous aider à le trouver/commander chez votre libraire préféré en vous donnant les bonnes références, dans l'ordre s'il vous plaît)

Capentier, Jean (dir.), Histoire de France, Paris, Le Seuil,
1987 (mais si si on le trouve encore... bon ce serait bien qu'il soit réédité...)
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31/01/2009

Ma Bible à moi. Un point à la ligne.


Comme j'ai fait les choses en désordre sur ce blog, je ne vous ai pas encore parlé de ma Bible. Mon truc à moi, pas en plumes mais mieux encore, le livre qui me ferait refuser de partir sur île déserte si je devais m'en passer. Bon, pour aller sur l'île déserte, il me faudrait quelques palettes d'autres bouquins, mais disons qu'il me faudrait au moins celui-là.


"Histoire générale des civilisations, Le Monde et son Histoire est une vaste fresque où sont retracées les traits marquants et les faits essentiels de l’histoire du monde. Un ouvrage de référence où les lecteurs avertis comme les amateurs pourront trouver aussi bien la réponse à une interrogation ponctuelle que l’exposé synthétique d’une question ou d’une période. Chacun des quatre tomes comprend des cartes, une chronologie, une bibliographie et un index qui les rendent facilement utilisables."

Les auteurs :
Louis Bergeron est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Maurice Meuleau est agrégé d’histoire. Luce Pietri est agrégée d’histoire et maître-assistante d’histoire ancienne à l’université de Paris-IV. Marcel Roncayolo est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Marc Venard est agrégé d’histoire et professeur d’histoire moderne à l’université de Haute-Normandie. (Bon euh pour dire vrai, je crois que la notice biographique des auteurs date légèrement... humm... au moins de la première parution.)

Louis Bergeron, Maurice Meuleau, Luce Pietri, Marcel Roncayolo, Marc Venard, Le monde et son histoire, Paris, R. Laffont (pour l'éd. de poche), (1971) 1991.
Tome I : Le Monde antique et les débuts du Moyen-Âge (vers 3000 av. J.-C – XIIe siècle apr. J.-C. )

Tome II : La Fin du Moyen-Âge et les débuts du monde moderne ( du XIIIe siècle – XVIIe siècle )
Tome III : Les Révolutions européenes et le partage du monde ( XVIIIe siècle – XIXe siècle )
Tome IV : Le Monde contemporain de la seconde guerre mondiale à nos jours


Une présentation de l'histoire universelle - si vous voulez savoir tout tout tout sur les Cananéens (et même avant) aux années 1980-1990 (car malheureusement, cet ouvrage n'a pas été réédité, mais on le trouve facilement d'occasion sur internet ou ailleurs, et dans toutes les bonnes bibliothèques).



Et en plus ils se lisent comme un roman. Si, si, je vous assure, ça ne se lit pas, ça se dévore (et prière de lécher vos doigts après). Et l'index est des plus précieux. Si vous êtes perfectionnistes, prenez les anciennes éditions, en onze volumes, en illustrations noir et blanc. Encore mieux.

Même s'il faut admettre qu'il manque des choses, parce que c'est juste un basique à savoir chez soi, parce que depuis 1990, les historiens ont découverts toutes sortes de choses, si vous savez déjà tout ce qui dans ces quatre petites merveilles... moi je vous absous de tout crime.






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