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Une envie de livres ?

23/04/2010

Escalier de la BnF : F. Mitterrand demande un contre-projet


J'ai vu il y a quelques jours un article du Monde en date du 6 mars 2010 qui annonçait que le ministre de la culture devait rendre son avis quant à la destruction de l'escalier d'honneur de la BnF, (que l'on doit à Jean-Louis Pascal) le 17 avril. Hier, un article du Figaro (22 avril 2010) annonçait que F. Mitterrand demandait un contre-projet, à fournir d'ici à novembre 2010. Le sort de l'escalier n'est donc pas scellé, et c'est très très bonne nouvelle ! Je vais entamer immédiatement une gigue, et je n'exclue pas de la danser avec pour seule parure une ceinture de bananes ! Il faut savoir marier les genres !

Cette suspension de la destruction prévue, est une nécessité pour respecter l'oeuvre de Jean-Louis Pascal. J'ai été très heureuse d'apprendre que Jean-Pierre Babelon notamment s'est élevé contre ce projet. Mais c'est peut-être aussi une simple mesure d'équité face aux citoyens qui, habitant des immeubles classés (ce qui arrive facilement à Paris, et ne rend pas plus riche :-/ ), ne peuvent pas installer de volets, ou doivent batailler pour changer leurs fenêtres et trouver des modèles agréés par les Monuments historiques. Le respect de l'oeuvre de J.-P. Pascal prime naturellement. Mais il serait bon de ne pas oublier ou négliger le principe d'égalité entre citoyens face à la loi...

Sur ce rayon de soleil, je vous souhaite une bonne journée... (de travail)
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18/04/2010

Éducation (encore)


Un rapide billet pour parler éducation. Vouaip, encore! Mais on ne peut pas enseigner sans aborder le sujet, et thésarde ou pas, j'enseigne. À ce propos, si vous ne l'avez pas encore lu, voici un billet de Princesse Soso sur le sujet : "si jamais Luc C. passe par ici". Il était signalé sur le blog de La cité des Dames, par Artemise, avec injonction de le lire et de le diffuser. Je ne me fais pas prier parce que, même si on n'aime pas ou peu le style de Princesse Soso, que l'on comprenne ou pas qu'elle utilise (beaucoup) le second degré (moi, ça ne me dérange pas, je vois un peu ce qu'elle vit, et ça explique la chose), c'est un résumé très sensé. Largement plus que ces assises de la violence sans y avoir invité de prof de ZEP...

À ce sujet, l'émission Interception du jour, sur France Inter, démontre l'implication de certains tribunaux pour faire comprendre aux parents d'enfants sur le chemin de la délinquance le rôle des parents, et les principes d'éducation. À écouter donc.

Le constat est banal : de plus en plus de parents ont du mal à assumer leur rôle face à des enfants au mieux turbulents, au pire incontrôlables, violents, voire en voie de délinquance.

Pour aider ces parents avant que tombe une éventuelle sanction pénale, une loi de mars 2007 permet aux tribunaux d’organiser des stages.

« Stages parentaux » menés par des magistrats, des psychologues, des éducateurs sociaux. Il ne s’agit pas de ramener les enfants dans le droit chemin, il s’agit d’ouvrir les yeux aux parents désemparés ou tout simplement inconscients de leurs devoirs.

Ces stages ne sont pas organisés sur la base du volontariat : les parents convoqués par la justice, et qui s’y soustraient, sont passibles des condamnations classiques pour les délits commis par leur progéniture.

Le tribunal de Reims est l’un des rares en France à appliquer cette formule. Monique Derrien a suivi de bout en bout l’un de ces stages.

Elle a recueilli le désarroi, la colère aussi de parents sans repères, souvent en grande difficulté sociale, que l’on tente d’aider, parfois malgré eux.


Dommage que les enseignants ne soient pas présents à ces séances, car c'est un travail d'équipe et une explication sur les rôles de chacun. C'est fou comme la responsabilité de l'école revient dans la bouche de ces malheureux parents. Ça me rappelle des choses, ça.

Et contrairement à ce qui est dit dans le cours de l'émission par un... éducateur ? Psychologue ? Il y a une règle magique dans l'éducation, à condition de la respecter: "Face à un enfant, ne dis que ce que tu es prêt à faire et fais tout ce que tu dis". Que l'enfant croit la parole de l'adulte et que l'adulte se fasse respecter sans violence. Merci Pierre de m'avoir donné, un jour, cette règle...

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17/04/2010

Causons musique (1)





Écoutez ! C'est l'Arpeggiata....

Depuis quelque temps, je voulais changer le programme musical. Vous faire écouter des choses un peu plus récentes, comme Lhasa. Voui mais c'était sans compter avec la limitation de l'écoute imposée par certaines maisons de disques, la Warner et EMI. Pas drôle. Du coup, je me suis rabattue sur un excellent disque, et un aussi excellent ensemble, l'Arpeggiata (j'ai du mal à l'écrire mais je les écoute avec un régal sans nom)... Pour en savoir plus sur eux, c'est ici que ça se passe, quant à ce disque-là, il est question d'araignée, de tarantule plus exactement, de malades piqués par ces p'tites bêtes, et de la culture développée en Italie autour de ce thème... Un régal, je vous dis.

Leur disque autour de la musique de l'époque de Stefano Landi est également à connaître, c'est simple, ça me fait chanter quand tout va mal. Quand j'étais étudiante je mettais ça à fond les soirs de blues estudiantin (mes voisins étaient étudiants et eux, ça n'était pas leur genre de musique, c'était pour leur culture, donc). Et paf! ça repartait...
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16/04/2010

Le minutier central ou une souris perdue dans des écritures de chats...


étape 1 : Prenez une souris. Non pas par la queue, un peu de respect, s'il vous plaît! Gentiment, doucement. C'est très doux le poil d'une souris, j'ai vérifié récemment avec celles rapportées par mon chat.

- étape 2 : Lâchez-la dans... voyons... un tas d'archives, à peine rangées en cartons. Quand je dis un tas, c'est un gros tas. Qui va chercher dans les 100 à 200 000 cartons. Pas de fromage à grignoter, mais largement mieux, des tas de vieux papiers. Laissez-la quelques années, le temps d'une thèse.

- étape 3 : au bout de tout ce temps, récupérez-la et en la regardant bien droit dans les yeux, demandez-lui des nouvelles de sa santé.

J'ai fait l'expérience, et ce n'est pas beau à voir. Ce n'est pas qu'elle est morte de faim, la souris, c'est qu'elle n'a plus su où donner de la dent. Trop de cartons. Plus moyen de se rappeler où elle avait grignoté. Ça se brouillait un peu dans son cerveau.

Comme dans le mien (de cerveau). Étant donné le temps passé dans les archives des notaires parisiens, j'ai l'impression, non de me transformer en souris, ça c'est déjà fait, mais de ne plus savoir où donner de la dent. Ce fonds des archives nationales porte le nom de "Minutier central". Pour en savoir un peu plus, c'est ici que ça se passe (cliquez). Vous allez voir, c'est très simple (groumph ya arnaque, accrochez-vous).
Imaginons que l'on travaille sur... les boulangers au XVIIe siècle. Le commerce du pain enrichit-il ? Comment s'approvisionnent-ils, à qui et comment vendent-ils ? Quels pains vendent-ils ?

- D'abord on peut commencer par repérer le secteur géographique qui nous intéresse dans Paris, avec la carte des études notariales (salle des références des Archives nationales, premier étage).

- Ensuite, on cherche les notaires dont l'étude se trouvait dans le coin. Avec un peu de chance, les boulangers sont allés à l'étude du coin de la rue.

- Là, on grimpe au troisième étage, salle des microfilms, chercher des détails sur les différentes études, dans les classeurs marrons, on relève la liste des notaires en exercice pour la période étudiée, leurs années d'activité, leur nombre de registres versés aux archives.

- En fin de classeur on va voir si ces gentils notaires ont laissé des répertoires, sortes de tables des matières des actes passés, noms des clients, type d'acte, année, mois, folio...
Les aléas du temps et peut-être la négligence desdits notaires font que l'on n'a pas toujours de répertoire. Alors, c'est la misère. Il faut se faire les cartons dans leur intégralité. Et ça n'est pas très très drôle. Ça peut l'être quand on a son temps, ce qui n'est pas le cas pour une thèse par exemple. Ça ne l'est pas quand les archives notariales ne sont qu'un petit bout de votre documentation.

- Si répertoire il y a, direction les tiroirs à microfilms. Avant il fallait les commander, maintenant, plus besoin d'intermédiaires, on ne s'en plaidra pas. Puis direction le lecteur de microfilm. Là, on fait défiler la bobine. On note les actes relatifs à nos boulangers. Là, c'est fait ! (nota, ne pas s'appesantir sur le bitoniau du lecteur, le défilement rapide a vite fait de s'enclancher, et là c'est encore la misère pour retrouver à quel page vous en étiez... Si vous entendez un brusque emballement de bobine, suivi de jurons de charretier lancés par un lecteur, c'est ce qui vient de se passer)

- Avant de quitter la salle, on repasse auprès des classeurs noter à quel numéro de carton correspond quelle année.

- Puis on passe commande des registres et cartons repérés. Ouf!

- Là, vous avez droit à une pause (au rez-de-chaussée). En même temps, vous n'aurez pas votre commande avant une heure et demie. Et ça ferme à 16h30, alors, autant se lever de bonne heure. Adieu les bains moussants du matin, théière à la main...

- Au bout de l'heure et demie, vous avez votre premier registre, au premier étage... C'est là qu'il faut prier tous les saints du paradis, saint Honoré en tête, pour la circonstance, parce que ça va être un quart d'heure drôlatique, de s'habituer à l'écriture du notaire, qui pouvait être dans une phase "écriture de chat"...

-Répetez l'opération autant de fois que nécessaire pour épuiser votre sujet, et quand vous aurez tellement de feuilles de relevé que ça volera de partout, vous me comprendrez...

À tel point que de tableaux en fiches, et de fiches en tableaux, de feuilles imprimées en notes manuscrites au crayon s'il vous plaît (qui tendent donc à s'effacer à force d'être manipulées) notes nerveuses et exitées, notes serrées ou exaltées, on ne sait plus toujours ce que l'on a dépouillé. Être ordonnée ou ne pas être (historienne), telle est la question.

Quelquefois une cote parasite vient semer la pagaille. Du genre, la référence d'un carton 281 pour l'étude LXI qui est censé traiter d'après vos notes, l'année 1634. Voui mais non. Ça ne colle pas, le carton 281 traite de l'année 1701. Il y a maldonne, vous en conviendrez avec moi.

Mais le Dieu des souris ayant créé l'archiviste, qui a créé la base de données au service du minutier, un rayon de lumière jaillira dans un coin de votre cerveau, et après quelques recherches dans la base joliment baptisée "étamin" (comme étamine) en croisant l'année de votre acte recherché (1634) et le numéro du carton, vous apprendrez tout penaud, que l'étude qui vous intéresse, ce n'est pas la LXI, triple buse que vous êtes, mais la LXII. Et voilà le travail.

Il y a des jours où je bénis les achivistes. Pas tous les jours ni tous les archivistes, mais quelquefois et quelques-uns.
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18/03/2010

Destruction programmée de l'escalier d'honneur de la BnF Richelieu / Fermeture du Cabinet des Médailles


Nous vivons toujours une époque fabuleuse... Dans le cadre des travaux en cours sur le site de la BnF Richelieu - site historique de la première bibliothèque royale puis nationale - l'escalier d'honneur, ici en photo, doit être détruit, ou comme on dit avec un faux air pudique "démonté". Il a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Je l'aime pour sa simple et majestueuse beauté, moi. Son fer forgé est un sujet d'admiration pour moi, à chaque fois que je le prends. Oui mais voilà, il faut de la place pour un caféteria, et probablement pour les délires d'un architecte mégalomane...

La Tribune des archives en parlait en mars 2009, ainsi que le site de l'association de défense du Cabinet des Médailles, un des musées qu'abrite la BnF Richelieu.

Car le musée des médailles va aussi disparaître... Vous trouverez sur le même site de l'association du cabinet des Médailles des précisions.

Le projet prévoit en effet la disparition de « l’entité Musée » et de ses salles d’exposition, et la mise en réserves des 1.500 œuvres actuellement exposées.
(...) La galerie Mazarine, où seraient installées une dizaine d’œuvres, et qui est présentée par la direction comme un substitut au Musée, est prévue dans les plans de l’architecte Bruno Gaudin comme une voie de circulation, non comme un musée (dont l’espace serait de toute façon insuffisant pour accueillir toutes les œuvres). Le coût d’un aménagement muséal de cette galerie dite pompeusement « Galerie des trésors » n’est de toute façon pas inclus dans le budget du projet Richelieu.

L'information semble être restée encore confidentielle, façon polie de dire que tout le monde s'en tamponne le coquillard (expression attestée depuis le XVIe siècle, voire le Moyen Âge).

Lisez l'argumentaire médiocre de la BnF (confort, fluidité, mal placé, créer des ouvertures). Les chercheurs de tous âges sacrifient volontiers leur confort et préfèrent prendre leur canne que d'entendre cela. On se souvient du type d'argumentaire qui a fait détruire les beaux dépôts Napoléon III aux Archives nationales (modernisation...). Contentez-vous de mettre l'électricité aux normes, d'arranger les problèmes d'incendie et de repeindre les fenêtres extérieures qui en ont bien besoin !

Depuis, la commission des Monuments historiques devait donner son avis. La destruction est bien prévue.

La revue "Sites et Monuments" fin 2009, début 2010 a consacré un article (d'Anne Richard-Bazire) à ce sujet, qui se termine par ces phrases :

Cette destruction va laisser un grand vide, l'avant-projet le dit lui-même: "Le hall se veut désormais être un grand vide hospitalier, un silence au coeur du quadrilatère." L'escalier est pourtant inscrit depuis 1983 à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques, ce qui n'a cependant pas empêché qu'on le transforme en 1987, date à laquelle on fait passer la volée supérieure de gauche à droite pour laisser monter des ascenseurs. Le XIX° siècle va-t-il pâtir une nouvelle fois de sa mauvaise réputation de siècle du pastiche et de l'éclectisme ? Et s'apercevra-t-on trop tard, comme pour les Halles de Victor Baltard (1805-1874), que l'on a détruit un témoignage important de l'oeuvre de l'architecte chéri de Charles Garnier, Jean-Louis Pascal, au moment où son oeuvre - magistrale - est en train d'être redécouverte ?


(Note de la rédaction de la revue )
Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que la commission des Monuments historiques réserve son avis sur la destruction de l'escalier de Pascal. Elle va effectuer une visite de la Bibliothèque le 2 novembre prochain [2009] et va revoter à ce sujet.

Tout cela pour installer notamment une cafeteria (pourquoi pas mais à quel prix ? Pour y payer le sandwich pomme café près de 10 euros comme à Tolbiac?)
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16/03/2010

Le Roy Ladurie, le climat et une expérience Xtrême


Il faudra leur dire, chez France Inter, de ralentir le rythme, je n'arrive pas à suivre, pour preuve, je suis en retard pour vous parler du 7-9 du week-end dernier, de samedi précisément, dans lequel Emmanuel Le Roy Ladurie était invité, et c'est ici pour écouter. Emmanuel Le Roy Ladurie, c'est un des monstres sacrés de l'histoire du XXe siècle. Il a soutenu une thèse magistrale sur les paysans du Languedoc à l'époque moderne, puis ensuite, une histoire du climat depuis l'an mil, d'autres ouvrages sur Saint-Simon et le système de cour, etc. Bref, du genre intéressant à écouter et à lire. Il sort son troisième volume sur l'histoire du climat, intitulé "Le réchauffement, de 1860 à nos jours", chez Fayard.

Mais je suis passée aussi, surtout pour vous parler de l'expérience qui doit être diffusée sur le petit écran mercredi soir, Zone Xtrême, qui transpose "dans l'univers de la télé les modalités d'une expérience menée à Yale, au début des années 1960 par Stanley Milgram :
En avril 2009, 80 candidats se sont succédé dix jours durant sur un plateau décoré avec un mauvais goût très sûr, mené par une animatrice autoritaire et assorti d'un public parfaitement chauffé. Assis derrière un pupitre, chacun des candidats devait interroger la même personne sur une liste d'associations de mots à mémoriser. A chaque erreur du questionné, le questionneur était invité à lui administrer une décharge électrique, suivant une progression de 20 à 460 volts. Ce qu'ignoraient les 80 candidats, c'est que La zone Xtrême, à laquelle ils participaient, était un faux jeu, exploitant les leviers les plus trash de la télé-réalité pour mieux en démonter les ressorts. (site Télérama)

Influencé par l'analyse de Hannah Arendt sur les mécanismes du nazisme et sa théorie sur la banalité du mal, le psychosociologue américain Milgram y étudiait le rapport de soumission à l'autorité. Maintes fois reproduite depuis, cette expérience démontre qu'un individu exposé à une autorité considérée comme légitime peut aller jusqu'à causer la mort d'autrui." Pour en savoir plus, c'est sur le site de Telerama qu'il faut aller. C'est cette hypothèse, vérifiée, qui je crois, devrait être connue de tous, car elle permet de comprendre comme de "bons pères de famille" ont pu former les Einsatzgruppen, qui comptaient non seulement des membres de la SS mais aussi des membres de la police allemande.
Ce sujet a été particulièrement étudié par l'historien Ch. Browning, dans son ouvrage Des hommes ordinaires, dont je vous recommande la lecture. Browning y a fait une étude détaillée du comportement, des motivations et des actes du 101e bataillon de réserve de la police allemande, qui fut jugé après la guerre pour les faits de massacres de juifs en Pologne.
C'est la docilité, renforcée par la pression du groupe, qui a fait d'hommes ordinaires des tueurs. Cette démonstration rappelle que l'horreur n'appartient pas seulement au passé, et combien il est salutaire de comprendre l'effroyable mécanisme toujours prêt à broyer de nouvelles victimes, pour peu que l'on cède sans réfléchir aux pressions d'un groupe ayant le pouvoir en main.
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08/03/2010

Histoire de barbaresques...

Si l'histoire de la Méditerranée, des corsaires vous intéressent, Tout un monde, sur France Culture, s'intéressait hier, dimanche 8 mars, aux captifs des barbaresques, entre XVIe et XIXe siècles. Et puis, pour le plaisir, on peut découvrir ou relire Cervantès... Écoutez, c'est ici.


L’incroyable série d’aventures qui a vu plus d’un million d’Européens capturés dans la guerre de course en Méditerranée, puis mis en esclavage et éventuellement revendus.

Histoires de survivants, de renégats, d’ordre rédempteurs, et d’un commerce florissant…avec quelques personnages sortant du lot tel le « soldat Saavedra » alias Cervantes, prisonnier à Alger pendant 5 ans.

- François Moureau, Captifs en Méditerranée aux XVI-XVIIIe siècles : histoires, récits et légendes, Presses de l'Université Paris-Sorbonne - 2008

L'une des grandes peurs de l'Âge classique, entre Renaissance et Lumières, se situa en Méditerranée où sévissaient la course et ses conséquences. Les corsaires barbaresques et les corsaires chrétiens se livraient à une lutte acharnée pour se fournir en captifs, qui servaient de monnaie d'échange et/ou de force de travail. Cet esclavage a donné lieu, du côté chrétien, à une littérature du rachat le plus souvent mise en forme par des congrégations religieuses spécialisées ; du côté musulman, la moisson fut moins abondante faute d'organisme rédempteur. L'étude des relations écrites, dont une bibliographie en plusieurs langues clôt l'ouvrage, est mise en parallèle avec les archives historiques de divers pays européens, dont Malte, et avec la création littéraire née de cette rencontre de deux mondes.


Wolfgang Kaiser, Le commerce des captifs : les intermédiaires dans l'échange et le rachat des prisonniers en Méditerranée, Ecole française de Rome - 2009
L'ouvrage étudie le rachat des captifs qui alimenta l'esclavage en Méditerranée à l'époque moderne.

Après avoir expliqué le distinction entre les esclaves et les captifs, il s'intéresse aux réseaux des acteurs de cette activité économique, qui fut longtemps très profitable.

Claudio Moatti ; Wolfgang Kaiser, Gens de passage en Méditerranée de l'Antiquité à l'époque moderne, Maisonneuve & Larose - Juin 2007

Sous-titré : Procédures de contrôle et d'identification.
La mobilité des hommes et des biens a marqué depuis l'Antiquité l'histoire des villes méditerranéennes. Cet ouvrage s'inscrit dans un vaste programme de recherche consacré au contrôle de la mobilité des personnes de l'Antiquité à l'époque moderne.

Denise Brahimi, Voyageurs dans la régence de Tunis : XVIe-XIXe siècles, Cartaginoiseries - 2008

Les voyageurs européens dans la Régence de Tunis sont de plusieurs sortes, soldats, captifs, diplomates, savants ou curieux. On ne peut guère attendre d'avis uniformes de la part de personnages et de personnalités aussi variés. D'autant que le pays lui-même en l'espace de trois siècles n'a cessé d'évoluer.

Et pourtant c'est bien une certaine image de la Tunisie qui se dégage de l'ensemble des textes ici proposés.

Certains lecteurs se reconnaîtront-ils au miroir de ce livre ?

Denise Brahimi, Opinions et regards des européens sur le maghreb aux 17e et 18e siècles, SNED - 1978

Thomas Pellow, L'histoire de la longue captivité et des aventures de Thomas Pellow dans le sud de la Barbarie, Bouchene - 2008

Thomas Pellow est l'auteur d'un des plus remarquables récits de captivité chez les Barbaresques. Son témoignage trouve sa source dans le séjour de 23 ans (1715-1738) qu'il fit en divers lieux du Maroc. Il connut des aventures de toute sorte, liées soit à son histoire personnelle (conversion à l'islam, mariage avec une femme du pays, tentative de fuite, etc.), soit à son métier de soldat dans les guerres menées par l'armée du Sultan.

En 1983, Magali Morsy a donné une traduction en français de ce texte qui avait été publié en anglais vers 1743. Elle a repéré les nombreux emprunts faits par l'éditeur à des textes publiés antérieurement, pour « enrichir » le texte de Pellow et répondre aux supposées attentes du public.

La présente édition vise à restituer l'originalité du récit de Pellow. Elle voudrait faire entendre, dégagée des discours qui la banalisaient, la voix singulière d'un homme, et l'histoire de son parcours.





Anne Duprat, Récits d'Orient dans les littératures d'Europe, Presses de l'Université Paris-Sorbonne - 2008

Toutes les «histoires arabes» du Siècle d'or ne content pas la mort du dernier des Abencérages, ni la fin d'Al-Andalus. La littérature hispano-mauresque, vouée à la célébration ambiguë d'un exil, porte bien au-delà du siècle des Lumières les échos de la chute de Grenade, la mémoire des révoltés des Alpujarras et le souvenir des Morisques chassés d'Espagne, invenant pour l'Europe le modèle d'une nostalgie paradoxale. Mais d'autres récits d'Orient puisent au même moment leur force dans celle de l'adversaire ottoman qui règne à Constantinople, et dont les Régences barbaresques ne cessent de défier les puissances militaires occidentales depuis les côtes d'Afrique du Nord. Poèmes, pièces et romans inspirés par ces affrontements avec les États corsaires, par l'histoire de leurs dynasties en plein essor, s'imposent alors comme une littérature du présent dans l'Europe du début de l'ère moderne.



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06/03/2010


- Jacques Marseille est décédé. La surprise a été grande, je ne le connaissais que de nom, de réputation. J'amais bien ses interventions vigoureuses, Jacques Marseille dans une émission, était synonyme de "forcément intéressant". Ses ouvrages méritent lecture, aussi, si en librairie vous en voyez-un, feuilletez-le, achetez-le, ses analyses étaient plutôt accessibles, même très accessibles, et du genre qui font réfléchir.
Adieu, Monsieur Marseille...



"Agrégé d'histoire, Jacques Marseille publie en 1984 sa thèse de doctorat sous le titre 'Empire colonial et capitalisme français'. Croisant l'histoire et l'économie selon une pratique qui lui deviendra vite familière, il est l'un des premiers à réfuter l'idée selon laquelle la soif de richesse serait à l'origine des conquêtes coloniales du siècle dernier, et affirme même que la colonisation a entravé le développement économique de la France plutôt qu'elle ne l'a favorisé. Suite à sa thèse, Jacques Marseille hérite à la Sorbonne de la chaire d'Histoire économique et sociale fondée par Marc Bloch au début du siècle. Chroniqueur au magazine L''Expansion, puis Les Echos, directeur de collection chez Nathan, il écrit également des contes pour les enfants. En 1992, il se fait connaître du public avec un essai intitulé 'Lettre ouverte aux Français qui s'usent en travaillant et qui pourraient s'enrichir en dormant', puis l'année suivante avec 'C' est beau la France. Pour en finir avec le masochisme français'. Suivent notamment une "Nouvelle histoire de France", "Le Grand gaspillage" et "la guerre des deux France". En mars 2010, celui qui était devenu un collaborateur régulier du Point s'éteint à Paris et laisse derrière lui le souvenir d'un homme engagé pour ses thèses économiques libérales." (biographie Evène)




- Les Saventuriers de Fabienne Chauvière s'intéressaient aujourd'hui, sur ma radio préférée, au parcours d'un historien, spécialiste de l'histoire de l'Église au Moyen Âge, Dominique Iona-Prat :

De la Bibliothèque de l'Arsenal à l'Hotel de Cluny, notre brillant guide médiéviste nous amène sur les chemins des abbayes et des églises du Moyen Age.

Un regard d'historien sur la place de l'église dans le paysage occidental en prise direct avec notre société actuel et ses incompréhensions religieuses.

Un voyage médiéval à bord de la machine à expliquer notre temps...



à écouter ici sur France Inter, c'est savoureux...



- découvert en recherchant des infos sur les pubs du net qui sentent la supercherie à plein nez (histore de savoir ce qui s'en dit, et rire un peu) j'ai trouvé ce site : compubmarket.com, ça m'a l'air très bien fait. Comment démonter une pub en quelques lignes. Ça décape, ça fait rire, et ça fait du bien. Mauvais point, je n'aime pas manquer d'information sur les auteurs ou l'auteur du site (quel métier, privé, pro, comment l'idée du site est née). Si on leur demande gentiment, ils vont peut-être répondre...
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27/02/2010

En vrac (1)

- Tendresse. Entre deux monstres sacrés de l'histoire : Fernand Braudel, à propos de Lucien Febvre (annales 1957, vol. 12, num. 2) "Je garde le souvenir d'une brusque querelle entre nous, au sujet de Montaigne, le Montaigne du Voyage d'Italie: il en parlait comme il eut parlé d'un de nos amis communs..."

- Curiosité. Dans les émissions grand public sur un sujet historique, quand un historien manipule des archives, c'est toujours avec des gants blancs. Rigolo, non? Je n'en ai quasi jamais vu en salle d'archives. Mais à la télévision, pour des archives précieuses ou pas, ça ne rate pas.

- Droguée. Mais des archives. Ça, c'est moi en ce moment. Et je n'arrive pas à décrocher. Je sais bien que je dois rédiger. Oui mais voilà, pas moyen de me sevrer. Je vais finir par croire que les archives me rassurent et que j'ai la trouille de me lancer enfin, pour de bon, pour de vrai dans la rédaction. Ça fait psycho de comptoir, mais je vois bien cet argument se révéler valable. D'abord, j'ai Pierre Goubert pour moi "Celui qui ne trouve pas dans les archives son suc et sa source de vie n'est qu'un amateur ou un frimeur". Ne vous fâchez pas, ce maître ne parlait que des historiens.

- Rigolo (bis). Le directeur de notre école doctorale (lettres et sciences humaines) rappelle que nous devons valider le TOEIC pour notre thèse. Le TOEIC est un test d'aptitude en langue anglaise, son frère est le TOEFL.
Sauf que le TOEIC s'adresse plutôt à ceux qui veulent travailler dans le monde de l'entreprise. Je lui dis que le TOEIC moi, je m'en bats l'oeil avec une patte de merlan ? Et qu'à choisir je préférerais largement le TOEFL ? Et aussi, que promis, juré, je relève mon niveau en anglais dès la thèse soutenue, parce que je complexe gravement de mon piètre niveau en anglais, mais là, comment dire ? J'ai comme qui dirait largement d'autres plats sur le feu...
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26/02/2010

Dans la bibliothèque de Pierre Rosanvallon


Écoutez sur France Inter, dans Esprit critique, de Guillaume Erner, Pierre Rosanvallon parler de sa bibliothèque : un régal, réjouissant, amoureux... Il explique la façon dont les historiens utilisent les livres. J'ai souri en l'écoutant dire qu'il était bibliophile, non pas pour les belles reliures de cuir et les tranches dorées, mais pour leur contenu...
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