Soyez les bienvenus sur ce blog où je disserte ou divague sur l'histoire et l'actualité ! N'hésitez pas à me laisser un commentaire, une question, dans le respect de la netiquette, je serai heureuse de vous lire. Comme dans la plupart des blogs, les articles se lisent en commençant par le billet en dernière page, soit le plus ancien... en date du 07/09/2008.
Métier : chercheuse en histoire (moderne, i.e. 16e-18e siècles) et enseignante.
Tempérament : souvent railleuse et râleuse, mais désireuse de faire goûter à tous l'histoire. Un objectif: ne jamais se contenter de raconter le passé, mais faire comprendre sa richesse. Comprendre le passé et le présent, découvrir leur richesse, poser des questions encore et encore, sans jamais se lasser ni renoncer...
pour parler de la pratique de l'histoire au quotidien. Il y est question du métier d'historien, d'esprit critique, d'actualités, d'archives bien sûr et d'enseignement. Avec quelques humeurs en prime...
Contact Blog
Pour m'écrire, envoyez un mail à l'adresse suivante : La_souris_des_archives arobas yahoo point fr
Merci !
Vous cherchez un livre d'histoire ?
Parce qu'il est compliqué d'être certain de faire un bon achat, ou une bonne lecture en général, si vous souhaitez un conseil sur un livre, un avis, des idées de lectures de qualité sur un thème précis ou plus général, vous pouvez m'écrire (voir plus bas, la rubrique contact) ou bien allez faire un tour sur le site des bibliothèques universitaires le Sudoc.abes.fr (vous y trouverez certainement votre bonheur). Vous pouvez y retrouver par exemple les références des livres du diaporama en recherchant par mots, nom d'auteur ou maison d'édition. À savoir: en règle générale tout le monde peut emprunter dans les bibliothèques universitaires, il faut simplement s'inscrire pour obtenir une carte payante (au tarif très raisonnable en principe).
L'actualité de l'édition
Parution.com l'actualité de l'édition en histoire et sciences humaines, musique, littérature...
Babelio.com pour partager le goût des livres
On m'a demandé récemment "Ça fait combien de pages, une thèse d'histoire? "
Réponse : "Hummm... voyons voir... mille pages ? " - Ah quand même! - Ben oui, hein, on a la plume facile généralement."
Bon, ça me permet de sourire quand je vois la thèse de maths de quelqu'un de ma connaissance. Pffff, 200 pages. Mouarf!
Disons, je souris tant que je n'ai pas ouverte. Parce que là, j'ai le coeur qui chavire et le cerveau qui se brouille...
Tout ça pour dire, que je suis loin d'avoir terminé. Dans le passé j'ai gratté six cents pages en 7 mois. Mais c'était le passé. Et puis j'étais célibataire. Bref, c'est pas gagné. Haut les coeurs ! "À vaincre sans péril toussa..."
Agatha Christie aurait déclaré qu'"il est très avantageux d'être la femme d'un archéologue (comme c'était son propre cas) parce que, plus vous vieillissez, plus vous l'intéressez!" Pourquoi n'ai-je pas épousé un archéologue ou un historien, moi ? Vous pouvez me dire ?! Parce qu'en l'état (enfin, je me comprends) je ne suis pas sûre de l'intéresser autant dans une quarantaine d'années...
Ah oui, je sais, parce que j'ai déjà horreur des copies et de parler élèves sans sérieux besoin, alors en entendre parler à longueur de dîner, aaaaahhh cauchemar.
Oui, parce que c'est la saison des copies qui ouvre dans quelques jours. Z'avez pas du prozac ? Un petit quintal devrait suffir pour supporter les quinze jours à venir.
Aimez-vous les livres ? Quel rapport avez-vous avec les livres ?
Puisque j'ai commencé à faire un sort aux bibliothèques, venons-en au meilleur à présent. Dans je ne sais plus quel manuel de méthode de travail pour les étudiants en histoire, feuilletée lorsque j'étais étudiante, il était expliqué que l'historien ne lit pas un livre - d'histoire - dans un fauteuil profond, seul avec son livre, mais qu'il doit lire avec un crayon et un papier à la main. Ce qui est vrai, pour noter les idées essentielles, ou les réflexions que font naître la lecture. N'empêche que la bibliothèque de mes rêves, je ne l'imagine pas sans un fauteuil profond et confortable. Juste pour pouvoir de temps en temps, par pur plaisir, sans besoin lié au travail, prendre en main mes livres préférés, ceux de Marc Bloch ("ah, mes Rois thaumat' !"), de Lucien Febvre (Le problème de l'incroyance au 16e siècle), de Fernand Braudel (sa merveilleuse Méditerranée), Jean Delumeau, Pierre Goubert (Louis XIV et ses 20 millions de Français), Arlette Jouanna (Le devoir de Révolte, Le goût de l'archive), François Furet, Paul Veyne, ou Jacques Le Goff, et j'en oublie mille autres, ceux qui me font rire et pleurer.
Certains préfèrent les beaux livres, les reliures anciennes. J'avoue mon indifférence à la reliure, preuve que je suis une sauvage. Mais l'odeur d'un livre neuf, tourner délicatement des pages que l'on sépare pour la première fois, dévorer comme une gourmandise le texte qui fait exploser mille idées en tête...
Il y a au moins un point commun entre les historiens, c'est l'amour des livres. Bon en tout cas, le besoin des livres, je vais essayer de ne pas prendre mon cas pour une généralité.
C'est même un des sujets de conversation les plus fréquents. Non pas "et celui-là, tu l'as ?", parce que c'est censé aller de soi - aïe, aïe, aïe pauvre de moi, qui n'ai ni la place ni l'argent - mais "et toi, comment fais-tu ? Moi je ne sais plus les mettre, ça déborde du bureau" - n'imaginez pas qu'il s'agisse là d'un meuble, mais de la pièce entière, qui est doublée de livres, remarquez, c'est un isolant comme un autre... Un peu comme les économistes, sociologues des universités ou grandes écoles parisiennes, interrogés par les journalistes : ça donne une pièce où sont empilés jusqu'au plafond les livres, dans un ordre connu seul du propriétaire, et dans lequel personne n'est assez fou pour s'aventurer faire un brin de ménage.
Alors mon rêve c'est ça... Une pièce uniquement à moi, meublée de livres, avec de jolies boiseries quand même, on n'est pas des sauvages, et un bureau qui trône au milieu. Et puis l'échelle pour attraper les ouvrages tout là haut ! Et puis des étagères plus profondes, pour les ouvrages d'histoire de l'art, avec double épaisseur d'étagère pour supporter le poids.
Pendant longtemps j'ai rêvé de la bibliothèque des romans de la comtesse de Ségur, la bibliothèque classique des belles demeures du 19e siècle, celle qui sert de cadre à certaines scènes d'Après la pluie, le beau temps... J'ai rêvé aussi de la Vallée aux loups, de Châteaubriand, je m'étais imaginée dans la petite tour au fond du parc, un lieu idéal pour lire et vivre. Mon côté misanthrope, sans doute.
Tiens, en attendant, je pourrais toujours m'en créer une, de bibliothèque, ici...
Mais si de généreux donateurs sont prêts à se manifester, je ne saurai refuser ! (Comment ça, j'abuse?)
Bronzino, Portrait d'un jeune homme, v. 1540, huile sur bois, 96 x 75 cm, Metropolitan Museum of Art, New York
Voici une gourmandise qui vient de sortir en librairie, si vous ne l'avez pas encore repérée (oui, les vitrines des librairies sont pour moi depuis très longtemps bien plus alléchantes que celles des pâtisseries) : "Le noir, histoire d'une couleur" de Michel Pastoureau: longtemps couleur à part entière en Occident, puis en déclin avec la nouvelle classification des couleurs à partir du 16e siècle, elle revient en force au 19e siècle.
Couleur de deuil, couleur de l'austère sobriété espagnole des 16 et 17e siècles (ah, L'homme au gant de Titien, mieux encore mon Portrait d'un jeune homme, de Bronzino, en vignette, là-haut, il me fait pleurer celui-là), couleur du sérieux masculin du 19e siècle (pensez au vêtement noir de Monsieur Bertin, d'Ingres, allez voir là, cherchez Ingres, Monsieur Bertin...).
L'auteur, Michel Pastoureau, est naturellement historien (directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, l'EHESS), spécialiste de l'histoire des couleurs (aaaah son "Bleu", qui avait fait sensation à sa sortie en 2000 !), des emblèmes et des symboles.
Je me souviens avoir trouvé en parcourant les rayons, son Étoffe du Diable, un livre fabuleux sur les significations attachées aux rayures en Occident: qui ne se souvient pas du gilet à rayure du maître d'hôtel du capitaine Haddock ? Car les rayures ont longtemps été symboles de servitude, voire symbole de folie: les carmes ont provoqué le scandale à partir du milieu du XIIIe siècle, à cause de leur manteau rayé, "barré", or les barres désignent en ancien français non seulement les rayures mais est aussi en langage héraldique le signe de la bâtardise...
Depuis les années 1960, les historiens se sont ouverts à ce qui a d'abord été appelé "l'histoire des mentalités", avant d'être intégrée dans une très large, très vaste histoire culturelle, définie comme une « histoire sociale des représentations » (Pascal Ory). Histoire des institutions et des politiques culturelles, des représentations et des moyens d'expression du pouvoir, histoire des médias et de la culture médiatique, histoire des symboles, histoire des sensibilités (histoire des façons de manger, de s'habiller, histoire de l'imaginaire, des odeurs, des sons, etc), histoire de la mémoire, bref, l'histoire du Bleu, et celle du Noir sont des fleurons des plus belles études historiques européennes d'aujourd'hui...
Vous savez quoi ? J'ai reçu une réponse de la BNF à propos de ma glissade sur l'esplanade détrempée... Je n'y croyais pas (plus).
"Madame,
Vous avez bien voulu attirer notre attention sur une chute dont vous avez été l'objet sur l'esplanade de la bibliothèque et sur les dangers d'y circuler à pied, et nous vous en remercions.
Nous comprenons votre inquiétude et parce que nous la partageons, nous sommes actuellement en cours d'élaboration d'un projet destiné à améliorer la lisibilité et l'accessibilité des entrées en bâtiment. Ce projet qui sera réalisé durant l'année 2009 permettra aux usagers de trouver sans peine et sans danger l'entrée de la BNF, quelles que soient les conditions climatiques".
Il est question d'un chemin sécurisé "qui mènera le public des abords du site aux portes à tambour situées au pied des travélators" avec un revêtement parfaitement antidérapant... Le bonheur avec des bulles... Je vais pouvoir ranger ma coquille de Caliméro, pour cette fois!
J'ai un attachement particulier pour ce jour-là, pour la Grande Guerre comme on l'a appelée. Peut-être parce que je pense alors à mon grand-père maternel, et aussi à mon grand-père paternel, qui ont chacun vécu la guerre très différemment et pas exactement comme les autres fantassins.
Fait du hasard, mon grand-père maternel est le seul de mes grands-parents à avoir vécu assez vieux pour que je le connaisse, même s'il est mort quand j'avais deux ou trois ans. Curieux pour un homme qui a failli être réformé, et qui a finalement servi comme infirmier, car "il avait la santé trop fragile" pour être soldat à proprement parler. On lui a toujours dit qu'il ne vivrait pas bien vieux. Comme tant d'autres, il "n'en parlait jamais". Pourtant comme infirmier, il a dû en voir. Mon autre grand-père, lui, a vécu la guerre sans tout à fait la faire: lui et ses camarades ont été faits prisonniers en 1914 dans le train qui les emmenait au front. Quatre ans de captivité. Une chance finalement, à un moment où la vie des pigeons voyageurs et des chevaux était plus précieuse que celle des hommes.
Pendant ce temps, ma grand-mère maternelle "qui n'était jamais passée entre deux chevaux" a dû apprendre à les atteler, et a dû faire les labours, et les récoltes... "Comme un homme!"
Folie des hommes. Mais on ne peut qu'être heureux des évolutions de l'historiographie qui nous permettent de savoir autre chose de celle que l'on a en vain rêvée comme la Der des Der, que les batailles. Des années 1970 à aujourd'hui, une multitude de travaux d'historiens a permis d'en savoir un peu plus sur le quotidien de ces hommes-là, dans la boue, la neige, la pluie et le froid, le cagnard, les tranchées, les puces et les rats, les bombes et le reste. Sur le quotidien de l'arrière, la propagande, la "brutalisation" de la société pour reprendre la formule de George Mosse. Si le sujet vous intéresse, commencez par ceci (un résumé historiographique de l'académie de Grenoble) ou cela (une présentation de l'ouvrage de réflexion sur l'historiographie de la Grande Guerre, par A. Prost et J. Winter, Penser la Grande guerre) S'il y a un jugement un jour, je n'aimerais pas être à la place des grands officiers de 14-18. Même les animaux devraient être là pour les accuser.
Grâce à J.-J. Becker, on sait que les soldats ne sont pas partis la fleur au fusil, bien loin de là, à G. Pedroncini, que les "mutins" fusillés n'ont pas dans leur immense majorité refusé de se battre, quoiqu'en ait suggéré la récupération politique ultérieure.
Car entre les lamentables affirmations sur l'air "On nous cache tout on nous dit rien" des acteurs du film Indigènesde Rachid Bouchareb (selon lesquels on aurait caché le rôle des Indigènes pendant la guerre, z'ont pas dû être assidus en cours au collège ou au lycée ceux-là...), les récupérations politiques en tout genre de la Grande Guerre, il vaut mieux laisser de côté la plupart des commémorations officielles et se plonger dans de bons livres... Et aller visiter par exemple Douaumont (enfin, un autre jour) pour les photographies en 3D des tranchées...
À lire pour eux, pour qu'ils vivent dans nos mémoires: * Barbusse, Le feu, 1917 * Dorgelès, Les croix de bois, 1919 * Genevoix, Ceux de Verdun, 1916-1921 * Norton Cru, témoins, 1929.
À voir ou à revoir, Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick. Non pas document, mais évocation brillante des supposés mutins...
À tous ceux qui liront ce billet, pourriez-vous indiquer en commentaire comment dans votre famille 14-18 a été vécue ? Vos grands-parents, arrière-grands-parents, hommes et femmes... Merci...
Dans les discours et les images qui ont accompagné la présentation médiatique de la campagne électorale américaine, il y a des choses que l'on relève nécessairement, lorsque l'on a une petite formation à la critique...
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la présentation biographique de Barack Obama que les journaux télévisés français reprenaient tous, il y avait les mêmes images (photographie de son père, image en arrière-plan d'une femme d'Hawaï en train de danser - rigolo le stéréotype, d'ailleurs... -, la photographie de sa mère, celle de Barak enfant avec son beau-père et ses demi-frères et soeurs indonésiens, celle de ses grands-parents américains blancs), le même résumé. "Bizarre, vous avez dit... bizarre"
Bref à se demander "mais d'où viennent donc ces images?!"... ce qu'aucun journal n'a dit... Je vois bien une vidéo livrée clé en main par les responsables de la campagne d'Obama, moi... Et personne ne s'est posé la question de la construction de sa biographie, avec des matériaux réels, là n'est pas la question, je ne soupçonne pas en soi de déformation de la réalité, juste de... hummm, voyons voir, comment appelle-t-on cela déjà ? Ah oui, propagande... Que les journalistes de la télévision, reprennent sans oeil critique. En même temps l'absence de regard critique, l'incapacité des journalistes à citer leurs sources (pourquoi pas un bandeau en bas d'écran indiquant l'origine de ces images) est un peu la raison pour laquelle je ne regarde plus ces journaux, sauf quand je cherche justement de l'image de propagande ou à regarder le travail des journalistes. Et généralement, il y a de quoi s'amuser à la télévision !
******
Je fais taire ma langue de vipère, et je vous propose quelques livres, écrits par des spécialistes, pour saisir l'occasion des élections pour réfléchir sur les États-Unis au 20 siècle et en ce début de 21ème siècle.
Les États-Unis au 20e siècle ne sont en rien dans mon domaine de spécialisation, mais un historien qui n'est pas curieux de tout, y compris de son temps ne peut être qu'un mauvais historien.
Si l'élection de mardi dernier vous intéresse, si vous désirez en savoir un peu plus sur l'Amérique au 20e siècle et en ce début de 21e siècle, pour comprendre ce qui se dit, ce qui se joue, voici quelques références essentielles qui permettront de comprendre ces évènements qui ont suscité autant d'émotion...
André Kaspi est professeur d'histoire de l'Amérique du Nord à l'Université de Paris I et directeur du Centre de recherches d'histoire nord-américaine (CRHNA). C'est un des "maîtres" sur la question des États-Unis.
Jacques Portes est, depuis 1995, professeur d'histoire de l'Amérique du Nord à l'Université de Paris 8 Vincennes-Saint Denis.
Olivier Zunz est professeur à l'Université de Virginie (et un de mes auteurs préférés sur la question).
Nicole Bacharan est diplômée de l'IEP de Paris et de l'université de Paris I, elle est également chercheur associé à la Fondation nationale des sciences politiques, spécialiste de la société américaine et des relations franco-américaines.
Claude Folhen est historien, spécialiste de l'Amérique du Nord, et il a occupé pendant plus de vingt ans la chaire d'histoire américaine à la Sorbonne. Il peut être considéré comme le père de cette discipline.
Ouvrages généraux
A. Kaspi, Les Américains. Les États-Unis de 1607 à nos jours , 2 vol., Paris, Le Seuil, « Points-Histoire », 1986, rééd. 1998.
J. Portes, L'Histoire des États-Unis depuis 1945 , Paris, La Découverte, 1992 ; Les États-Unis au XXe siècle , Paris, Armand Colin, 1997.
O. Zunz, Le Siècle américain. Essai sur l'essor d'une grande puissance , Paris, Fayard, 2000 (à paraître en avril) (traduction en français de Why the American Century , University of Chicago Press, 1998).
Sur l'immigration
J. Brun, America ! America ! Trois siècles d'émigration aux États-Unis (1620-1920) , Paris, Gallimard/Julliard, « Archives », 1980.
R. Ertel, G. Fabre et É. Marienstras, En marge. Les minorités aux États-Unis , Paris, François Maspero, 1971.
Cl. Fohlen, La Société américaine, 1865-1970 , Paris, Arthaud, 1973.
N. Green, Et ils peuplèrent l'Amérique , Paris, Gallimard, « Découvertes », 1994.
A. Kaspi, La Vie quotidienne aux États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1929 , Paris, Hachette Littératures, 1980, rééd. 1993.
Y.-H. Nouailhat, Évolution économique des États-Unis du milieu du XIXe siècle à 1914 , Paris, Sedes, 1982.
Sur la question noire
N. Bacharan, Histoire des Noirs américains au XXe siècle , Bruxelles, Complexe, 1998.
F. J. Davis, Who is Black ? Our nation's Definition , Pennsylvania University Press, 1991.
M. Fabre, Esclaves et planteurs dans le Sud américain au XIXe siècle , Paris, Gallimard, 1970.
C. Fohlen, Les Noirs aux États-Unis , Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1994.
G. Kepel, A l'Ouest d'Allah , Paris, Le Seuil, 1994.
Sur la religion aux États-Unis
J.-Cl. Bertrand, Les Églises aux États-Unis , Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1975.
J.-P. Martin, La Religion aux États-Unis , Presses universitaires de Nancy, 1989.
Sur le système politique américain
P. Gérard, Le Président des États-Unis , Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1991.
J. Heffer, P. Ndiaye et F. Weil, La Démocratie américaine au XXe siècle , Paris, Belin, 2000.
J.-P. Lassale, La Démocratie américaine. Anatomie d'un marché politique , Paris, Armand Colin, 1991.
M.-F. Toinet, Le Système politique des États-Unis , Paris, PUF, « Thémis », 1987.
Sur Obama
J. Portes, Barack Obama, un nouveau visage pour l'Amérique, Paris, Payot, 2008.
******
À propos de l'image de l'Amérique en France, j'attends avec impatience un travail sur l'image de l'Amérique en France, à travers la musique, ou même de façon plus générale, une histoire culturelle de l'image de l'Amérique en France...
PS : je vous rassure, Sheila ne correspond pas à mes goûts musicaux, disons que c'est simplement un choix de documents sur le thème de l'image américaine... ;-)
"Première étape du voyage aux Etats-Unis à Cleveland, Ohio. Autrefois le pilier économique de la "ceinture de rouille" (rust belt), la ville a subit de plein fouet la crise du secteur automobile et s’est vidée de près de la moitié de sa population. Aujourd’hui, Cleveland est une ville qui souffre : depuis 2007 et le début de la crise des subprimes, la fameuse crise des crédits hypothécaires, elle détient le record de maisons saisies et de familles expulsées. Au palais de justice, vente aux enchères où les maisons se vendent pour une bouchée de pain, puis, dans le quartier de Slavik, rencontre avec Barbara qui malgré tout résiste et organise la solidarité avec les voisins du quartier. reportage : Daniel Mermet et Giv Anquetil"
Pour changer des âneries des journaux sur les cours de la bourse, comme si l'essentiel était là...
Un investisseur chinois accablé par la chute des valeurs à la bourse de Shanghai le 6 octobre 2008. (Photo Mark Ralston/AFP)
Certaines mauvaises langues diront que c'est normal que je ne parle pas de la crise, parce que je suis fonctionnaire, donc pas concernée par la tempête qui souffle sur l'économie. Il se trouve que dans mon entourage proche n'est pas du tout composé de fonctionnaires, donc je suis plutôt au courant de la réalité de l'économie, au moins celle des PME...
Et puis rien de pire qu'un blog où un incompétent parle, pour le plaisir de parler... Alors c'est la raison pour laquelle je ne parlerai pas ici de la crise financière, car même si l'histoire économique m'a toujours intéressée, cela ne fait pas de moi une économiste.
Toutefois, j'ai remarqué deux ou trois petites choses dans l'actualité qui m'ont fait réagir (et pas "interpellée" comme on dit souvent bêtement). Je ne parlerai pas de la crise pour donner mon opinion (sans valeur sur le sujet) mais de la façon dont on en parle.
D'abord, dans la bouche d'un professeur d'économie aux écoles militaires de Saint-Cyr - plutôt intéressant globalement à écouter, d'ailleurs vous pouvez le retrouver sur le blog éconoclaste ici et certainement plus que les journaux télévisés - Alexandre Delaigue, invité par Arrêt sur Image. A. Delaigue, pris sans doute dans le feu du débat, a ainsi expliqué que les chefs d'entreprise en raison de la crise ne pouvaient plus demander de prêt à leurs banques comme ils avaient l'habitude de le faire, pour de courte durée: or l'exemple donné était des plus malheureux, puisqu'il consistait dans un chef d'entreprise qui demande à son banquier de lui prêter le nécessaire sur quinze jours pour le paiement de ses salariés. Or, les banques n'accordent pas de prêt ou d'avances de fonds sur quinze jours à une entreprise ! Pour financer des paiements, salaires ou impositions, le chef d'entreprise peut tout au plus obtenir de sa banque un rachat de créance, opération par laquelle la banque verse à l'entreprise le montant des factures dont le règlement est attendu des clients, à court terme et en échange se charge des relances et encaisse les paiements faits par les clients le moment venu (nécessairement coûteuse, la banque se sert au passage, ce qui se comprend sans peine), ou bien obtenir de la banque un découvert (lui-aussi coûteux). Les banques ne financent par des prêts que les investissements, et encore les investissements matériels, et pas le paiement d'ingénieurs ou autres employés que l'entreprise souhaiterait recruter pour développer ou fabriquer un nouveau produit...
Autre boulette entendue cette fois ce matin sur France Inter, un des auditeurs vers 8h50, a parlé du bénéfice comme étant en partie investi et en partie versé aux actionnaires. Ni l'invité chargé de répondre aux questions des auditeurs, ni aucun des journalistes présents n'a relevé l'erreur, plutôt visible lorsque l'on a deux trois notions de base sur l'économie de l'entreprise. Or le bénéfice est ce qui reste après paiement des salaires, des impositions et charges diverses (65% des rentrées d'une entreprise si elle ne compte pas trop de cadres, sinon c'est plus...) et investissement ! Le bénéfice, lui, est réparti entre les associés et éventuellement actionnaires si l'entreprise est cotée en bourse...
Entre le discours politique, celui des économistes un peu trop ancrés dans la théorie (?) et l'absence de répondant des journalistes, on est pas près de trouver la bonne solution... (encore que les économistes ne sont certainement pas les pires)
En revanche, une histoire de l'entreprise au XXe siècle serait à écrire. Il y aurait de quoi dire sur l'évolution de la perception de l'entreprise (admirez au passage le faux singulier) durant le siècle, l'apparition de l'image du trader golden boy ou affolé au palais Brogniard ou maintenant devant son ordinateur, l'image donnée par les entreprises, les évolutions de la politique des gouvernements à l'égard des entreprises, liée à l'image que les politiques se font de l'entreprise...
Bref, de quoi alimenter un renouveau de l'histoire économique, bien en mal depuis une vingtaine d'années, en l'associant avec l'histoire culturelle !