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Une envie de livres ?

08/09/2008

Faisons sauter les verrous !


Puisque mon anti-sèche personnelle, c'est d'entrer directement dans les vif du sujet, allons-y !

Le but de ce blog, ce n'est pas de raconter l'histoire (je pourrai à l'occasion vous parler de mes livres d'histoire préférés et citer quelques exemples historiques croustillants) mais de vous parler du métier d'historien. Qu'est-ce que c'est faire de l'histoire ? À quoi cela sert ? Quel est l'intérêt d'une formation en histoire - dès le collège et le lycée - ? Quel plaisir peut-on y prendre ? Comme je l'ai déjà dit, j'aimerais partager ma vision du métier d'historien, et pour cela, faire sauter les verrous de la connaissance historique. Les historiens ont en commun avec les chats d'adorer ronronner dans leur coin, et c'est ma foi, dommage à mon goût.

Mon public visé, n'est pas celui qui s'assoit à chaque rentrée sur les bancs de l'université (quoique...) mais MonsieurToutLeMonde, bref tous ceux qui aiment bien l'histoire sans que ce soit leur métier et pianotent sur leur moteur de recherche préféré à la recherche de sites d'histoire pour satisfaire leur curiosité.

Je vous parlerai donc :

- du quotidien du métier d'historien, clins d'oeils et agacements compris : où élabore t-on l'histoire ? Comment écrit-on l'histoire ? Avec quels documents écrit-on l'histoire politique ? Et de quoi parle t-on en histoire quand on ne parle pas des batailles ? (de beaucoup, beaucoup de choses, si vous pensez que l'histoire c'est crier "1515, Marignaaaan ! ", vous devriez apprendre ici deux ou trois trucs...)

- de l'évolution de l'écriture de l'histoire, c'est-à-dire des différentes façons dont on a écrit l'histoire, des buts donnés à l'histoire au fil des siècles, car on n'a pas toujours écrit l'histoire de la même façon, du renouvellement des méthodes historiques au long du XXe siècle

- des qualités intellectuelles que l'on gagne à faire de l'histoire, et qui distinguent un historien du reste des citoyens (ce que de vous à moi, je regrette, puisque je considère que faire de l'histoire, c'est tout autre chose qu'apprendre des dates par coeur) c'est devenir plus critique, et être moins captif des messages publicitaires, de la propagande commerciale, politique ou autre. Convaincue que ces qualités intellectuelles sont à la portée de tous, mon but n'est pas d'être élitiste, bien au contraire, de faire partager tout ce que j'ai acquis moi-même, grâce à l'apprentissage de la méthode historique.

- de la façon dont un citoyen doit lire un document, que ce soit un article de journal ou un document d'archive, les réflexes doivent être les mêmes si l'on ne veut pas être dupes.

C'est là d'ailleurs que je vais occasionnellement tailler quelques habits pour l'hiver voire la dizaine d'hivers à venir à un certain nombre de collègues, vivants ou non, et prendre le pari de vous faire aimer l'histoire, sinon de la regarder comme vous ne l'avez jamais fait.
(Mais quelle ambitieuse, celle-là ! )


*** Pour ceux qui aiment jouer, retrouvez dans ce texte les titres de deux ouvrages célèbres sur l'écriture de l'histoire... Bonne recherche ! ***
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07/09/2008

Un blog d'historienne ! Tout un programme...


Je n'ai jamais eu l'angoisse de la page blanche. Peut-être que cela viendra comme le trac, avec le talent donc. D'accord, j'avoue. Depuis longtemps, j'ai trouvé le truc : je triche. Oui, honte à moi, regards de courroux, opprobre infini, etc. Je triche en contournant l'obstacle : quand on se sait pas quoi dire, on va à l'essentiel, là tout de suite.


(Clio, muse de l'histoire et de la poésie héroïque,
Pierre Mignard, 17e siècle)

Alors, qu'est-ce ? Un blog de plus ? Hélas, oui. J'ai mis longtemps à me décider. Moi, un blog ? Jamais ! Et puis finalement, mouton de Panurge, j'ai suivi.
Et si c'était un blog vous causant d'histoire ? D'histoire ou d'Histoire ? Justement, on en reparlera, de cette majuscule et de cette minuscule qui semblent se faire la guerre. Alors qu'il n'en est rien.

Un blog d'historien ? Non, un blog d'historienne (cette répétition, c'est pour tenter ma chance et un éventuel référencement dans ce moteur de recherche que j'utilise et j'abhorre à la fois, dont les règles mystérieuses de fonctionnement échappent au commun des mortels, à moi aussi par conséquent). Je n'aime pas à l'excès ce mot d'historienne, soit dit en passant. Là encore, j'en parlerai. Rassurez-vous, j'ai vérifié, cela ne court pas la toile. Mais qu'est-ce que cela raconte un blog d'histoire ?

Il paraît que les Français ont un goût prononcé pour l'histoire. Je me demande bien ce que les sondeurs et les sondés mettent derrière ces mots-là. Moi, cruelle ? Ah, mais il faut bien justifier le "vitriol" du titre. Contrairement à mes obligations dans le métier, ici, je peux être cruelle, partiale, et j'entends user de ce droit. Donc il y aura des billets d'humeur : une once d'acide sulfurique, un setier de mauvaise foi de temps en temps, des quintaux d'agacement souvent. À ma décharge, le but n'en sera pas gratuit.


Parce que, en dehors des spécialistes, silhouettes fantomatiques errant dans quelques lieux secrets, bref, des quelques poignées de chercheurs qui fréquentent les Archives nationales ou pas, et autres lieux de conservations des vieux papiers plus ou moins moisis dont ils se délectent, j'ai le sentiment que peu de gens savent ce que signifie "faire de l'histoire", alors que le petit écran et le grand se mêlent souvent d'en faire, de l'histoire, et le résultat est souvent à pleurer, à chaudes larmes, de tristesse ou de rire, selon l'humeur (faites-moi penser à la chronique cinéma historique, elle mérite sa page celle-là).

Parce que je suis persuadée d'une chose : si l'on sait lire un texte, même tiré d'un quotidien, d'une publicité, à la façon d'un historien, si l'on sait regarder une image au journal télévisé, ou dans la rue, comme a appris à le faire un historien, on gagne en esprit critique, c'est-à-dire en liberté.

Il n'y aura pas ici de longues synthèses sur divers sujets historiques, car ce n'est simplement pas mon but. Tout au plus trouverez-vous ici une bibliographie, quelques ouvrages à découvrir si vous aimez l'histoire.

Mais j'essaierai de vous expliquer ce que signifie faire de l'histoire, pourquoi l'on gagne en liberté grâce à l'histoire. Et le quotidien du chercheur, comment concrètement, on écrit l'histoire. S'y ajouteront mille et une petites choses, commentaires, réflexions sur l'actualité se rapportant à l'histoire - j'aime rebondir !

Qui suis-je ? Métier : chercheuse en histoire (moderne, i.e. 16e-18e siècles) et enseignement. Tempérament : souvent railleuse et râleuse, mais désireuse de faire goûter à tous l'histoire sans la raconter. Limites : mes (mauvaises) humeurs, mes capacités (des jours qui ne comptent que vingt-quatre heures et une certaine jeunesse), mes goûts (j'avoue un penchant pour l'histoire culturelle, l'histoire politique, l'histoire sociale, l'histoire du genre, des sensibilités entre autres... surtout en histoire moderne, même si j'aime me rappeler des pépites du temps des études universitaires et grapiller du côté du Moyen-Âge comme de l'époque contemporaine)
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