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Une envie de livres ?

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18/09/2010

C'est l'histoire d'une souris qui boit la tasse



- STOP - Souris qui patauge dans le grand bain - STOP - trop de cours à préparer - STOP - risque de noyade élevé - STOP - trop de trucs sérieux à faire - STOP - Vous oublie pas - STOP - Revient dès que possible - STOP -



Souriez, c'est la rentrée! Enfin, c'était mais bref, un emploi du temps connu à la dernière minute, de tas de cours pointus à faire, bref, plus le temps de rien, même pas de rédiger (la thèse). 

En en plus, c'est la période que choisit la BnF pour sa fermeture annuelle, c'est la misère. 

Si vous voyez dans les couloirs une souris en train de déménager des piles de bouquins, il y a des chances que ce soit moi. Surtout si la souris en question est trempée comme une soupe, comme si elle sortait à peine du grand bain.

En attendant, je vous propose de réécouter une émission que j'ai énormément appréciée, sur là-bas.org, le site de l'émission de Daniel Mermet (diffusée sur France Inter) : il s'agit de l'émission "Et si on fermait la bourse" avec comme invité Frédéric Lordon, économiste, directeur de recherches au CNRS. 

Cela fait du bien d'entendre des économistes faire la différence entre les entreprises non cotées en bourse - et qui, par conséquent, ne sont pas obligées de viser toujours plus de rentabilité au mépris des hommes - et les entreprises cotées, pressurées comme des citrons avant d'être jetées à la poubelle, avec leurs salariés. Cela fait du bien d'entendre qu'il n'y a pas d'un côté les méchants - banquiers et patrons - et de l'autre les victimes - pauvres gagne-petits employés et épargnants en même temps. 

Bonne écoute! Ne m'en voulez pas, mais j'ai encore trois ou quatre cours  et TD à terminer...
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02/09/2010

C'est la rentrée! Des profs et des syndicats...

Je crois que je vais m'énerver.

Si, si.


Oui, non, en fait, je suis déjà énervée. Vous le savez, je suis France-Inter addict. Enfin, sauf Mezrahi, faut pas exagérer non plus. Mais le tambourinage fait autour de la rentrée des jeunes enseignants sans-formation-IUFM-les-pôv'-tits-chats a tendance à me vriller les nerfs.
Soyons clairs, je ne suis pas du tout un ardent défenseur de la dernière réforme de l'éducation nationale, relative au recrutement et à la formation des enseignants.

Depuis hier, les journalistes nous répètent que ces jeunes enseignants sont lâchés devant les classes sans formation préalable sur la façon de tenir une classe ou la manière de préparer un cours. Tout en proposant des témoignage de jeunes lauréats des concours, qui disent avoir eu une journée ou deux de formation avant la rentrée. Premier problème.

Ce n'est franchement pas pour défendre Luc Châtel que je rappellerai ceci: en ce qui me concerne - pourvu que mon cas ne soit pas une généralité, toutefois j'attends des exemples contraires datant des années 2000-2010 - je n'ai eu AUCUNE séance avant le grand saut de la première heure du premier jour d'enseignement. Tout au plus une longue journée de pré-rentrée déjà mortellement ennuyeuse à visiter le bahut. Ma conseillère pédagogique m'a accordé en tout et pour tout une demi-heure en fin d'après-midi avant de filer chercher ses enfants à l'école d'à côté. Il en avait été question avec nos fabuleux formateurs IUFM - prenez le fabuleux pour ce qu'il est, peu flatteur - mais voyez-vous, leur réponse avait été: "Oui, mais non, ce n'est pas possible, il faudrait nous payer nos interventions devant vous en août, et là, comptablement blablabla... ça ne passera pas". Ben voyons.

Ces jeunes enseignants ont donc de la chance de ce point de vue-là.

Après, deuxième problème : le nombre d'heures. Désormais il s'élève à un temps plein (18h) au lieu du tiers temps que ceux de ma génération ont dû faire. Remarquez, ce tiers temps a eu un avantage: me permettre de faire mon DEA en même temps. Je vais me répéter, mais je n'ai jamais fait autant de progrès qu'à partir du moment où j'ai commencé mon premier plein temps. Parce que là, plus moyen de bidouiller, de passer trop de temps sur la préparation. Plus moyen de dépasser le temps imparti à une séance avec une classe d'un niveau quand vous devez répéter ce cours deux ou trois fois. Si vous vous arrêtez à des endroits différents, ça va être raide la semaine d'après de reprendre le cours à trois endroits différents. Donc on utilise des sous-chapitres accordéons que l'on ajuste en fonction du temps. Le problème n'est pas de demander à un jeune enseignant de préparer deux cours pour, par exemple trois classes de 6e et trois classes de 5e. Ça, c'est faisable. Le problème est de mettre dans les pattes d'un jeune enseignant cinq niveaux différents: 6e, 5e, 4e, seconde, terminale. Je ne conçois pas que les collègues n'aient pas pu lui laisser plusieurs classes de seulement deux niveaux. Cela veut dire que les collègues établis dans le bahut ont exigé tel emploi du temps et que le petit nouveau a pris les miettes. Et là, ça pose problème. Mais il est facile de coller la faute sur le dos du ministre. Il est fait pour ça dans l'éducation nationale, et il a le profil idéal, déjà quelques gaffes en stock, c'est parfait pour servir de cible.

Le détail que je ne comprends pas: pourquoi y a-t-il pénurie manifeste de tuteurs? Question naïve. Bah oui, il y avait bien des tuteurs, des conseillers pédagogiques, des enseignants de l'IUFM en nombre égal l'année dernière. Ils sont tous partis à la retraite? Ou bien leur nouveau statut est moins intéressant? Enfin il y a un truc.
Quant à regretter qu'il n'y ait plus de conseiller pédagogique, mouarf, la bonne blague. La mienne s'est employée à me dire que je ne savais pas faire cours, que je n'avais pas de présence en classe, que je n'étais pas faite pour ci et ça. Pour finir, tel le torero quand il s'est bien amusé avec sa victime, par me planter le couteau entre les épaules devant l'épreuve finale où était présent le tuteur envoyé par l'IUFM. J'ai traîné cette première année comme un boulet, je ne vois pas ce qu'elle m'a apporté. À part la perte du peu de confiance en moi que j'avais.

Troisième problème, désormais, ô scandale, les jeunes enseignants devront se former en sus des heures de cours. Que cela plaise ou pas, ça me semble une question de bon sens. Il est anormal de voir des classes sans professeurs parce que les titulaires sont en formation. Ou sans professeur parce que le titulaire est membre du jury du concours de manchin-bidule, histoire d'arrondir ses fins de mois et de changer le train-train quotidien en faisant avancer sa carrière. Au point que les derniers mois, quand j'étais stagiaire, j'ai vu les 6e de ma conseillère pédago compter leurs heures d'histoire-géo sur les doigts d'une seule main. Et les cours restants de cette chère conseillère, se transformer, ô ironie, en cours magistraux. Sans rire. Le problème une fois de plus est que l'on passe d'un extrême à l'autre: une formation lourde et inutile à trop peu de formation, un tiers temps insuffisant à un plein temps souvent mal fait pour une première année.


Mais bien sûr, mon cas est isolé et je n'ai vraiment pas eu de chance (je laisse la liberté aux lecteurs de se bercer de cette illusion), non, non, mon histoire n'est pas du tout représentative. Même que je suis une vendue du ministère (mouarf. Là je me roule par terre de rire).

J'aimerai que les journalistes de France Inter manifestent globalement le même esprit critique à propos des messages de propagande gouvernementale relatifs aux aides de l'État aux entreprises. Par exemple qu'ils refusent systématiquement de les diffuser. Et même que les chroniqueurs économiques comme Ph. Lefebure comprennent enfin que la situation supposée florissante des plus grandes entreprises du CAC-40 ne reflète en rien la situation du réseau de PME. Que m'importe de savoir que les grands groupes sont florissants? OK, merci de l'information, et alors? Vu que c'est une poignée de de PME qui assure l'écrasante majorité des créations d'emplois et non les grands groupes. C'est d'autant plus grave que la majorité des employés ne fait pas la différence, un patron est un patron, point. Il y a des mots malheureux à éviter comme "Parce que les entreprises regorgent d'argent, donc." (émission du 31/12/2010). Attiser les haines, voilà un bel objectif.

M'enfin, au train où vont les choses, je vous parie mon petit morceau de gruyère quotidien (et ce n'est malheureusement pas une blague) qu'avec le crash d'une foule de PME dans les mois à venir, ça ne durera pas. Paraît que l'on est économiquement en haut de la troisième barre du W qui caractérise les crises économiques. Convaincre les syndicats les plus hystériques, s'il en était besoin, que les patrons sont pétés de thunes, c'est sûr, c'est la seule chose à faire alors que l'on attend de grosses manifestations contre la réforme des retraites.



S'énerver, c'est comme boire, ça permet d'oublier l'angoisse pendant quelques minutes. Et c'est moins toxique que l'alcool.

Quoique.
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17/09/2008

Et si les économistes étaient les décideurs ?


Idée saugrenue du jour, qui m'est venue en écoutant ce matin l'invité de France Inter, Georges Soros, financier international, milliardaire.

Je ne pensais pas à Soros, mais à des praticiens de l'économie comme Soros. Pourtant ceux qui me connaissent savent le dégoût que provoquent chez moi les investisseurs à court terme, parasites et rapaces à la fois des entreprises.

Ou au moins à des hommes dont l'étude de l'économie est le métier. Un peu comme Raymond Barre. L'ennui c'est qu'en politique il faut savoir être un bon commercial : pas trop de connaissances mais du talent pour parler, afin de vendre un salon en cuir douze places à quelqu'un qui habite dans un studio de douze mètres carrés.

À propos de Sorros, ce qui m'amuse beaucoup (j'ai regardé un peu ce qui se dit de lui sur la toile) c'est qu'on le présente comme philanthrope. Comme Bill Gates.
Il y a de quoi mourir de rire.
Parce qu'en replaçant les choses dans leur contexte, on comprendrait pourquoi les millionnaires/milliardaires américains sont si souvent philanthropes. La lecture des publications d'Olivier Zunz peut permettre de comprendre le problème, pas si simple (notamment Le Siècle américain, utile pour comprendre les enjeux des élections présidentielles américaines au XXe siècle et en ce début de XXIe siècle), qui actuellement travaille précisément sur la question de la philanthropie des milliardaires américains. Pour résumer à l'extrême, il faut se replacer dans le contexte d'une culture américaine protestante où la richesse est à la fois le fruit de l'élection du croyant réformé, et évangile oblige, une barrière à l'entrée au royaume des cieux (cf. la formule du Christ « il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au royaume des cieux » Mat. 24). Être philanthrope, ça permet aussi de payer un peu moins d'impôts. C'est toujours ça de gagné.


Remarquez, en parlant de chameau, de vrais économistes au milieux de politiques, c'est un peu comme des chameaux dans un zoo, ou pire, au milieu de buildings, ils seraient nécessairement malheureux.
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