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Une envie de livres ?

Affichage des articles dont le libellé est histoire de l'art. Afficher tous les articles
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05/11/2010

En vrac (ter) !

Depuis quelques mois, figure dans les liens des sites recommandés, celui des Clionautes. Il s'agit d'une association de professeurs d'histoire-géographie pour l'utilisation des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation), qui propose par conséquent des "ressources en ligne" pour les enseignants mais pas seulement.

En effet, une page en particulier est intéressante pour tous, que l'on soit professeurs d'histoire ou pas, c'est la Cliothèque qui propose une veille des parutions et de très nombreux comptes rendus, classés par thèmes. Mieux encore, en adhérant, vous soutenez l'association et pouvez proposer vos propres comptes rendus pour enrichir la bibliothèque...

Et puis, voici un bulletin sur l'art médiéval, roman surtout, très attirant (pas eu le temps de tout regarder en détail, mais les premières pages sont très riches). Si vous ne savez pas quoi faire de vos économies, il y a des abbayes cisterciennes à acheter en ce moment. Si, si. 

Bientôt je reviens pour des articles pas en vrac et plus construits.
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28/07/2010

Blog Notes de musées

François Boucher (1703-70) : Le Déjeuner (1739 – Louvre)

Encore un petit nouveau dans le rayonnage des blogs à visiter régulièrement: les notes de musées de Jean-Louis Gautreau. À défaut de pouvoir sillonner soi-même la France de musée en musée, J.-L. Gautreau le fait pour nous et propose une visite guidée... Au menu, une histoire des sites de musées, de somptueuses natures mortes (oui je sais, mais je n'y peux rien, j'aime ces choses-là), des portraits, des scènes de genre, des paysages, des notes sur les genres en peinture. Les oeuvres d'art ne concernent pas seulement les historiens de l'art (même si j'avais déjà eu l'occasion de causer ici du petit livre de Daniel Arasse), elles servent également les historiens du politique, de la culture, et tout domaine historique en fait. Il est fréquent de citer le Boucher qui est ci-dessus, pour l'histoire de la sociabilité et des nouvelles pratiques alimentaires du XVIIIe siècle. Remarquez la pendule à gauche de la porte, elle nous parle aussi de l'histoire de l'horlogerie et du mobilier de luxe. Les vêtements des personnages sont riches d'informations, eux-aussi. Bref, l'art est une mine d'information, et ce site un bon moyen d'avoir accès aux collections des Musées nationaux, parallèlement au site de la Réunion des Musées nationaux.

Site à suivre donc... Notes de musées sur blogspot.
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11/06/2009

Rien au-dessus des natures mortes !

Nature morte à l'échiquier (Les cinq sens), Lubin Baugin, huile sur bois, 55 x 73 cm, Musée du Louvre, Paris

En visitant le blog d'une amie, j'y ai vu en passant un tout petit bout de tableau, une nature morte au citron. On ne voyait d'ailleurs que le citron. Thème cher aux peintres de natures mortes, or je suis fanatique absolue (comment, c'est redondont ? Pas assez pour dire ma folie) une fanatique donc des natures mortes, au moins tant qu'elles ont porté un message caché, donc en gros jusqu'au XVIIe siècle... Juste après, ce sont les scènes de genre qui me font soupirer.
Pour en revenir à notre citron, ce fruit est en principe toujours peint avec un rouleau de peau que l'on serait en train d'éplucher. Ce n'est pas un hasard : le citron dont la peau se déroule signifie l'amertume de la vie terrestre, qui se déroule jusqu'à la mort.

En cherchant de quoi me rafraîchir la mémoire sur le langage symbolique des natures mortes, j'ai trouvé ceci (site du CNDP, signé Valérie Bougault):

De tous les genres de la peinture, la nature morte est le seul dont l’image peut offrir autant d’interprétations. Parce qu’elle est composée d’objets, porteurs de sens symboliques ou non, elle est le vecteur idéal du message.

"Des codes sont à l’œuvre dans la plupart des natures mortes. Les vanités ont porté ce principe à son paroxysme puisque aucun objet ne s’y produit « gratuitement ». Le plus souvent parfaitement compréhensible aux spectateurs de l’époque, familiers des symboles religieux ou moraux en usage, ce langage a cessé de nous être accessible. La nature morte est donc aujourd’hui deux fois morte : par son objet, inanimé, et par son sens, introuvable ou dont nous sommes tout à fait inconscients.
Au cœur des natures mortes des XVe et XVIe siècles, les objets sont autorisés à figurer parce qu’ils sont porteurs d’un autre sens que celui de leur matérialité quotidienne. La symbolique religieuse parcourt tout un éventail, du séculier au mystique. Le décor qui figure en arrière-plan d’un saint – Saint Éloi orfèvre, de Petrus Christus, 1449 – n’est pas purement décoratif : les bijoux, coraux précieux, aiguières ciselées sont les attributs qui révèlent le patron des orfèvres.
Ailleurs :
- la serviette figure la pureté
- la fontaine, la virginité,
- le livre ouvert, la piété.

Dans les pures scènes de piété, les fleurs, fruits et autres objets sont autant de références à la Bible, à la liturgie, à la prière :
- la pomme renvoie à Adam et au péché originel,
- les cerises au Paradis,
- le raisin à l’incarnation du Sauveur et au mystère de l’Eucharistie,
- le calice de vin au sang versé par le Christ ;
- la noix est la chair tendre de Jésus sur le bois de la Croix,
- le citron, l’amertume de la Chute.

Les fleurs aussi ont leur traduction :
- le lys signifie la pureté,
- l’ancolie, la présence du Saint-Esprit,
- l’iris, la douleur,
- l’œillet, par homonymie (carnatio), l’incarnation du Christ.

La symbolique morale triomphe dans les vanités dont la composition forme un message.

Une catégorie originale

On donne le nom de vanité à une catégorie particulière de la nature morte qui associe des symboles du temps, de la brièveté de la vie, de la mort, aux objets de l’activité humaine. Ce genre de représentation a des origines anciennes puisqu’on retrouve à Pompéi une mosaïque montrant un crâne entouré des attributs du mendiant et du roi, souligné d’une sentence : « La mort égalise tout. » Elle connaît son apogée en 1620-1630, notamment à Leyde, en Hollande, dans le milieu très calviniste de l’université, pour s’étendre ensuite à toute l’Europe de la Contre-Réforme. Elle est l’expression picturale de l’esprit baroque qui a marqué le XVIIe siècle. On retrouve ce Memento mori – « Souviens-toi que tu vas mourir » – dans l’iconographie de saint Jérôme, méditant dans sa cellule entouré de livres, d’un sablier, d’une bougie et d’un crâne.

On distingue diverses catégories d’objets symbolisant tour à tour :
  • la corruption de toute matière : la mouche, qui précède le ver de la pourriture, et les petits insectes d’une manière générale ; les pétales fanés ; les fruits abîmés ; les pierres lézardées ou les rebords de coupelles ébréchés ; les cordes rompues ;
  • la fuite du temps : le chronomètre ou la montre, la bougie consumée, le sablier, le crâne ou le squelette, la lampe à huile ;
  • la fragilité de la vie : crânes, bougies éteintes, fleurs fanées, miroirs, instruments de musique, fumée, bulle de savon, chenille, papillon (qui est aussi symbole de l’âme), verre brisé ou renversé ; objets en déséquilibre ;
  • la vanité des biens de ce monde : étoffes précieuses, coquillages, bijoux, pièces de monnaie, armes, couronnes et sceptres (richesse et pouvoir), livres, instruments scientifiques, bustes antiques ou tout objet d’art (connaissance), verres et vin, pipes, instruments de musique, cartes à jouer, dés (plaisirs) ;
  • la vérité de la résurrection et de la vie éternelle : épis de blé, couronnes de laurier, citations des Écritures ou des stoïciens qui soulignent l’inutilité des biens de ce monde sous forme de sentences : Vanitas vanitatum et omnia vanitas (« Vanité des vanités, tout est vanité »), « Toutes choses ont leur temps », « Sorti nu du ventre de sa mère, il s’en retournera de même, et n’emportera rien avec lui du fruit de son labeur ».
La symbolique des objets s’interprète différemment selon le contexte, un peu comme dans les arts divinatoires, et rend la lecture des vanités parfois complexe. Par exemple ici un crâne signifie la fragilité humaine, là il évoque l’immortalité. Ailleurs, les livres symbolisent la vanité de toutes connaissances, ou se réfèrent aux textes sacrés ou encore érigent le savoir en valeur positive. Cette « nature morte moralisée », si elle a eu ses ténors aux Pays-Bas – David Bailly, Harmen et Pieter Steenwijck –, n’a pas produit de style particulier, s’adaptant au courant dominant. En France, les inquiétudes pascaliennes du mouvement janséniste lui ont imprimé une sobriété de motifs particulière à travers les peintures de Philippe de Champaigne ou de Lubin Baugin. Cette « indépendance plastique » notable explique peut-être l’étrange pérennité du thème, puisqu’on en retrouve des interprétations jusqu’à aujourd’hui avec Gerhard Richter en passant par Cézanne et Braque."

Sur ce site marchand d'art, artcult.fr vous trouverez une très jolie étude sur des natures mortes au homard (surprenant, non ? L'idée de symbolique du homard...) et ici sur le site du Louvre, un joli parcours sur les natures mortes de l'École du Nord.

Pour finir, on trouve nombre de livres d'art sur les natures mortes, des petits, des moyens, des gros, mais pour moi il me faut un gros, très gros (hélas très cher), celui-ci entre tous:
Sybille Ebert-Schifferer, Natures mortes, Paris, Citadelles & Mazenod, 1999.


Tout cela me rappelle les extases (si, si, je vous jure) de notre ancien prof d'histoire de l'art, directeur du musée de ma ville universitaire, qui, partant dans de grandes envolées lyriques, évoquait la "volupté de cette manche!" (celle de l'Arioste peint par le Titien) sur le tableau du ou de la "plénitude de cette pomme" de telle nature morte XIXe siècle... En vrais gredins que nous étions, qu'est-ce que cela nous faisait rire! Et après on s'étonne que les études d'histoire de l'art ne m'ait jamais tentée!

Rien à voir, mais aujourd'hui pour la première fois depuis que je lis des archives, soit un, deux, trois, non, six ans à peu près, j'ai dû sortir une loupe pour déchiffrer un mot ! Pour peu je me croirais dans la cour des grands, enfin, des médiévistes... C'est vrai, il n'y a que les médiévistes pour utiliser une loupe, en salle d'archive... Nous, les modernites, c'est rare, et pourtant on a les plus sales écritures! Et eux, les plus belles enluminures (non en fait, c'est faux, les plus belles sont - à mon goût - au XVe et XVIe s.). Il faudra que je vous cause des joies de la paléographie, un de ces jours...
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06/05/2009

À propos de pin-up, rions un peu en parlant d'art...


Titien, La Vénus d'Urbino, (avant 1538), Huile sur toile, 119 x 165 cm, Gallerie des Offices, Florence.


Si! Je vous assure que c'est possible! Vous ne me croyez pas, c'est ça ? Non mais je vois vos moues sceptiques, ce n'est pas parce que vous êtes planqués près du radiateur que vous pouvez continuer à croire que je ne vous vois pas! Et ça rigole, et ça se croit malin!

Eh bien si vous voulez rire en lisant des choses intelligentes, allez vous acheter ça (ou l'emprunter, je ne suis pas sectaire, j'ai été déménageuse de bibliothèque dans une autre vie):

Daniel Arasse, "On n'y voit rien!", Paris, Gallimard, 2003.

(extrait) Chapitre 5. La femme dans le coffre

" Une pin-up ?
- Et rien d'autre. Une pin-up, purement et simplement.
- Tout dépend de ce que vous voulez dire par là.
- C'est simple: une belle femme nue... enfin, plutôt son image. L'image d'une femme ue, censée exiter l'homme qui la regarde, une image de femme en objet sexuel.
- La Vénus d'Urbin, une pin-up! Vous alors!
- Oui, une pin-up. D'ailleurs vous connaissez l'histoire de ce tableau. Quand Guidobaldo le commande à Titien, son père...
- Le père de qui ?
- De Guidobaldo, Francesco Maria, son père, avait déjà acheté deux ans plus tôt, le portrait du même modèle, La Bella, qui est aujourd'hui au Piti à Florence. Mais La Bella portait une belle robe et, en fait, Guidobaldo voulait avoir son portrait nu...
- Vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
- Non. Pourquoi ?
- Parce que, si vous ajoutez à cela que le chien endormi sur le lit est pratiquement le même que celui de la mère de Guidobaldo, Éléonore, et que, quand il manque d'argent pour payer le tableau, Guidobaldo en demande à sa mère, franchement, ça sent plutôt son petit Oedipe!"

Etc... Réjouissant, allègre, intelligent. Le bonheur en poche. J'ai failli vous présenter un extrait de la toison de Madeleine. Parce que ce chapitre là... arf...


Présentation de l'éditeur
Que fait-on quand on regarde une peinture ? A quoi pense-t-on ? Qu'imagine-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine ? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter sérieusement ce qu'il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ? En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien, de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien ! Mais ce rien, ce n'est pas rien. Écrit par un des historiens d'art les plus brillants d'aujourd'hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.

Quatrième de couverture
Que fait-on quand on regarde une peinture ? A quoi pense-t-on ? Qu'imagine-t-on ? Comment dire, comment se dire à soi-même ce que l'on voit ou devine ? Et comment l'historien d'art peut-il interpréter sérieusement ce qu'il voit un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout ? En six courtes fictions narratives qui se présentent comme autant d'enquêtes sur des évidences du visible, de Velázquez à Titien de Bruegel à Tintoret, Daniel Arasse propose des aventures du regard. Un seul point commun entre les tableaux envisagés : la peinture y révèle sa puissance en nous éblouissant, en démontrant que nous ne voyons rien de ce qu'elle nous montre. On n'y voit rien ! Mais ce rien, ce n'est pas rien.
Écrit par un des historiens d'art les plus brillants d'aujourd'hui, ce livre adopte un ton vif, libre et drôle pour aborder le savoir sans fin que la peinture nous délivre à travers les siècles.
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