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Une envie de livres ?

11/05/2012

Futur chômeur ou la chronique du désespoir

Volontairement, je n'ai pas fait de billet pendant la campagne présidentielle, notamment parce que la politique n'a pas sa place ici. Or je risquais fort de déraper, étant donné que les programmes des candidats donnaient largememt matière à critique. 

Maintenant, c'est fini, je peux jouer. Oui mais non. Je suis d'une humeur trop triste pour cela.

C'est l'été, enfin presque, c'est surtout la saison des copies. Qui m'enthousiasment, pour certaines, et me navrent, pour d'autres.

Extrait (d'une mauvaise, sinon...) copie de première année après le bac:

L'histoire regroupe les monuments historique parcourue par ordre chronologique. Elle est répertorié par des dates qui ont marqué l'histoire. Elle a débuter avec ces rois et ces monarchies,  puis avec ces prèsidents et ces républiques. Elle a eue d'abord les guerre civils, celle des Vendées ou celle des Camisards. le peuple lutter contre les inégalités avec les autorités. Celle où la population lutter pour ces terre comme celle de la première ou seconde guerre mondial. Entre la France et les nazis. 

Je vous épargne la graphie qui montre à quel point l'écrit est une pratique très rare pour cet étudiant. Je vous épargne aussi les commentaires sur le fond.

Alors, en consultant les anciens, enseignants ou non, j'ai appris qu'il y a trente ans déjà, bien sûr, des bacheliers avaient déjà un don particulier pour attirer les fautes comme les aimants les aiguilles. Bon. Donc n'attendez pas de moi que je dise que le niveau baisse, la seule chose que je sais, c'est qu'il est loin d'être satisfaisant  - quel doux euphémisme.

Je suis navrée par ces copies. J'essaie de me consoler avec les bonnes feuilles, celles qui montrent que l'on a travaillé pour quelque chose. En vérité, il faudrait que j'enseigne le français et non l'histoire à la majorité de mes étudiants. Et l'histoire, seulement à ceux qui auraient validé une sorte de certificat attestant de leur maîtrise de la langue française. Enseigner l'histoire à ceux qui savent qu'une phrase se compose d'un sujet, d'un verbe et d'un complément, cela a du sens. Aux autres, cet enseignement apporte peu voire rien. Il ne leur apportera en tout cas pas un diplôme. C'est le chômage qui les attend, car du moindre  des employés, l'on attend au moins la maîtrise du français. Des fautes sur le CV et ce dernier part à la poubelle. Car n'en déplaise aux adeptes de la réforme de l'orthographe, palet et palais, cela n'a pas du tout le même sens. Donc niveler par le bas ne sert à rien, sauf à scier la branche et déboussoler les élèves. 

Je suis fatiguée. Je me sens inutile, complètement inutile. Je suis fatiguée de ramer à contre-courant, d'appeler nos  gouvernants - comme tant d'autres collègues - à l'aide, en vain, en vain, en vain. 

Établir une note éliminatoire au brevet, un certificat, enfin quelque chose qui certifie de la maîtrise de la langue, est-ce si difficile? Quand aura-t-on ce peu de compassion dont les élèves ont tant besoin? Je ne suis pas professeur de français, ce n'est pas mon métier. À quoi sert le socle des connaissances - intéressant sur le papier - sauf à constater que tant et tant d'élèves ne maîtrisent pas l'essentiel? À quoi sert-il si l'on laisse passer en classe supérieure un enfant dès le primaire "parce qu'il est déjà grand pour son âge, alors vous comprenez, il sera malheureux s'il redouble". Le faire redoubler sans rien mettre en oeuvre de plus pour le repêcher, possible que ça ne  serve à rien, possible que ça crée de la souffrance, c'est certain même. Alors il faut des classes de remise à niveau, il faut un vrai soutien et pas cette vaste blague que l'on appelle accompagnement personnalisé.

Quel ministre de l'éducation gouvernera enfin en consultant d'autres conseillers que des gens qui n'ont pas mis les pieds dans une salle de classe une fois dans leur vie ou depuis des années? Quel ministre gouvernera sans compulser les statistiques des rapports mais en écoutant d'abord les enseignants du primaire et du collège? Ce soir, j'en pleurerais de découragement. 

Combien faudra-t-il encore de générations d'enfants broyées pour que l'on réagisse? Combien? La lutte contre le chômage est une urgence? Alors l'enseignement en est une autre.

Monsieur Peillon, puisque l'on dit que ce sera vous notre ministre... Monsieur Peillon, ayez pitié. Oh pas des enseignants, je n'en demande pas tant. Depuis quand un ministre de l'éducation a-t-il défendu ses enseignants?

Mais ayez au moins pitié des enfants. Ceux-là qui ne sont pas des cobayes, retirez-les des mains des apprentis sorciers. 

Est-ce si  difficile de ne pas considérer qu'un enfant a besoin de méthodes éprouvées et non pas de servir d'objet d'expérience pour chercheurs en mal de notoriété ou avides de sujets d'étude? 

Combien de temps faudra-t-il attendre encore? Si seulement nos dirigeants avaient un peu de compassion. Juste un tout petit peu.




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11/04/2012

C'est le printemps !

Youpi ! C'est le printemps !


Humm, je sais, j'ai hiberné et pas qu'un peu. Mais ce n'est pas parce que j'étais au fond de ma grotte que je n'ai rien fait. Je frôle les 160 pages pour la première partie (bon, la deuxième stagne à 80, va falloir s'y mettre), preuve que refuge au fond de ma grotte ou pas, j'ai fait des choses. Ma directrice qui est une crème (enfin, c'est mon opinion en ce moment) me rassure en me disant que les premiers chapitres sont les plus difficiles à écrire... Satisfaction suprême, mon plan de thèse pour la première partie est aux petits oignons (trois chapitres, trois parties, trois sous-parties etc. On est vicieux ou on ne l'est pas).

J'ai tellement cru que c'était le printemps ces derniers jours, que je me suis un peu trop découverte. Me voici donc à profiter de mes pseudos vacances de printemps... en gardant le silence. Si ça, ce n'est pas de la conscience professionnelle... Mine de rien, parler au magasinier de la bibliothèque ou à la boulangère et ne sortir qu'un misérable souffle rauque, c'est... déroutant. Et puis ça fait mal.

En même temps, il est heureux que cela m'arrive pendant les vacances des étudiants, étant donné que je n'ai quasiment que des cours magistraux à assurer en ce moment. Un TD aphone, ce n'est vraiment pas terrible. Un jour, bravache, (cette année-là, mon poste était loin de mon domicile, je dormais donc sur place) j'ai voulu me forcer à aller faire cours. J'ai donc parlé pour assurer mes cours de la journée, alors que je sentais bien que ma voix déclinait. 

(parenthèse) En temps ordinaire, je suis quelqu'un d'assez calme. Sauf quand ma voix est menacée. Là, je deviens une furie face au médecin "Docteur, faites quelque chose, n'importe quoi, m'en fiche, mais IL ME FAUT ma voix pour lundi!" Évidemment ça se passe le samedi (la conscience professionnelle, vous dis-je), je dois courir à la recherche du médecin de garde qui, ne me connaissant pas, a doublement des motifs sérieux pour me prendre pour une folle. En général, je suis suffisamment énergique pour le convaincre (une fois il y en a un qui m'a traitée comme une pestiférée, masque, gants, distance de sécurité, c'était en pleine épidémie de grippe). Et je ressors avec une graaaaande ordonnance. Pastilles, bains de bouche désinfectant, anti-inflammatoire, paracétamol, sirop contre la toux et j'en passe et des meilleurs... N'empêche que quand je suis assez docile pour suivre les consignes (silence complet pendant deux jours où je dois communiquer avec une ardoise) c'est drôlement efficace.(fin de la parenthèse)

Ce jour-là, je n'ai pas voulu écouter la petite voix qui me disait, "fais gaffe, demain, tu as encore toute une journée de cours à assurer". Ouaich. Qui a eu l'air fin le lendemain matin en se réveillant? 
Test voix: "..."
Rien. 
Merde. 
Mais vraiment, rien. 
J'avais l'air malin en arrivant dans la salle de cours et en murmurant "Je vais faire bref, comme vous l'entendez, je ne peux vraiment pas faire cours. On se retrouve la semaine prochaine, je vous dirai comment nous rattraperons..." Et zou je suis rentrée chez moi - en passant par la case médecin avant de prendre le train sinon c'était mort pour une consultation en revenant chez moi - et je me suis mise sous la couette jusqu'au lendemain.

Ces derniers jours, j'ai égaré mon ardoise et pas voulu aller chez le médecin un samedi. Oui, parce qu'une fois de plus, c'était un samedi que ça a commencé. Bref. J'ai parlé à mon chat, résultat, voix en sucette depuis deux jours. Et ce n'est pas fini. Enfin, le plus gros est passé, Zeus merci. Parce que rédiger quelque chose de vaguement logique dans un état fébrile qui n'est pas dû au stress du calendrier, je ne sais pas si vous avez essayé ce n'est pas terrible. 

Du coup je me suis rabattue sur une thèse à lire. Cela m'a permis de découvrir un petit outil génial pour annoter et surligner les pdf. Ça court peut-être les rues quand on est adepte de Windows, mais pour les autres, c'est moins banal. Moi qui ai usé des dizaines et des dizaines de fluos (je devrais dire centaines, je les achetais en gros) pendant mes études, j'ai trouvé le surligneur qui ne s'use jamais. L'extase... La première. Parce que la deuxième, c'est de n'avoir rien à imprimer. L'appartement est déjà saturé de livres (pourtant pas si nombreux, j'vous jure) et de classeurs de thèse et d'articles en tous genres. Pas la peine d'en rajouter. 

Bon, ce n'est pas le tout j'ai encore au moins un chapitre et demi à lire, et un article à vérifier. Et demain, une dizaine de livres à passer en revue, une sous-sous-sous partie à refondre et déplacer, relire la sous-sous partie 2 et 3, attaquer vite fait le chapitre 2 en réorganisant la 3e sous-partie et après-demain, si Zeus est avec moi, je termine le 3e chapitre (rééquilibrage du plan et écriture d'une sous-sous-partie, je sens que je ne vais pas m'amuser...)

Avec tout ça, je devrais déjà en être au chapitre 4, moi. Grrraoumph. 


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29/11/2011

Comment le ministère tente (très sérieusement) de récupérer l'aura de Jacqueline de Romilly

Il ne faut être surpris de rien. Mais alors vraiment de rien, dès que ça vient du ministère. 

Aussi le ministère de l'éducation nationale a créé - sans rire et pourtant, ça a l'air d'un gag, la couleur d'un gag, l'énormité du gag - le Prix Jacqueline de Romilly "pour valoriser les initiatives pédagogiques innovantes en langues et cultures de l'Antiquité". Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 12 février 2012.

Je crois que je ne vais pas m'en remettre. 
Se faire poursuivre jusque dans sa tombe par des pédagogogistes à la noix, alors que l'on a défendu pendant toute sa vie la transmission de la culture antique par un enseignement classique dans tous les sens du terme... Consternant. 

Une réaction d'enseignants de lettres classiques sur le site Fabula (à lire). Je vais essayer de me remettre de cette nouvelle, mais je ne garantis rien.
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28/11/2011

Les Inrocks: paroles de profs en plein burn-out

 
à lire ici: 
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/73417/date/2011-11-25/article/petages-de-profs/
 
 
 ou là: 
 
Personne ne prend garde à Lise Bonnafous. Il est 10 heures ce 13 octobre, c'est la récré. Des centaines d'élèves se répandent dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers. Sous le préau, la prof de maths s'asperge d'essence et s'immole par le feu. Le rectorat et le ministère invoquent la "dérive personnelle" d'une personne fragile et planquent illico ses cendres dans le placard à cadavres de l'Education nationale. Ses proches s'indignent, parlent d'une prof "consciencieuse, compétente, courageuse, aimant son travail", d'un acte de désespoir quasi sacrificiel.

Le 14 octobre, Lise Bonnafous, 44 ans, succombe à ses blessures. Le même jour, un enseignant de 33 ans tue une policière à coups de sabre et un salarié d'un lycée de Cachan se défenestre devant ses élèves. A chaque drame, même réponse : l'affaire est privée. Circulez, y a rien à voir.

Il n'existe aucune statistique officielle fiable sur les suicides et le burn-out dans l'Education nationale. Le syndicat Sud Education monte dossiers et groupes de discussions sur le sujet. Ses détracteurs l'accusent de récupérer des faits divers à des fins syndicales.

"Il faut arrêter avec le soi-disant massacre des innocents, les enseignants ne sont pas si malheureux et il y a d'autres problèmes", rapporte un grand spécialiste de l'école qui préfère garder l'anonymat.

C'est aussi l'état d'esprit de la hiérarchie.

La psychiatre Brigitte Font Le Bret soigne ceux qui ont mal au travail et n'est pas de cet avis. Après avoir dénoncé les pratiques managériales mortifères de France Télécom (Pendant qu'ils comptent les morts, La Tengo Editions), elle s'inquiète pour l'école : "Les profs remplissent ma salle d'attente. Le burn-out, au-delà du syndrome d'épuisement, est une souffrance éthique : les profs culpabilisent car ils ont le sentiment de faire du mauvais travail."

Après la sidération qui a suivi l'acte désespéré de Lise Bonnafous, la parole se libère. "La profession est d'ordinaire réservée, justifie Aude Van Kerckhove, du Snes Créteil. Mais avec les suppressions de postes, les classes surchargées et la réforme de l'évaluation qui donne tout pouvoir aux chefs d'établissement, les profs sont à bout." Les jeunes enseignants l'inquiètent particulièrement : "Les stagiaires, c'est une boucherie." La réforme de la formation des profs les a propulsés à plein temps et quasi sans préparation devant les élèves.

Aurélie*, 28 ans, a survécu mais en a " vraiment chié". Cette prof d'espagnol a failli tout lâcher quand, dans la même journée, un élève l'a bousculée, un autre lui a dit "suce ma bite", une autre a déchiré son devoir et un dernier lui a lâché : "Votre cours, c'est de la merde." Prête à craquer, elle appelle un surveillant. Un collègue lui conseille de s'arrêter, l'autre de se remettre en selle. Elle rempile. Une des jeunes collègues d'Aude a éclaté en sanglots dans ses bras quelques jours après Béziers. Et si un jour c'était moi, se demandent les jeunes profs ? Babet aurait aimé se poser cette question.

En novembre 2009, cette prof des écoles fait un burn-out. "On ne voit pas les signaux, on fonce tête baissée, passionnée par le métier qui prend aux tripes, on pense que ça n'arrive qu'aux autres", raconte-t-elle, la voix fatiguée. Elle n'a jamais vu de médecin du travail. Dans sa région, il y en a un pour deux départements. Depuis 2005, elle se sentait de plus en plus épuisée et déprimée.

"Avant, l'école avait bonne réputation, nous étions fiers de faire notre métier", lâche-t-elle.

Un jour, Babet s'assoie en face de ses petits élèves et c'est le trou noir. Le verdict de la psy tombe : "Usée." "A 50 ans, ça fait un drôle d'effet", reprendelle. Après trois ans d'arrêt, elle vient de reprendre à plein temps. "Je vais tenir jusqu'à la retraite, je ne sais pas comment."

Nina ne veut pas finir comme ça. A 29 ans, elle essaie de se réorienter. Dynamique, voix forte, déterminée, elle a tout d'une bonne prof d'histoire-géo. Depuis quatre ans, elle exerce dans un collège de Seine-Saint-Denis. "Un trou" coincé entre le RER, la nationale et la cité. "A l'entrée en sixième, presque aucun des élèves ne sait lire correctement, raconte-t-elle. Ici, le collège unique ne fonctionne pas, tout est un combat : enlever les casquettes, les blousons, sortir leurs affaires... Quand ils en ont." En 2011, elle ne termine pas l'année scolaire.

"Je tenais depuis deux ans comme un vrai Robocop et j'ai fini par faire un burn-out."

Un matin de printemps, Nina s'échine à mettre en rang ses troisièmes surexcités. Un "grand" de 1,90 mètre la bouscule. "J'ai reculé sinon il m'aurait pété la gueule", se souvient-elle. Le conseil de discipline exclut l'élève. Deux jours plus tard, Nina fait classe. Un oeuf s'écrase sur sa tête. Elle range ses affaires et ne reviendra plus. Arrêt maladie. Le premier mois, elle ne pense plus du tout au travail. Le deuxième, elle rêve qu'elle défonce ses élèves à coups de batte. "Le sang gicle, c'est hyper réaliste... La Journée de la jupe (film dans lequel le personnage d'Isabelle Adjani prend ses élèves en otage - ndlr) nous fait fantasmer, tout comme le Taser", rigole-t-elle. Puis, sérieuse :

"Les camps militaires de Ségolène Royal, j'étais pas contre. De toute façon, c'est la prison qui les attend. C'est affreux de penser ça, hein ?"

Elle se calme. Derrière la brutalité des propos, Nina sait que 223 000 lycéens viennent de sortir sans diplôme du système scolaire. Qu'une partie de ses élèves suivent ce chemin. Que ce sont les plus mal lotis, les plus pauvres. Que c'est l'échec de l'Education nationale et qu'elle ne veut pas en être. "Dans la cité, les profs ne servent à rien, on prend la poussière, on donne le brevet aux analphabètes pour atteindre les objectifs du ministère. Certains ont baissé les bras, notent large, ne font jamais de rapport d'incident. Moi, quand un élève me fait chier, c'est rapport illico." Sauf que les rapports d'incident, son proviseur ne voulait pas en entendre parler.

"Des profs se faisaient traiter de pute ? Cette ordure répondait : 'Mais madame, dans le 93, c'est culturel.' Il a tout étouffé pour que le rectorat lui file ses primes et sa mutation dans le Sud."

Bruno a des sanglots dans la voix. Dans son lycée, six profs sur soixante sont en congé longue durée. "Personne ne s'en inquiète car les chefs d'établissement veulent faire carrière donc plaire au rectorat et aux parents d'élèves qui, eux, ne veulent pas entendre parler des problèmes." Les techniques pour faire taire les profs ? "La notation administrative, par exemple : si on se plaint des élèves, notre note en autorité/ rayonnement stagne ou baisse, donc notre promotion ralentit et on ne passe plus qu'à l'ancienneté", explique Bruno.

Il y a trois ans, ce prof d'électronique a fait un burn-out. A 49 ans, il craint de ne jamais se remettre. Il se sent inutile. "Je passais mon temps à préparer des cours pour les intéresser mais on fait de la garderie." A bout, Bruno demande à changer de discipline. Son inspecteur lui répond que c'est dur de trouver un remplaçant. "Et qu'à deux ans de la retraite, il ne voulait pas s'embêter, précise Bruno. Entre collègues c'est chacun sa merde, on est un mauvais prof si on n'y arrive pas." Alors il pleure dans sa voiture avant les cours. Jusqu'au jour où il entre en classe et ne comprend plus où il se trouve. Aujourd'hui, l'idée de croiser ses élèves le pétrifie. Son rapport administratif stipule que son burn-out est sans lien avec l'exercice de la fonction.

"La dépression n'est pas une maladie du travail", explique-t-il.

A trente kilomètres de son lycée, un prof s'est ouvert le ventre dans sa classe avec un couteau, "son dossier stipule que son congé longue durée est non imputable au service".

"Il m'a tuée." Karima crie quand elle en parle. Le 29 septembre, cette prof des écoles s'écroule sur son lieu de travail après avoir avalé des médicaments. "Je suis une passionnée", explique cette Maszep (maître d'aide et de soutien en zone d'éducation prioritaire). Son poste aurait du être supprimé mais les parents d'élèves se sont mobilisés. "Ça a contrarié mon inspecteur. A la rentrée j'ai senti que ça allait barder", raconte-t-elle. Il la terrifie tellement qu'elle avait déjà failli se jeter du deuxième étage l'année d'avant.

"Il exerce un management par la peur et la menace. Pour lui, les instits sont des nuls à mettre au pas."

A la rentrée, pendant un mois, elle a été maintenue à l'inspection pour travailler sur les évaluations de l'année précédente. "Pour rien, ils ne s'en serviront pas... Alors que les élèves avaient besoin de moi."
Anne Laffeter
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27/11/2011

Le Moyen Âge sur le bout du nez...

Noël approche... Et si vous offriez un livre d'histoire? La mise à jour du diaporama est en cours, en attendant, voici un ouvrage intéressant sans être trop difficile à aborder, Chiara Frugoni, Le Moyen Âge sur le bout du nez...

Les boutons, les binocles, la boussole, l’arbre généalogique, la poudre, à canon ou d’artifice, les cartes, à jouer ou géographique, le Père Noël ou l’université : la vie d’aujourd’hui est faite d’inventions médiévales.
S’agit-il de s’habiller ? Il faut du goût, mais aussi une culotte, des pantalons, et quelques boutons pour fermer le tout ! D’organiser son agenda ? Sans les chiffres arabes et le papier cela serait bien compliqué. S’agit-il de manger ? Sans spaghetti, sans macaroni, sans blé moulu tout court, nos repas seraient tristes… et sales car dépourvus de fourchette. Bref, sans les mille et une découvertes de ces siècles curieusement qualifiés d’obscurs, notre quotidien serait digne du Purgatoire, ou plutôt de l’Enfer, car le Purgatoire est lui aussi né au Moyen Age, de même que le Carnaval.
Dans ces pages au style alerte et à la documentation précise, Chiara Frugoni fait revivre sous un angle inédit la période médiévale. 

Bonne lecture ! 
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22/11/2011

Henri IV !

Le choc du soir. Mais un vrai, un gros.

Disons-le tout net, il y a très très peu de sites valables en histoire. Pour l'époque moderne, à part Persee.fr et Cairn.info, c'est simple, il n'y en a aucun que je puisse recommander à des étudiants.

Et là... en cherchant des gravures, je tombe sur ce site, cette merveille, ce prodige, ce miracle du net: http://www.henri-iv.culture.fr/

La musique est merveilleuse, les textes d'une grande qualité (site du ministère de la culture, réalisé par des historiens.

Une merveille vous dis-je...

J'en suis toute émue...
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Réformer l'évaluation des enseignants

Ces derniers jours est tombée l'annonce d'une réforme majeure pour l'éducation nationale. Voici la dépêche AFP (Emmanuel DEFOULOY):


PARIS — Le ministère de l'Education nationale veut réformer profondément l'évaluation et l'avancement des enseignants pour la rentrée 2012, des projets aux allures de chiffons rouges pour les syndicats qui les jugent impraticables et à nouveau conçus pour faire des économies.
Révélé mardi par le site du Café pédagogique, ce projet prévoit la fin de la traditionnelle double notation des enseignants: l'administrative par le chef d'établissement et la pédagogique, la plus importante pour la carrière, par l'inspecteur régional, formé dans la discipline des collègues qu'il inspecte.
A la place, tous les enseignants du primaire comme du secondaire seraient évalués lors d'un entretien, tous les trois ans, avec leur "supérieur hiérarchique direct": le chef d'établissement en collège et lycée, "l'inspecteur compétent" dans les écoles, selon les termes du projet.
L'enseignant serait évalué sur sa discipline, comme c'est le cas aujourd'hui, mais aussi suivant trois autres critères: "sa capacité à faire progresser chaque élève", "sa pratique professionnelle dans l'action collective de l'école ou de l'établissement, en lien avec les parents d'élèves" et "la qualité du cadre de travail (...), notamment le respect mutuel et l'égalité entre tous les élèves".
Enfin, l'évaluation déterminerait l'évolution du salaire: les grilles d'avancement seraient "modifiées en profondeur", les trois types d'avancement existants "remplacés par un rythme unique" et "l'avancement accéléré" dépendrait de l'évaluation.
Aussitôt divulgué, le projet a été qualifié de "totalement inacceptable" et de "déclaration de guerre" par le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire. Il appelle à une grève en collèges et lycées le 12 ou le 13 décembre, en fonction de ce que décidera une intersyndicale réunie jeudi.
Son homologue du primaire, le SNUipp-FSU, "s'opposera à une conception managériale basée sur un mérite largement arbitraire qui entraînerait individualisme et division des équipes".
Les syndicats de la FSU, y compris celui des chefs d'établissement, jugent que ceux-ci n'ont pas les compétences pour évaluer le travail pédagogique et disciplinaire. Et ils doutent qu'il soit possible de corréler l'évaluation des enseignants aux progrès des élèves.
Mais au-delà de l'évaluation elle-même, ce sont les aspects salariaux qui cristallisent les critiques de l'ensemble des syndicats.
"Le projet ministériel est d'abord l'occasion de réaliser des économies budgétaires sur la rémunération des enseignants en les alignant sur le rythme d'avancement le plus défavorable", a écrit jeudi l'Unsa Education dans une lettre au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel.
Pour le Sgen-CFDT, qui pourtant "salue la disparition de l'inspection individuelle", "il faut absolument déconnecter la question de l'évaluation des modalités d'avancement qui doit se faire au même rythme pour tous".
Selon étude récente de l'OCDE, les salaires des enseignants français, hors primes, sont déjà parmi les plus bas des pays comparables.
Il s'agit de "projets de textes précis" pour "une mise en oeuvre à la rentrée 2012", a précisé à l'AFP Josette Théophile, directrice générale des ressources humaines (DGRH) du ministère.
M. Chatel a pour sa part insisté mercredi sur les discussions à venir avec les syndicats : "Je n'ai aucun décret sur mon bureau prêt à être signé. Il n'est pas question de prendre en catimini un décret, un arrêté, sans qu'il y ait eu de concertation".


Cette réforme sans concertation avec les principaux intéressés est inacceptable. Non, l'évaluation actuelle des enseignants n'est pas satisfaisante. Parmi les inspecteurs, trop nombreux sont ceux qui donnent à fond dans les innovations pédagogiques absurdes, celles-là même qui sont motivées avant tout par le culte du "progrès" dont la première conséquence est de prendre les élèves pour des cobayes.

Mais faire évaluer les enseignants par les chefs d'établissement, qui au mieux, sont compétents dans une matière qu'ils n'enseignent plus depuis plusieurs années, non ! C'est d'autant moins réaliste qu'ils ont déjà des journées de 10 heures quand ils sont consciencieux. Qui garantira l'indépendance de l'évaluation? Que se passera-t-il si l'on refuse la réunionite ? Notre travail est et reste l'enseignement de disciplines. Ce n'est ni d'être animateur de centre de loisir, ni nounou, ni G.O. Encore moins employé d'une super-entreprise managée par un(e) DRH et dont l'unique raison d'être serait l'innovation pédagogique tous azimuts et la réalisation d'objectifs hebdomaires visant à toujours plus de rentabilité et de satisfaction des clients.

L'objectif des enseignants reste, n'en déplaise aux projets ahurissants de gauche et de droite, d'apprendre à lire, écrire, compter; d'apprendre aux élèves les connaissances essentielles en histoire, en géographie, en sciences, en arts etc.

Pas d'évaluer des compétences par des smileys pour ne pas traumatiser nos petits chéris qu'il ne faut pas brusquer.

Pour signer la pétition contre cette réforme, c'est ici :




À faire circuler le plus largement possible ! Bien loin de SOS éducation, il s'agit vraiment de sauver un système scolaire où ce sont les enfants qui deviennent des souris de laboratoire!
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17/11/2011

C'est l'histoire d'un lapin...

Aujourd'hui, dix litres de café, une pomme et un sandwich... avec cette page, d'une asso des doctorants, pour essayer de rire un peu, malgré le programme de la journée. L'histoire du lapin est parfaite !

En prime le jeu de la thèse en français:

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10/11/2011

Les profs ces fainéants...

Ce matin, j'avais dans mon courrier le pire et le meilleur. Une fois n'est pas coutume, commençons par le meilleur, la thèse d'un ami qui m'arrivait toute fraîche, un régal en perspective.

Le pire, un lien pour un blog, celui de Ketamine, qui décrit une journée de la ZEP pour reprendre la formule de Celeborn qui relaie aussi l'information.

Lisez d'abord l'introduction de Celeborn, qui en gentil lapin, prend soin de prévenir les lecteurs que c'est du violent. Vous y trouverez le lien pour le blog de Ketamine.Et puis tant qu'on y est, la lettre d'un professeur au journal L'Alsace...

Dire que pendant ce temps, certains députés font dans la démogagogie, dont la recette est simple: beaucoup d'approximation + une grosse louche de flatterie à l'égard du bon peuple toujours jaloux de son voisin sans rien connaître de sa vie + un soupçon de j'me fiche de votre poire + des médias gentils qui ne critiquent rien = et votre recette sera parfaite...
C'est ce qu'a fait dernièrement Yves Nicolin, en affirmant que "certains professeurs avec 9 ou 10 heures de cours sont loin des 35 heures". Ça c'est vrai, les 35 heures sont plutôt des 40 heures. Même s'il y a des tire-au-flanc dans toutes les professions (un vrai scoop n'est-il pas?) on prend l'épiphénomène qui va parler à Madame Michu "ah oui moi aussi je connais un prof, i' bosse deux jours par semaine, çui-là!" oubliant tous les autres qui se sont coltinés pendant des années leurs rejetons à longueur de journée... et cela n'était pas forcément une sinécure. 


Quand un professeur s'est suicidé peu de temps auparavant sur son lieu de travail, quand on est député, il serait sans doute décent de ne pas se borner à un discours aussi peu nuancé. Si l'on a un peu d'honneur.
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08/11/2011

(Ré)apprendre à lire après le Ce1 : comment et avec quels outils ?

Aujourd'hui, je laisse la parole à une collègue professeur des écoles, Mufab...Moi qui ai tendance à taper sur les méthodes de lecture, pour une raison toute personnelle, déjà évoquée, ici, je vous propose l'histoire d'un petit garçon qui l'a marquée... ce qui vous permettra en outre de découvrir une fabuleuse équipe de professeurs des écoles (et le premier qui dit que les enseignants sont des fainéants, je lui en colle une)...

Rentrée 2010. C'est ma cinquième année en Ce2, et je me trouve confrontée à un problème inédit, en ce qui me concerne : deux de mes élèves ne savent pas lire. Aucun graphème n'est véritablement automatisé. Des mots comme « homme » ou « dame » ne sont pas décodés... Et pourtant, il n'y a pas « rien », mais tout est fragile - ou fragilisé par une perte énorme de confiance en soi face à de l'écrit.

Pour être sincère, la première question que l'on se pose dans ce cas est : « Comment est-ce possible que des enfants m'arrivent en cycle 3 (ou cycle des approfondissements) sans rien pouvoir lire ?

La tentation est grande alors de se dire : « ce n'est plus de mon ressort. Et il serait bien prétentieux de vouloir réussir où les autres et les années ont échoué... ».

Et surtout, comment est-ce possible pour un enfant comme J., épatant par ailleurs, et qui m'a prouvé à maintes reprises, au cours de l'année, la richesse de son vocabulaire, de sa syntaxe, la pertinence de ses interrogations, ses intuitions poétiques ou artistiques ?

Pour l'anecdote, j'ai un jour proposé à la classe un poème, dont j'avais enlevé quelques mots qu'il s'agissait de tenter de retrouver collectivement :

              Petit ou grand.
    Une petite personne et une grande personne se parlent.
    - Quand on est petit, on dit : "quand je serai grand..."
    - C'est vrai.
    - Alors quand on est grand, on peut dire : "quand je serai petit..."
    - Non.
    - Pourquoi ?
    - Il paraît que ça ne marche pas.
    - Pourquoi ?
    - On peut ........ (1), mais on ne peut pas ........(2).
    - Mais on ne peut pas toujours ........... (3).
    - Non.
    - Alors, quand on est grand ?
    - On change de .............(4) , tout ........... (5) .
    - On change de ............ ? ( 6, le même que 4)
    - Oui, ça s'appelle ............. (7).
              
                             (Sylvaine Hinglais)

C'était difficile... mais J., à l'oral, avec un peu d'aide, a été le plus rapide à en retrouver tous les mots - et exactement ceux choisis par l'auteur.

Mais il ne savait pas lire.

Et pourtant, personne ne pouvait en être tenu responsable, ni mes collègues de cycle 2, ni la méthodes de lecture utilisée au CP - que je n'ai aucune légitimité à juger, et qui, de plus est, s'est avérée efficace pour les autres élèves.

C'est, à mon avis, une conjonction de causes (que je donne pêle-mêle) qui l'a conduit, chacune dans une proportion que j'ignore, à cet échec:

- L'illusion que lire, c'est deviner. Et quand on a pas mal de vocabulaire et autant d'imagination, c'est tentant d'anticiper les mots grâce aux indices que l'on a pu y prélever : il suffit que la maîtresse en souffle le début, ou qu'elle aide à le déchiffrer, pour en trouver la fin ! Alors, au mieux, « galette » devient gâteau, « rouge » devient rose et le « loup » un lièvre ...
- L'impression que le mot est une image, un tout, et donc qu'on peut le prendre dans n'importe quel sens. La « porte » est alors lue « prote », ou « torpe ».
- La peur de se trouver encore en échec : essayer de lire - et surtout devant les autres - devient une épreuve presque insurmontable, alors que les textes proposés deviennent de plus en plus complexes. A ceci s'ajoute la conscience d'un décalage croissant avec ses camarades de classe.
- Le fait que Papa ne sache pas lire. Et que - c'est une hypothèse - le fils ne souhaite pas dépasser le père.
- Un maintien en Ce1 assez peu profitable du fait des changements d'enseignants et de remplaçants qu'a connu la classe cette année-là.
- Et, à la fois cause et conséquence, les problèmes de comportement, en classe et dans la cour, qui installe le cercle vicieux de l'échec.
- ...

Alors que faire ? Dans la mesure où il y a déjà eu maintien en Ce1, que l'orientation en CLIS n'est pas envisageable, que l'enfant a été suivi par le réseau d'aide Spécialisé de l'école (RASED), et par un orthophoniste à l'extérieur depuis plusieurs années...

Refaire une demande d'aide au RASED ? Oui, ça a été fait... Et un refus essuyé : « il n'est pas motivé. Il n'est pas disponible pour apprendre, gros blocage. »

Il m'a semblé cependant qu'il y avait urgence, qu'il n'était pas possible de renvoyer aux calendes grecques cet apprentissage qui est la clé de tout le reste, ou d'espérer un éventuel déclic...

Heureusement, j'avais lancé ma question quelques jours avant, un peu au p'tit bonheur la chance, sur un forum d'enseignants du primaire.
Comme je n'avais que deux fois 45 minutes à lui consacrer dans le cadre de l'Aide Personnalisée (car le temps très compté où je pourrai, en classe, m'assoir à côté de lui serait consacré à la lecture des énoncés, consignes ou textes communs), il me fallait trouver :
-    Un outil adapté, efficace et condensé, mais assez éloigné de ce qu'il avait pu connaître en cycle 2 et qui aurait pu le renvoyer à ces échecs passés.
Il m'a été proposé sous la forme d'une méthode accélérée, permettant de revoir toute la combinatoire, inspirée du célèbre Bien lire et aimer lire, de Suzanne Borel-Maisonny. Je n'ai utilisé la gestuelle que pour les confusions pérennes (m / n surtout).
-    Un moyen de mettre cet élève en situation de réussite face à l'écrit, et en valeur au sein même de sa classe par ses nouvelles compétences lexiques, lui faire prendre conscience en ses progrès autrement que par leur affirmation magistrale. (Il est difficile d'imaginer à sa juste mesure, je crois, la souffrance d'un gamin qui n'a jamais pu lire son passage de lecture à voix haute au reste de la classe ­ et ce malgré toutes les précautions que l'on prend à ne pas le stigmatiser lors de cette activité collective somme toute assez fréquente.)

Cette deuxième condition m'a été, une fois encore, apportée, un peu par hasard, par un topic du même forum. Une collègue s'y était interrogée sur la possibilité de trouver, ou de créer, des textes répondant à deux contraintes :

- Etre lus par les apprentis-lecteurs, même au début du CP, c'est-à-dire ne proposant que des sons connus

- Présenter un certain intérêt narratif
Une bonne quinzaine de textes - aux graphèmes sélectionnés pour pouvoir être lus par des apprentis-lecteurs au fur et à mesure de leurs avancées dans la combinatoire- ont été écrits, ou adaptés de textes célèbres, au cours de l'année sur ce fil, proposés aux lectures, relectures, corrections et trouvailles des différents intervenants.

En pratique, ces textes, travaillés en Aide Personnalisée, étaient ensuite présentés à la classe, de façon un peu théâtralisée (et le public ne voyait que du feu quant à leur aspect simplifié...) : ces élèves en difficulté occupaient alors dans la classe une place qu'ils n'avaient jamais pu prendre auparavant, du moins sous cette forme : celle d'offrir des textes inédits (leurs textes) aux autres, et avec succès.

Grâce aux conseils de forumeuses passionnées, connues sous les pseudonymes d'Akwabon, de Rikki, ou de Sapotille, grâce à leur soutien, grâce aux textes maintenant réunis sur le blog de JuliePie (ruedesinstits.com)... J. est sauvé, je crois. C'est-à-dire que, même si je n'ai pas réussi à aller au bout du réapprentissage de la lecture avec lui, il semble être cette année (en CM1) suffisamment autonome sur certaines consignes et textes simples, et surtout motivé pour continuer cet apprentissage avec la collègue qui l'a maintenant dans sa classe, et qui a pris volontiers le relais, sous la même forme.

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