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Une envie de livres ?

28/04/2009

Les douze travaux de la souris



















- 50 lettres suivies 100 gr. (j'ai renoncé aux AR, trop coûteux);
- 10 lettres suivies 250 gr.;
- 70 enveloppes prêt-à-poster à mon adresse;
- 400 photocopies de diplômes, contrats de travail antérieurs, pièce d'identité, attestation de directeur de recherche, cv, etc...;
= soit un sous-total de 200 euros

- 50 exemplaires personnalisés de lettres de motivation;
- 50 dossiers, sur lequel sont marqués au fur et à mesure le nom de l'université, les dates d'envoi limite, l'adresse d'envoi, les exigences particulières

+ autant d'exigences particulières que d'universités (dossiers en double exemplaire, en simple, pièce n° 1 et 12 en double, etc);
+ autant de dates d'ouverture de la campagne de recrutement et de mise en ligne des dossiers vierges que d'universités, qui s'étale de mars à juin;
+ autant de date limite d'envoi et de clôture des candidatures que d'universités;
+ des dossiers en .pdf à imprimer et remplir à la main;
+ d'autres dossiers en .doc avec la mise en page de travers à reprendre, remplir, se re-battre avec la mise en page, supprimer les pages inutiles, imprimer, signer;
+ d'autres dossier en rtf (avec la mise en page de travers à reprendre... etc);
+ des dossiers éclatés en plusieurs documents, vérifier qu'il ne manque rien, farfouiller sur le site internet de l'université pour trouver la bonne page, avec les bonnes pièces mises en ligne;
+ une dizaine de login et mot de passe pour les universités qui pratiquent l'inscription informatisée, avec date limite de rigueur pour s'inscrire;
+ une moyenne de dix dossiers par semaine, soit dix à quinze heures de travail, en étant bien rôdé;

+ un taux de réponse favorable espéré de l'ordre de... 5 % ?



Ce n'est pas le parcours du combattant, mais juste la saison de recrutrement des enseignants contractuels des universités, doctorants ou jeunes docteurs en attente d'un poste fixe quelque part.
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17/04/2009

Causons sorcières et tortures moyen-âgeuses...


Hum... Ceux qui me connaissent savent qu'ils n'ont pas intérêt à me sortir ça à propos du Moyen Âge, sauf s'ils tiennent à me voir passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, enfin, pas les plus belles, quelque chose entre le rouge violacé et le vert, ou le gris. On ne dit pas "moyen-âgeux" mais "médiéval", sinon je sors ma hache! Moyenâgeux c'est péjoratif ! Et d'abord, les sorcières, c'est le grand truc du XVIe siècle et PAS DU MOYEN-ÂGE! Quand à la torture, si l'on en croit l'actualité, certaines grandes puissances du XXIe siècle les ont pratiquées très récemment voire les pratiquent encore... Alors ?! Un commentaire ?

Plus sérieusement, la difficulté en histoire n'est pas de vous proposer un livre à lire, mais de choisir quelques références... Pour commencer. D'autant que je n'ai plus sous la main, pour raison de déménagements successifs, ces épais dossiers reçus en préparant l'agrégation, censés faire de vous le parfait candidat, prêt à dégainer la bonne référence dans la seconde... Alors j'espère que vous me pardonnerez, si les références qui suivent sont un peu dépareillées, et tant par le contenu que par la forme, très différentes.

Commençons par un tout petit livre, qui ne remonte pas au temps de mes études, mais une vraie petite perle, pas onéreuse du tout, qui est une très bonne introduction, une fois que l'on a dévoré une histoire de France (ou du monde, soyons ambitieux, il en faut) basique... Si vous n'avez pas encore dévoré les classiques, vous trouverez une idée ou deux ici et là. Donc voici L'idée de Moyen Âge de Guiseppe Sergi, publié chez Champs Flammarion en 2000, juste 120 pages:

Au fil des siècles, nous nous sommes inventé un Moyen Age : époque dépaysante faite d'épidémies, de famines, de superstitions ; âge d'or des tournois, de la vie de cour, des elfes et des fées, de la fidélité chevaleresque ; moment prometteur, disent encore certains, qui contiendrait en germe des phénomènes aussi divers que le capitalisme, l'Etat moderne ou l'ascension de la bourgeoisie.
Les historiens, eux, battent en brèche ces représentations simplificatrices. Faut-il parler d'un Moyen Age ou de plusieurs ? Fut-il latin ou germanique ? Quel sens donner à la notion de " féodalité " ? Comment chasser l'image homogène d'un " Moyen Age chrétien " quand on sait qu'il connut plusieurs christianismes ? Entre sens commun et pratique historique, il n'est pas impossible, suggère Giuseppe Sergi, que le Moyen Age ait été une longue ère expérimentale où furent éprouvées de nouvelles formes politico-sociales.
A charge pour nous de considérer sans émotivité, sans a priori négatif ni nostalgie, " l'abstraction qu'est le Moyen Age " pour voir fonctionner, comme en laboratoire, les hommes et les structures du passé." (résumé Decitre) G. Sergi enseigne l'histoire médiévale à l'université de Turin

Sommaire :
* Le problème
* Le Moyen Age : définition et limites chronologiques
* Formation et évolution d'une notion historiographique
* Des siècles ni purement germaniques ni purement romains
* L'équation Moyen Age / féodalité
* Le Moyen Age comme enfance de l'Europe
* Les siècles de la prétendue économie " fermée " et " naturelle "
* Le Moyen Age " chrétien "
* Le Moyen Age communal entre mythe et réalité
* L'image sombre du Moyen Age finissant
* L'âge de l'expérimentation



Pour goûter le Moyen Âge et aller un peu plus loin, il faut picorer ici et là :

- Marc Bloch, La société féodale, Paris, Albin Michel - un très grand classique, écrit vers 1940.

- Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen Âge, Paris, Gallimard, coll. Quarto, 1372 p.
" Un autre Moyen Age, c'est un Moyen Age total qui s'élabore aussi bien à partir des sources littéraires, archéologiques, artistiques, juridiques qu'avec les seuls documents naguère concédés aux médiévistes "purs".
C'est la période qui nous permet le mieux de nous saisir dans nos racines et nos ruptures, dans notre modernité effarée, dans notre besoin de comprendre le changement, la transformation qui est le fonds de l'histoire en tant que science et en tant qu'expérience vécue. C'est ce passé primordial où notre identité collective, quête angoissée des sociétés actuelles, a acquis certaines caractéristiques essentielles." (Decitre)
Sommaire :
* Pour un autre moyen âge
* Temps et travail
* Travail et systèmes de valeurs
* Culture savante et culture populaire
* Vers une anthropologie historique
* L'occident médiéval et le temps
* L'imaginaire médiéval
* Le merveilleux
* L'espace et le temps
* Le corps
* Littérature et imaginaire
* Les rêves
* Vers l'anthropologie politique
* La naissance du purgatoire
* Les au-delà avant le purgatoire
* Le XIIe siècle : naissance du purgatoire
* Le triomphe du purgatoire
* La bourse et la vie
* Economie et religion au moyen âge


- Un de mes régals d'étudiante: Duby, Georges, L'économie rurale et la vie des paysans des campagnes dans l'Occident médiéval, Paris, Aubier, 1962.

- Une référence correcte, très abondamment illustrée : Rioux, Jean-Pierre, Sirinelli, Jean-François, Histoire culturelle de la France, Paris, Seuil, t. 1, Le Moyen Âge, 1998.
- Un beau livre : Le Goff, Jacques, Un Moyen Âge en images, Paris, Hazan, 2007.

Et puis, un peu en désordre, plusieurs autres références:
Ariès, Philippe, Duby, Georges (dir.), Histoire de la vie privée, t.II, De l'Europe féodale à la Renaissance, Paris, éd. du Seuil, 1975.
Aubrun, Michel, La paroisse en France des origines au XVe siècle, Paris, Picard, 2008.
Aurell, M., La noblesse en Occident, Ve-XVe siècles, Paris, A. Colin, coll. Cursus, 1996.
Autrand, Françoise, Charles V, Paris, Fayard, 1994.
Chélini, Jean, Histoire religieuse de l'Occident médiéval, Paris, Hachette, 2002.
Contamine, Philippe, La vie quotidienne en France et en Angleterre pendant la Guerre de Cent Ans, Paris, 1976.
Duby, Georges, dir., Histoire de la France urbaine, t.La ville médiévale, des Carolingiens à la Renaissance, Paris, L'univers historique, 1980.
Duby, Georges, Guerriers et paysans, VIIe-XIIe siècle, 1973.
Duby, Georges, Guillaume Maréchal ou le meilleur chevalier du monde, Paris, Fayard, 1984.
Duby, Georges, Le chevalier, la femme, le prêtre. Le mariage dans la France médiévale, 1981.
Duby, Georges, Le dimanche de Bouvines, Paris, 1973.
Duby, Georges, Perrot, Michelle, Histoire des femmes en Occident, t.1, Le Moyen Âge, Paris, Perrin, 2002.
Favier, Jean, Philippe le Bel, Paris, Fayard, 1978.
Flandrin, Jean-Louis, Le sexe et l'Occident, évolution des attitudes et des comportements, Paris, Seuil, 1981.
Flori, J., Chevaliers et chevalerie au Moyen Âge, Paris, Hachette, coll. La vie quotidienne, 1998.
Fossier, Robert, Villages et villageois du Moyen Âge, Paris, 1996.
Gauvard, Claude, La France au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Paris, Presses universitaires de France, 2004 (un manuel, ouvrage de synthèse classique)
Gauvard, Claude, Crime, État et société en France à la fin du Moyen-Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 1995.
Geary, Patrick, Naissance de la France, le monde mérovingien, coll. Champs Flammarion, Paris, 1997.
Halphen, Louis, Charlemagne et l'empire carolingien, Paris, Albin Michel, 1949.
Haywood, John, Atlas des Vikings, 789-1100, Paris, Autrement, 1996.
Le Goff, Jacques, La civilisation de l'Occident médiéval, Paris, Flammarion, 1982, 366 p.
Le Goff, Jacques, Saint Louis, Gallimard, 1996.
Le Goff, Jacques, Un long Moyen Âge (recueil d'articles parus dans la revue « L'Histoire »), Paris, Tallandier, 2004.
Lebecq, Stéphane, Les origines franques, Ve-IXe siècles, coll. Nouvelle histoire de la France médiévale, Points Seuil, Paris, 1990.
Minois, Georges, Histoire de la vieillesse en Occident, de l'Antiquité à la Renaissance, Paris, Fayard, 1987.
Neveux, H., Les révoltes paysannes en Europe XIVe-XVIIIe siècles, Hachette Littératures, 1998.
Parias, Louis-Henri (dir.), Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation en France, t. 1, des origines à la Renaissance, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1981.
Pernoud, Laurence, Lumière du Moyen Âge, Paris, Grasset, 1985.
Riché, Pierre, Les grandeurs de l'an mil, Bartillat, 1999.
Riché, Pierre, Les Caroligiens, une famille qui fit l'Europe, Paris, Hachette, 2008
Rioux, Jean-Pierre, Sirinelli, Jean-François, Histoire culturelle de la France, Paris, Seuil, t. 1, Le Moyen Âge, 1998.
Rouche, Michel, Clovis, Paris, 1996.
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13/04/2009

Le grand prix de la mesquinerie est attribué à...

Celui qui a eu l'idée apparemment intéressante de rendre l'entrée dans les musées gratuite aux moins de 26 ans et aux enseignants. Tous les enseignants? C'est ce que je croyais! À moi le Louvre (quoique l'abonnement ne soit pas bien cher), pensais-je depuis début avril !

Sauf que... Ce n'est pas gratuit pour... pour... pour...

















Les enseignants du supérieur! Qui eux, ont droit à juste un tarif légèrement réduit! Je suis allée à Vincennes aujourd'hui, profitant du beau temps, et d'un des rares musées ouverts ce lundi de Pâques (groumph au passage...) et je suis restée scotchée par autant de mesquinerie. C'est sûr que les enseignants du supérieur sont:
- pétés de thunes
- absolument pas intéressés ni concernés par les musées.

Je n'étais pas favorable à la gratuité, un euro symbolique me semble le minimum, car dès qu'il y a entretien de bâtiments, personnel de surveillance et personnel chargé de la mise en valeur de collection et sites, frais de sécurité, ça ne peut être gratuit, qu'il s'agisse d'établissement culturel ou pas; faire croire que c'est gratuit est illusoire et démagogique. Et si c'est "gratuit" à l'entrée, on finit par le payer par les impôts.


Mais écarter de la mesure une partie des enseignants... Ceux qui râlent, justement, en ce moment... Comme c'est curieux, ce hasard!

Dictionnaire de l'académie:
MESQUIN , -INE adj. XVIIe siècle. Issu de l'arabe miskin, « pauvre ».
1. Qui voit les choses d'une manière étroite, qui manque de grandeur, d'élévation. Son adversaire est un homme mesquin. Avoir l'esprit mesquin. Par ext. Idées mesquines. Procédé mesquin. Remarque mesquine. 2. Qui est chiche, qui est parcimonieux dans sa dépense au regard de ses moyens. Cet homme n'est pas économe, il est mesquin. Par méton. Se dit des choses dans lesquelles on met plus de parcimonie qu'il ne convient, eu égard à sa fortune et à son état. Son ordinaire est assez mesquin. Un présent mesquin. Un mobilier, un éclairage mesquin.

Pour signer la pétition réclamant l'égalité entre tous les enseignants : allez ici ou sur le site louvrepourtous.fr





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Philippe Beaussant, Le roi soleil se lève aussi


Depuis le temps que je me disais "il faut que je lise ce bouquin, il faut que je lise ce bouquin..." j'ai enfin sauté le pas, et je vous recommande d'en faire autant, ce livre est un pur régal. Je ne vais pas chercher les quelques (rares) erreurs qui y sont, ni bouder mon plaisir (d'autant que je cale un peu sur Les gommes en ce moment)... Cela reste un essai et non un ouvrage d'histoire, mais si tous les essais et romans historiques étaient de cette qualité, je changerais de métier!


"Où sont mes pantoufles? Jamais le Roi-Soleil ne se serait posé pareille question. Sous son règne, chaque chose se trouvait à sa place, à commencer par lui, monarque de droit divin et solidement ficelé à sa divinité. Comment parvenait-il à respirer, guerroyer, courir les dames et le cerf, pirouetter dans ses ballets? Demandez-le à Philippe Beaussant.

Romancier et musicologue, il a piqué une tête dans le grand siècle, interrogé tous les témoins et filé le roi sans le lâcher d'une semelle. Il a vu la nourrice pénétrer, avant le Lever, dans la chambre d'apparat pour «baiser Sa Majesté au lit», ce que confirme Saint-Simon. Mais Louis XIV a-t-il passé toute la nuit dans ce lit? Vous plaisantez. Le devoir conjugal l'a appelé chez la reine, le goût de la chair l'a guidé vers la favorite du moment. Il dispose de quatre chambres et le valet qui le suit, auquel le relie un cordonnet de soie attaché au poignet, connaît tous les passages secrets. Ainsi les apparences sont-elles sauves, la raison d'être de Sa Majesté.

Le roi joue son rôle comme s'il était né pour l'emploi (ce qui est d'ailleurs le cas), éclatant Molière qui a le privilège de le saluer au réveil, s'offrant en permanence, à table, à cheval, sur sa chaise percée, à l'admiration des siens. Sa raison d'être est de se montrer, il y puise l'énergie qui lui permet, à soixante-seize ans, de tuer une trentaine de faisans et peut-être d'honorer encore cette «appétissante chrétienne» qu'est Mme de Maintenon. De sa virée à la Cour, Beaussant nous ramène un récit aussi fascinant que le modèle, cet homme qui se voulut éblouissant et qui parvint à l'être. A quel prix? Peu importe, il n'avait pas le choix."

par Gabrielle Rolin
Lire, février 2001



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12/04/2009

La vie des archives


L'autre jour, j'ai consulté simultanément deux registres que tout opposait, le contenu, mais plus encore le format. C'est une chose amusante, oh d'un amusement très relatif, je vous le concède, mais quand on reste plongé sans compter ses heures de lecture (ou tentatives de lecture, quelquefois), cela apporte ce peu de changement qui suffit à réveiller l'attention. Et puis moi, qui m'intéresse à des comptabilités, je ne peux travailler que sur des parchemins grossiers (épais, à trous), ou en papier quelconque, sans jamais rencontrer d'enluminure. À tel point que je suis restée bête il n'y a pas si longtemps devant la référence d'un microfilm, à cause de l'appellation "MFC" à la place du "MF" pour microfilm. Un microfilm couleur ? Pour moi? J'aurais donc droit à des images aujourd'hui ? Chouette ! Hum...

D'un coté donc, un tout petit volume, est-ce un in 8° ou in 16°, j'avoue n'en rien savoir. Un de mes regrets est de ne pas avoir eu de formation sur la fabrication des livres. Quoiqu'il en soit, à chaque fois qu'un magasinier me le remet, il me dit "ah! Mais ce n'est pas normal, celui-ci est si petit, il devrait être conservé et délivré par le bureau central!". Ce à quoi je ne peux que répondre"Oui, votre collègue m'a dit exactement la même chose hier..."

Et puis m'est arrivé par le chariot des livraisons un ouvrage curieux (le bonheur d'être servi à table... veuillez imaginer le roulement du chariot qui seul, avec le bruit du rembobinage rapide des bobines de microfilms, dans le fond de la salle, trouble la quiétude. Enfin, en temps ordinaire, car en ce moment, nous profitons de travaux dans cet endroit-là...) Le magasinier me fait "Est-ce que votre futon va être assez grand?". Pertubée par sa réflexion, je ne comprends pas. D'abord parce que mon futon - ce coussin de velours rouge, pour essayer de vous le décrire, sur lequel on pose délicatement les registres- me semble immense par rapport au tout petit volume que je suis en train de lire. Le nouveau registre que je viens de commander, dépasse de la caisse du chariot, mais ne me semble pas bien large. Erreur. En effet il n'est pas d'une largeur exceptionnelle. Mais j'aurais dû constater plus vite qu'il était bien curieux que le registre qui venait d'arriver dépassait autant du chariot. Bizarre, bizarre. Je rassure donc le magasinier, refermant mon petit volume, pour laisser la place au nouvel arrivant. Et c'est là que je vois la chose: un registre recouvert comme tous les autres de papier gris, du papier gris qui m'évoque la couverture des vieux livres d'école de mes parents et qu'ils conservent encore précieusement. Jusque là, rien d'anormal. Sauf... la taille. Trente-cinq centimètres de large, rien d'étonnant, mais hum... comment dire ? Un bon mètre de haut. Ce qui en fait un objet assez surprenant. Un livre qui aurait poussé comme une asperge. Et pour cause. Le livre en question est un recueil, par collage sur papier, de rôles anciens. Un rôle, à l'origine, c'est un "roolle", un rouleau de parchemin. De là viennent les termes "contrôler", confronter, vérifier des rôles, rouleaux de parchemin ou "enrôler", inscrire sur le rôle des soldats par exemple. On a donc fabriqué le livre pour qu'il recueille des rôles très longs et assez étroits. J'avoue, la consultation est malaisée. Mais l'avantage est que les parchemins ne sont pas pliés en quatre à l'intérieur.

Car un parchemin rustique, c'est épais, c'est bien plié depuis des décennies, voire des siècles dans son registre, aussi cela n'a nulle envie d'être déplié, chatouillé, observé, scruté. Ça craque. Pour protester. Ça se replie, dès que le doigt ne maintient plus la pression, et ça se renferme sur son trésor.

Ça n'aime peut-être pas la lumière, les parchemins. C'est peut-être de la famille des paresseux: aimer dormir, soupirer dans ses cartons, ses registres, le long des étagères, dans l'ombre et la fraîcheur des rayons interdits au public. Ça soupire, surtout quand la main d'un magasinier vient l'attrapper vigoureusement "Français 82017346! C'est celui-là! Hé hop!", ça bascule une demi-seconde dans le vide, jusqu'à retomber dans la paume du magasinier, c'est brinqueballé dans le chariot dans le couloir, l'ascenseur, à nouveau le couloir, et ça atterrit sur une table où un inconu, qui ne s'est même pas présenté, va le dépouiller. Comme si ça avait des poux. Ce n'est pas une vie d'être archive!
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01/04/2009

Une faim de livres ! (Ah si j'étais riche...)

Voici quelques-unes des dernières parutions en histoire... Qui me tentent bien. Aucune garantie donc quand au contenu (j'ai beau essayer tous les moyens, pas réussi encore à dégoter un 200 mètres carrés au dessus d'une grosse librairie, histoire de pouvoir squatter le rez-de-chaussée, je n'ai vraiment pas de chance!). Vous le voyez, j'ai faim, j'ai même très faim de livres. Et c'est un supplice qui dure depuis l'âge de raison, j'ai été prise du même mal que Juliette...

Plus sérieusement, si vous voulez suivre toute l'actualité des parutions en histoire, aller voir ici, site de la Boutique de l'Histoire, rue des écoles, Paris 5e. Le site n'a pas été mis à jour depuis longtemps, il est paraît-il en refonte totale, mais il est néanmoins possible de demander à être abonné au catalogue des livres neufs, ainsi qu'à leur catalogue des livres d'occasion, intéressant si vous habitez la région parisienne.

Voici donc quel serait le choix de la souris (ah! si j'étais riche!) :

Egypte

3- Andreu, Guillemette, Objets d'Egypte. Des rives du Nil aux bords de la Seine, Seuil, 2009, 212 pages, album illustre, 35 euros

5- Stierlin, Henri, Buste de Nefertiti. Une imposture de l'egyptologie ?, Infolio, 2009, 137 pages, illustre, 18 euros

Antiquite

7- Gros de Beler, Aude ; Marmiroli, Bruno ; Renouf, Alain, Jardins et paysages de l'Antiquite. Grece-Rome, Actes Sud, 2009, 195 pages, 28 x 22, relie, illustre;
Une synthese des connaissances sur les jardins de la Grece et de la civilisation romaine, sur la base des representations, des textes, codes, gravures, des recits ou epopees qui nous sont parvenus, 42 euros

9- Tacite, La Germanie. L'origine et le pays des Germains, Arlea, 2009, 112 pages, 13 euros

10- Robert, Jean-Noel, La vie a la campagne dans l'Antique romaine, Les Belles Lettres, 2009, 350 pages, 25 euros

13- Goodman, Martin, Rome et Jerusalem. Le choc de deux civilisations, Perrin, 2009, 711 pages; En 70 apres J.-C., Jerusalem fut mise a sac par les Romains. Les Juifs furent ensuite repousses de la societe imperiale pendant trois siecles et vinrent a considerer Rome comme la quintessence du mal, 28 euros

Celtes-Gaule

14- Remy, B. ; Mathieu, N., Le femmes en Gaule romaine (1er siecle av-Ve siecle ap), Errance, 2009, 239 pages, 28 euros

15- Bruneaux, Jean-Louis, Les druides. Des philosophes chez les barbares, Seuil, coll. Points, 2009, 378 pages, 9 euros

Moyen Age

16- Giannerini, Pierre-Louis, Amour et erotisme dans la sculpture romane, La Louve, 2009, 237 pages;
Presente une description precise, replace les sites dans leur contexte historique des XIe et XIIe siecles et propose une interpretation de l'ensemble, 24 euros

17- Aladjidi, Priscille, Le roi, pere des pauvres (France XIIIe-XVe siecle), P. U. de Rennes, 2009, 439 pages, quelques illustrations n&b, 22 euros
(les publications des PUR sont souvent excellentes, et nom de Zeus, ce que ce livre me fait envie...)

19- Lebowicz, Max (ed), L'Islam medieval en terre chretienne. Science et ideologie, P. U. du Septentrion, 2009, 174 pages, reponse collective a Sylvain Gouguenheim, 16 euros

20- Ravoire, Fabienne ; Dietrich, Anne (dir), La cuisine et la table dans la France du Moyen Age. Contenus et contenants du XIVe au XVIe siecle, Brepols, 2009, 449 pages.
Ces contributions proposent un regard pluridisciplinaire sur l'art culinaire du Moyen Age, 51 euros

24- Catteddu, Isabelle, Archeologie medievale en France. Le premier Moyen Age (Ve-XIe siecle)
La Decouverte, 2009, 178 pages, illustre, 22 euros

25- Veniel, Florent, Le costume medieval de 1320 a 1480, Heimdal, 2009, 216 pages, album illustre, 39 euros

27- Geremek, Bronislaw, Les marginaux parisiens aux XIVe et XVe siecles, Flammarion, 2009, 373 pages, nouvelle presentation, 9 euros

Renaissance

28- Federinov, Bertrand ; Docquier, Gilles (eds), Marie de Hongrie. Politique et culture sous la Renaissance aux Pays-Bas, Musee Royal de Mariemont, 2009, 188 pages, 28x23, illustre, 25 euros

29- Collectif, Les meditations cosmographiques a la Renaissance, P. U. Paris-Sorbonne, 2009, 220 pages;
Au sommaire notamment : La meditation cosmographique, une meditation entre deux livres (F. Lestringant) ; Les antecedents medievaux de la meditation geo-cartographique (P. Gautier Dalche)…, 25 euros

XVIe siecle

30- Veniel, Beatrice, Une histoire de peaux et de laines. Les megissiers parisiens au XVIe siecle, CTHS, 2009, 230 pages, biblio, index, figures et cartes, 27 euros

31- Wachtel, Nathan, La logique du buchers, Seuil, 2009, 325 pages;
Les tribunaux des inquisitions iberiques ont contribue a l'invention d'une police rigoureuse et de pratiques rationnelles fondees sur l'administration logique de la preuve qui trouvent leur apogee dans les systemes totalitaires, 21 euros

XVIIe siecle

32- Bely, Lucien, La France au XVIIe siecle. Puissance de l'Etat, controle de la societe, PUF, 2009, VII + 846 pp., biblio, 30 euros

34- Boutier, Jean (dir), Etienne Baluze, 1630-1718. Erudition et pouvoirs dans l'Europe classique
P. U. de Limoges, 2009, 378 pages;
Bibliothecaire de Colbert, professeur de droit canon au College de France, philologue, E. Baluze est un pionnier de la methode historique moderne. Cette etude restitue les methodes de Baluze et ses resultats, 30 euros

35- Hennebelle, David, De Lully a Mozart. Aristocratie, musique et musiciens a Paris (XVIIe-XVIIIe siecles), Champ Vallon, 2009, 442 pages;
Etude consacree a la vie quotidienne des musiciens au siecle des Lumieres, s'appuyant sur des sources variees : correspondances, contrats, partitions, dedicaces aux mecenes, etc., 28 euros

36- Jouhaud, Christian, Mazarinades : la fronde des mots, Aubier, reedition, 2009, 310 pages;
Un etude consacree aux pamphlets, poemes, chansons, recits, ecrits pendant la Fronde : Qui les ecrit ? Qui les lit ? Que disent-ils ?, 24 euros

XVIIIe siecle

37- Bouyer, Murielle, Les marins de la Loire dans le commerce maritime nantais au XVIIIe siecle,
P. U. de Rennes, 2009, 327 pages, biblio, illustrations, 18 euros

39- Bluche, Francois, Les Français au temps de Louis XVI, Hachette, 2009, 396 pages, precedemment paru sous le titre : La vie quotidienne au temps de Louis XVI, 8 euros

41- Eboli, Gilles, Livres et lecteurs au XVIIIe siecle. Autour des David, imprimeurs-libraires à Aix, Atelier Perrousseaux, 2008, 318 pages, 32 euros

42- Caylux, Odile (ed.), Arles et la peste de 1720-1721, P U de Provence, 2009, 280 pages, coll. Le temps de l'histoire;
Monographie sur la peste de 1720 a Arles, qui a provoque le deces de 7.500 personnes sur un total de 23.000 habitants, 26 euros

Revolution

47- Montpensier, Duc de, Ma captivite pendant la Terreur, Tallandier, 2009, 175 pages;
Le Duc de Montpensier, plus connu sous le nom de Philippe-Egalite, qui s'est illustre a Valmy dans l'armee qui a combattu les Prussiens, est arrete en avril 1793, soupçonne de royalisme, 15 euros

Empire

51- Signoli, M. ; Vette, T. ; Dutour, O. ; Ardagna, Y. (dir), Les oublies de la retraite de Russie : Vilna 1812-Vilnius 2002, Editions Historiques Teissedre, 2009, 176 pages;
Analyse d'ossements retrouves a Vilnius en 2001 identifies comme des depouilles de soldats de Napoleon disparus au cours de la retraite de Russie en decembre 1812, illustre, 45 euros

XIXe siecle

Restauration-Monarchie de Juillet

58- Bregeon, Jean-Joel, La duchesse de Berry, Tallandier, 2009, 303 pages;
La vie de la Duchesse de Berry est replacee dans l'arriere-plan de l'ultracisme, ce royalisme extreme et reactionnaire, 25 euros


IIIe Republique

63- Dumons, Bruno, Les saints de la Republique. Les decores de la Legion d'honneur (1870-1940), La Boutique de l'Histoire, 2009, 507 pages;
Fruit de recherches dans des archives departementales, l'ouvrage met en exergue les relations entre les processus d'attribution de la Legion d'honneur et la canonisation des saints dans l'eglise catholique, 34 euros


XXe siecle

65- Sebbane, Jeremy, Pierre Mendes France et la question du Proche-Orient (1940-1982), L’Harmattan, 2009, 236 pages, 22 euros

67- Judt, Tony, Apres-guerre. Une histoire de l'Europe depuis 1945, Hachette, 2009 (poche), 1026 pages, 16 euros

Ve Republique

70- Berstein, S. ; Casanova, J.-C. ; Sirinelli, J.-F. (dir), Les annees Giscard. La politique economique, 1974-1981, Armand Colin, 2009, 192 pages, 18,50 euros

Histoire militaire

73- Schulten, Kees, L'independance des Provinces Unies (1559-1659) : Cent ans de sieges et de guerres, Economica, 2009, 350 pages;
Description de la guerre dans les anciens Pays-Bas dans les annees 1559-1659. Explications sur la rupture entre provinces protestantes et provinces catholiques, sur la genese de la republique des Provinces-Unies, 35 euros

74- Delaplanche, J. ; Sanson, A., Peindre la guerre, Actes Sud, 2009, 191 pages, album relie illustre, 35 euros

2e Guerre mondiale

76- Mendelsohn, Daniel, Les disparus, J'ai lu, 2009, 930 pages, 10,40 euros (prix médicis étranger 2007)

82- Riedweg, Eugene, Les malgre-nous : histoire de l'incorporation de force des Alsaciens-Mosellans dans l'armee allemande, La Nuee Bleue, 2009, 303 p., relie, 30 x 23;
Evocation detaillee enrichie de nombreux documents, partiellement inedits, des departs au refus, de la rebellion ou de l'acceptation, de l'emotion du retour et des accusations, 35 euros


Resistance/France Libre

84- Faligot, Roger, La rose et l'edelweiss : ces ados qui combattaient le nazisme (1933-1945)
La Decouverte, 2009, 381 pages.
Des groupes d'adolescents, dans l'Europe occupee, ont combattu le nazisme. L'auteur retrace l'epopee de ces centaines de milliers de jeunes qui se sont engages dans la Resistance au peril de leur vie, 20 euros


Vichy-Occupation

85- Chandelier, Pierre, Les annees noires 1939-1940. Droit et histoire, L'esprit du Livre, 2009, 350 pages, 20 euros

86- Zaoui, Michel, Memoires de justice. Barbie, Touvier, Papon, Seuil, 2009, 190 pages, 39 euros

87- Desprairies, Cecile, Paris dans la Collaboration Seuil, 2009, 648 pages;
Dictionnaire historique qui constitue une exploration de Paris sous l'Occupation, arrondissement par arrondissement, rue par rue, 29 euros

88- Bueltzingsloewen, Isabelle von, L'hecatombe des fous. La famine dans les hopitaux psychiatriques francais sous l'occupation, Flammarion, 2009, 522 pages, coll. Champs, 12 euros

Nazisme

89- Evans, Richard J., Le Troisieme Reich. Volume I, l'avenement, Flammarion, 2009, 720 pages, relie sous jacquette, 27 euros
91- Evans, Richard J., Le Troisieme Reich. Volume II, 1933-1939, Flammarion, 2009, 1048 pages, biblio, index, cartes, 31 euros
(selon Ian Kershaw, "l'ouvrage le plus complet qui ait jamais été écrit sur cette époque désastreuse": une histoire générale, totale, du Troisième Reich, qui en embrasse tous les aspects, politiques, idéologiques, culturels, économiques ou sociaux)

93- Carp, Matatias, Cartea Neagra. Le livre noir de la destruction des juifs de Roumanie 1940-1944, Denoel, 2009, 706 pages, 27 euros

94- Steegmann, Robert, Le camp de Natzweiler-Struthof, Seuil, 2009, 376 pages, coll. L'Univers historique, sources, biblio, 22 euros

95- Maier, Ruth, Journal de Ruth Maier de 1933 a 1942, une jeune fille face a la terreur nazie
Seuil, 2009, 519 pages, 23,90 euros

96- Desbois, Patrick (pere), Porteur de memoires, Flammarion, 2009, 325 pages, coll. Champs, 9 euros

Guerre d'Algerie

97- Parmentier, Roger, Durant la guerre d'Algerie, protestants français devant l'appel des 121. Pour la justice et la paix et contre les tortures, un pasteur prend parti pour le droit a l'insoumission, L’Harmattan, 2009, 134 pages, 13,5 euros

Histoire universelle

99- Pons, Pedro Paolo, Les mysteres des poisons, de l'Antiquite a nos jours De Vecchi, 2008, 316 pages, 18 euros


Historiographie

105- Krauskopff, Gisele, Les faiseurs d'histoires. Politique de l'origine et ecrits sur le passe
Publications de la Societe d’Ethnologie, 2008, 303 p.;
Ces contributions portent surtout sur les peripheries du monde indien et chinois et s'attachent autant aux auteurs (erudits locaux, activistes politiques ou ethniques...) qu'a leurs creations, 24,50 euros

106- Febvre, Lucien, Vivre l'histoire, Robert Laffont, 2009, 1109 pages;
Recueil de comptes rendus de lecture dans lesquels l'historien commente des ouvrages de C. Jullian, F. Braudel, H. Pirenne, M. Bloch, A. Toynbee, etc., et presente sa conception de l'histoire et du travail de l'historien., inclut 2 titres déjà publies : Combats pour l’histoire et Pour une histoire a part entiere, et contient une introduction de Bertrand Muller, 30 euros

107- Dauphin, Odile ; Janneau, Remy ; Perron, Nicole (dir), L'enseignement de l'histoire-geographie de l'ecole elementaire au lycee. Vecteur de propagande ou fondement de l'esprit critique ? L’Harmattan, 2009, 285 pages, 25,50 euros

109- Soulet, Jean-Francois, L'histoire immediate : historiographie, sources et methodes, Armand Colin, 2009, 238 pages, 25,5 euros

110- Becker, Jean-Jacques, Un soir de l'ete 1942... Souvenirs d'un historien, Larousse, 2009, 380 pages, 19,50 euros

Histoire religieuse

113- Hasquenoph, Sophie, Histoire des ordres et congregations religieuses en France du Moyen Age a nos jours, Champ vallon, 2009, 1334 pages, sous coffret, illustrations n&b, 39 euros

115- Launay, Marcel, Le ciel et la terre. L'eglise au village (XIXe siecle), Cerf, 2009, 204 pages, 19 euros

Histoire economique

118- Collectif, Tisser l'histoire : l'industrie et ses patrons, XVIe-XXe siecle : melanges offerts a Serge Chassagne, P. U. de Valenciennes, 2009, 406 pages, 30 euros

Histoire politique

120- Heimberg, C. ; Prezioso, S. ; Enckell, M. (ed.), Mourir en manifestant. Repressions en democratie. Le 9 novembre 1932 en perspective (fusillade de Geneve), Publications de l’Université de Geneve, 2008, 223 pages, 19 euros

Histoire sociale

Commune

122- Milza, Pierre, L'annee terrible. Tome 1 : la guerre franco-prussienne (septembre 1870-mars 1871), Perrin, 2009, 460 pages, 22,80 euros,

123- Tombs, Robert, La guerre contre Paris 1871, Aubier, réédition, 2009, 380 pages, illustre, 25 euros

Anarchisme

125- Ragon, Michel, Dictionnaire de l'anarchie, Albin Michel, 2008, 661 pages, 23 euros

Histoire des mentalites

126- Vernier, Bernard, La prohibition de l'inceste. Critique de Francoise Heritier
L’Harmattan, 2009, 267 pages
(I : Grecs et Romains de l'Antiquite, II : la Bible et la societe chretienne, III : sur quelques codes juridiques anciens, IV : questions sur une construction d'objet), 26 euros

127- Cabantous, Alain, Histoire de la nuit XVIIe-XVIIIe siecle, Fayard, 2009, 387 pages, la noirceur de la nuit fut investie de lieux mythiques, de croyances et d'imaginaires innombrables. Histoire de cet autre temps aux particularites non transposables, 26 euros

128- Da Silva, Jean, Du velu au lisse. Histoire et esthetique de l'epilation intime, Complexe, 2009, 181 pages, 16 euros

Histoire de l’enseignement

129- Attali, M. ; Saint-Martin, J., L'education physique de 1945 a nos jours. Les etapes d'une democratisation, Armand Colin, 2009, 272 pages;
Un ouvrage qui explore l'apport de la discipline dans le systeme educatif, analyse sa place dans le processus de la democratisation scolaire en France depuis 1945, 25,50 euros

Sciences & Techniques

130- Bentley, Peter J., Livre des nombres. Leur histoire et leurs secrets, des origines a nos jours, Eyrolles, 2009, 271 pages, relie sous jacquette, illustre, 35 euros

Histoire de l’alimentation

131- Pitte, Jean-Robert, A la table des dieux, Fayard, 2009, 237 pages, un recueil de textes et d'anecdotes qui illustrent les relations entre les religions et l'alimentation, 22 euros

Histoire culturelle

132- Collectif, En toutes lettres... Cent ans de litterature a la Nouvelle Revue Francaise
Gallimard, 2009, 108 p., 29x23, illustre;
Presentation de documents inedits consacres a la NRF (correspondance, archives commerciales, manuscrits, editions et photographies) apportant un eclairage sur la revue et ses relations avec les ecrivains, 32 euros

133- Didier, Benedicte, Petites revues et esprit boheme a la fin du XIXe siecle (1878-1889); L’Harmattan, 2009, 380 pages, 34 euros

134- Cerisier, Alban, Une histoire de la NRF, Gallimard, 2009, 611 pages, index, sources, biblio, 25 euros

Histoire du sport

135- Assoulen, Philippe, Les champions juifs dans l'histoire. Des sportifs face a l'antisemitisme
PUF, 2009, 190 pages, 20 euros

Pays divers

136- Potel, Jean-Yves, La fin de l'innocence : la Pologne face a son passe juif
Autrement, 2009, 284 p.;
Temoignage sur les lieux de memoire de l'histoire des juifs de Pologne et de la Shoah en Pologne, sur le renouveau de la culture juive et de ses grandes figures, et l'approche par les historiens et l'opinion publique des relations judeo-polonaises, 22 euros

137- Collectif, Turcs et turqueries, XVI-XVIIIe siecles, P. U. Paris-Sorbonne, 2009, 222 pages, preface de Lucien Bely;
Sont notamment analyses : la presence des envoyes Ottomans a la cour de France ; les divertissements nobiliaires a la Renaissance et la place du Turc ; les Turcs et turqueries dans les spectacles..., 12 euros

Monde germanique

140- Du Clozel, Amaury ; Olivier, Philippe, Deracinements. Exil et deportation des musiciens sous le Troisieme Reich, Hermann, 2009, 231 pages, 30 euros

141- Flanet, Veronique, La R.A.F.. Vie quotidienne d'un groupe terroriste dans l'Allemagne des annees 1970, L’Harmattan, 2009, 175 pages, 17 euros

142- Cahn, Jean-Paul ; Pfeil, Ulrich (eds), Allemagne 1945-1961. De la catastrophe a la construction du mur, Septentrion, 2008, 248 pages, volume 1/3, 22 euros

143- Schmitt, Olivier, La R.F.A. et la politique europenne de securite et de defense, L’Harmattan, 2009, 214 pages, 20,5 euros

145- Guez, Olivier, L'impossible retour. Une histoire des Juifs en Allemagne depuis 1945
Flammarion, 2009, 408 pages, coll. Champs, 10 euros

146- Fest, Joachim, La resistance allemande a Hitler, Perrin, 2009, 365 pages ;
Histoire de ceux qui, des les annees 1930, se sont leves contre Hitler en Allemagne. L'auteur etudie les reseaux montes par Beck, Tresckow ou Stauffenberg et estime leurs forces et leurs faiblesses face au pouvoir totalitaire, 22 euros

147- Roncigli, Audrey, Le cas Furtwangler. Un chef d'orchestre sous le IIIe Reich, PUF, 2009, 294 pages, biblio, filmographie, 23 euros

Angleterre

148- Cottret, Bernard, La royaute au feminin. Elisabeth 1re d'Angleterre, Fayard, 2009, 722 pages, sources, index, 29 euros

Italie

149- Bellavitis, Anna, Famille, genre, transmission a Venise au XVIe siecle, Ecole Francaise de Rome, 2009, 241 pages, sources, biblio, 29 euros

150- Graziani, Antoine-Marie, Histoire de Genes, Fayard, 2009, 706 pages, biblio, index, 27 euros

Espagne

151- Galland Seguela, Martine, Les ingenieurs militaires espagnols de 1710 a 1803. Etude prosopographique et sociale d'un corps d'elite, Casa de Velazquez, 2009, 449 pages, sources, biblio, cartes, tableaux, index, 41 euros

152- Perez, Joseph, La legende noire de l'Espagne, Fayard, 2008, 252 pages;
Un questionnement sur l'origine de la mauvaise reputation de l'Espagne dans les consciences collectives europeennes, depuis le XVIe siecle jusqu'a la guerre civile espagnole, 19 euros

153- Touboul Tardieu, Eva, Sephardisme et hispanite. L'Espagne a la recherche de son passe (1920-1936), P. U. Paris-Sorbonne, 2009, 413 pages, 21 euros

Russie

154- Werth, Nicolas, L'ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d'un meurtre de masse, Tallandier, 2009, 335 pages;
Cette monographie historique retrace le proces des generaux ordonne par Staline en 1937, qui preside a l'arrestation de 800.000 personnes dont la moitie sont executees, 23 euros

155- Blanc, Helene, Les predateurs du Kremelin 1917-2009, Seuil, 2009, 354 pages;
Cet essai veut demontrer la filiation entre la Tcheka de Lenine en 1917 et le FSB de V. Poutine, en examinant les diverses formes prises par les agences de renseignement politique en URSS, 22 euros

Etats-Unis

156- Marchand, Philip, L'empire fantome de ces Français qui ont failli conquerir l'Amerique du nord, P. U. de Laval, 2009, 415 pages, traduit de l'anglais, 28 euros

157- Delahaye, Claire ; Ricard, Serge (dir.), La Grande guerre et le combat feministe, L’Harmattan, 2009, 223 pages, coll. L'aire anglophone, 21 euros

Esclavage

158- Revauger, Cecile, The Abolition of Slavery : the British Debate (1787-1840), PUF, 2009, 192 p.
Étude sur le commerce transatlantique des esclaves, les plantations, les premiers debats sur l'abolition (avant 1807), le grand debat des annees 1807-1833 et les realites de l'emancipation, en anglais, 14 euros

Paris/Ile-de-France

163- Velay, Philippe, Paris, genese de la capitale, CNRS, coll. Patrimoine, reedition de De Lutece a Paris, 2009, 165 pages;
Recit de la naissance de Paris decrivant les particularites et la physionomie de la ville des origines, 19 euros


164- Bennezon, Herve, Montreuil sous le regne de Louis XIV. Un village a l'ombre de Paris, Les Indes Savantes, 2009, 491 p.;
À partir d'une serie d'archives notariales, cette etude retrace la vie de Montreuil au milieu du XVIIe siecle, dressant un portrait de la vie quotidienne des habitants, des metiers et des activites economiques et sociales, 35 euros

Rhone-Alpes

166- Montennach, Espaces et pratiques du commerce alimentaire a Lyon au XVIIe siecle, P. U. de Grenoble, 2009, 415 pages, illustrations couleur, 30 euros

Géographie. Généralités

168- Costa, L. ; Robert, S., Guides de lecture des cartes anciennes, Errance, 2009, 104 pages, cartes, 44 euros



Ouf!!! Il y a certainement quelques scories dans le tas, mais je sais qu'il y a des pépites ! Le grand jeu est de savoir les dénicher...


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30/03/2009

Jeux de princes, jeux de vilains, expo de l'Arsenal (Paris)

Je croyais que cette expo était terminée, eh non ! Alors je vous la conseille, à la fois amusante et occasion d'apprendre encore et toujours de nouvelles choses... Si vous voulez en savoir un peu plus c'est le sujet de l'Humeur vagabonde de ce soir, et voici le résumé du livre de l'expo:


Jeux de princes, jeux de vilains
Exposition. Paris, Bibliothèque de l'Arsenal (2009)
Editions Seuil
Beaux livres (159 pages)
Paru le 12/03/2009
38.00 euros

Biribi, brusquembille, cavagnole, échecs, hoc, nain jaune, pharaon, piquet, trictrac, whist et antiwhist... : connus ou oubliés, les jeux ont une histoire. Même quand leur origine locale semble avérée, récits mythologiques et sources littéraires s'accordent sur leur provenance lointaine : de l'Orient mystérieux, d'Italie ou d'Espagne, les jeux, constante de l'humanité, ont voyagé pour parvenir jusqu'à nous. . Depuis l'Antiquité, le jeu fait débat. Aristote n'y voit pas une source de bonheur, Montaigne le considère comme l'activité la plus sérieuse des enfants, Locke le préconise à des fins pédagogiques et, pour Schiller, «L'homme n'est tout à fait homme que là où il joue.» . Appréciés pour l'éducation des princes - les échecs - ou interdits par les autorités de l'Église parce qu'ils poussent au blasphème, à la cupidité - les dés - et à la violence, les jeux occupent, dans la société médiévale, les réflexions des clercs. À l'âge classique, le jeu, qui règne sur les loisirs de la noblesse, déferle dans les salons et submerge la cour, cependant que pièces de théâtre et pamphlets dressent le sombre tableau du joueur dont la passion funeste et incoercible ruine la famille. Au XVIIIe siècle, enfin, les jeux d'argent gagnent les diverses couches de la société, envahissant billards et cabarets, tripots clandestins et académies tolérées. L'État lui-même, profitant de cet engouement, crée en 1776 la Loterie royale... . Essentiellement consacré aux jeux de réflexion, de stratégie et de hasard, ce livre rédigé par une équipe de spécialistes et richement illustré (modestes dés en os trouvés dans les fouilles archéologiques, jeux de quadrille aux incrustations de nacre, bourses aux armes de la famille royale, damiers d'ébène et d'ivoire, jeux de l'oie...) initie même le lecteur aux détours du monde de la divination et aux prémices du calcul des probabilités...
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29/03/2009

L'IUFM soigne sa réputation (et il a fort à faire)

J'avoue, j'ai ri. Et même beaucoup. Mais un peu sur l'air de "mais de qui se moque-t-on?".
Pour partager mon hilarité, allez voir ici la vidéo (trouvé sur le blog de la grosse feignasse... ce n'est pas moi, c'est elle qui le dit) de l'IUFM de Paris.

J'ai adoré la métaphore de l'avion sans co-pilote diplômé... Il faut oser, quand même. Parce que si j'ai bien eu le sentiment d'être lâchée sans pilote, dans le vide, c'est bien avec la formation reçue en stage à l'IUFM, pas celui de Paris, certes, après le succès aux concours. Alors que l'IUFM OSE dire que sans formation ça sera pire! C'est se f*** de la g**** du monde !

Et ce qui est merveilleux, c'est que la grève du supérieur, due en partie au flou très artistique du gouvernement, donne de l'eau au moulin des IUFM.

Pendant mon année de stage, voici ce qui s'est passé:

- mon tuteur n'a pas tutoré grand chose. Ce n'est pas qu'on ne les voyait pas nos tuteurs; tous les jeudis, on les voyait. Pour faire à chaque fois le même exercice : préparer une séance qui s'inscrit dans une séquence (j'ai mis quelques semaines à comprendre, je sais, je suis lente d'esprit) alors qu'on nous rabachait qu'avec les élèves il fallait VA-RI-ER les exercices! En fin d'année, il a inspecté mon cours, et j'ai passé un oral devant lui, en présentant un mémoire professionnel. Je vous épargne la préparation du mémoire, exercice oiseux d'auto-flagellation sur ses propres cours, à présenter en fin d'année. Ces jeudis étaient un supplice, on faisait en une journée (enfin journée IUFM hein, restons sérieux, 9h-12h avec pause kawa d'une demie-heure, puis 14h-16h) ce que l'on aurait pu boucler en trois heures (sans exagération).

- ma conseillère pédagogique (qui était enseignante titulaire dans l'établissement où j'étais nommée) s'est occupé de moi quand elle n'avait pas ses mômes à aller chercher à l'école (ce qui a été le cas du jour de la pré-rentrée, moi j'aurais bien aimé un peu plus qu'une demie-heure de formation avant le grand saut du lendemain, m'enfin...) ou quand elle n'était pas prise par un jury de concours de Professeur des écoles, par des formations à l'IUFM ou autre divertissement (rayez la mention utile). Le reste du temps elle m'a bien fait comprendre que je m'y prenais comme un manche, que je n'avais pas de "présence" en classe, que j'avais des problèmes d'autorité avec les élèves (merci, mais c'est trop tard poulette, je m'en suis rendu compte, tu sais...) mais que c'était mort pour rattraper la chose (merci de m'aider, poulette, j'avais pile poil besoin de ça) jusqu'au moment où elle s'est rendu compte, que j'avais en partie réussi à reconquérir de l'autorité, toute seule. Ah si j'oubliais, quand j'ai reçu l'inspection de mon tuteur, elle m'a très aimablement planté un couteau entre les deux omoplates, en me dézingant devant le tuteur. Je ne dirai pas ce que j'en pense, non, non, non je ne le dirai pas...

- le reste : les formations minables du mercredi matin, en ZEP, pour faire class' et mettre l'ambiance. Sauf qu'à part un jour où l'on est sorti voir les mômes, le reste du temps, nous étions cloîtrés dans une salle, et nous attendions la pause café comme un moment miraculeux... C'est là que j'ai entendu des énormités du style "De toute façon vous ne comprendrez rien aux situations d'échec vu que VOUS vous êtes d'anciens bons élèves, alors que MOI, l'échec, j'ai connu, blablabla..." Ou que le redoublement traumatise les élèves.

J'ai donc commencé mon année, sans savoir comment faire un cours, sans savoir comme "prendre" une classe; les premières formations à ce sujet sont arrivées quinze jours après la rentrée. Il y a eu une grande discussion avec les formateurs sur la pertinence d'un pareil apprentissage à pareille date :"oui mais vous comprenez, s'il fallait vous former avant la rentrée, il faudrait commencer la formation en août et du coup, il faudrait vous payer dès le mois d'août alors qu'une année scolaire ne commence comptablement qu'en septembre, etc". On marchait sur la tête.


Ah j'ai failli oublier: d'indispensables formations d'apprentissage de l'enluminure, et un atelier photo numérique, très bien pour les prochaines vacances (de prof).

Mais mais mais, les formateurs ont trouvé le moyen d'essayer - quand même - de faire pleurer dans les chaumières, en nous disant "Oui, mais, à notre époque, on n'avait aucune formation, alors une formation insuffisante, c'est quand même mieux qu'à notre époque sans formation du tout". Bien voyons. Je n'ai jamais léché les bottes de qui que ce soit pour réussir à l'université, mais à l'IUFM il a fallu y passer. Ce que j'ai eu envie de vomir. Au bout de quelques semaines, des rumeurs disaient qu'un collègue stagiaire et moi étions dans la ligne de mire. Trop contestataires. Il fallait faire comme on nous le disait à l'IUFM, sinon, nous serions recalés. J'en aurais pleuré de rage. Bosser comme une damnée pour obtenir ces ù£*§+@ de concours, et s'entendre dire ÇA ! Mais j'y suis passée...

Alors que l'on me prouve que sans formation ça sera pire! Pire peut-être pour l'avenir des IUFumeux, mais certainement pas pour les lauréats des concours!


Le seul truc utile que j'ai appris, m'a été donné entre deux portes par un collègue qui fuyait tout ce qui avait des rapports avec l'IUFM "Ne promets jamais rien à tes élèves que tu ne puisses exécuter sur le champ et fais tout ce que tu promets". C'était mieux que le seul enseignement de ma conseillère pédago selon laquelle "les enfants sont comme de petits animaux".


Et de vous à moi, demander à un jeune enseignant de préparer une année entière de cours pour un niveau, et ne lui donner qu'une classe de ce niveau, c'est se moquer du monde. Je n'ai jamais autant appris que le jour où j'ai commencé à avoir plusieurs fois le même cours à répéter devant plusieurs classes du même niveau. Parce que LÀ on ne peut pas déborder de l'heure en se disant que la prochaine fois, on reprendra là et puis c'est tout. Parce qu'il faut finir au même endroit avec tous, sinon ça devient ingérable.

Donc doubler le tiers temps des stagiaires ne me semble pas idiot du tout. Pour ce que l'on apprend du métier en dehors de la classe...


Reste que délivrer le master à des gens qui auront échoué au concours (possibilité contenue dans la réforme telle qu'elle est prévue) est une ânerie. Il faut que l'un conditionne l'autre, absolument.

Et on a peut-être d'autres sous à dépenser dans l'immédiat, d'autres priorités que d'accroître le nombre d'années de bourses par étudiant (il faut bien financer les bourses des étudiants boursiers qui prépareront un master enseignement, non ?), et d'accroître la rémunération des enseignants en les rémunérant à Bac+5, alors que l'on a probablement à peine mis le bout du petit orteil dans les difficultés économiques... Même si je suis assez favorable à la reconnaissance des concours comme année de formation diplômée.
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27/03/2009

Enquête sur les origines ethniques: et dans quel objectif s'il vous plaît?


Pendant que ronronne dans le poste la voix de Sophie (elle raconte une histoire de co-détenu en préventive enfermé avec un assassin à tendance anthropophage), j'en profite pour vous parler d'un très beau téléfilm passé cette semaine dans la petite boîte à images : Le doux pays de mon enfance, de Jacques Renard, avec Daniel Russo et Isabelle Renauld. Rien à voir avec le cinglé anthropophage dans le poste.
"Le doux pays de mon enfance" c'est, me disais-je au début de la séance, le genre de téléfilm devant lequel je comate le soir, quand je ne suis plus capable de rédiger une ligne de thèse (qu'est-ce qu'elles ont toutes à se mettre à sautiller, ces p*%£$§! de lignes, passé 20 h... !) sauf que là, au lieu de la bêtise qui m'exaspère au bout de cinq minutes, j'ai été enchantée jusqu'au bout...

Monique et Roger Joly sont mariés depuis 17 ans. Ils ont deux garçons et leur fille, Chloë, a déjà 16 ans. Directeur commercial estimé d'un garage de voitures de luxe, Roger est aussi un amoureux fou des mots et de la langue française. Un jour, pressé, il oublie de boucler sa ceinture de sécurité. Arrêté par la police, il subit un contrôle. Ses réponses laissent visiblement les policiers perplexes. Peu de temps après, il est convoqué chez le juge d'instruction. Il apprend alors qu'il est accusé d'avoir usurpé l'identité de Roger Joly. Le juge d'instruction affirme qu'il s'appelle en réalité Aziz Bensalah...
Fipa d'or 2006 de la meilleure interprétation masculine pour Daniel Russo dans la catégorie «Fiction».

Le sujet était exceptionnel et surtout extraordinairement bien traité. Jamais manichéen, toujours sur la corde raide sans savoir si l'on est dans la vérité ou le mensonge; l'absurdité de la démarche de l'administration judiciaire, la réflexion sur l'identité nationale, l'assimilation...

Cela m'a fait repenser au projet d'autorisation des enquêtes sur les origines ethniques de la population française. Je n'ai toujours pas compris l'intérêt de ce genre d'enquête, je cherche, je cherche, pas moyen de comprendre. Et j'ai pensé très fort à quelques personnes de mon entourage en me demandant comment elles seront "classées":

- Ciboulette, qui se reconnaîtra: pas vraiment de papiers français, pas un parent ni grand-parents français, tous de quelque part au bord de la Méditerranée, et pourtant, il ne me viendrait pas à l'idée de ne pas la considérer comme Française (pour autant que la question ait de l'intérêt)
- un ancien collègue de mon mari. Appelons-le Mohamed. Enfant de l'assistance. Il aimait accompagner mon mari pour aller danser dans une guinguette du bord de la Marne, en terminant la soirée par un petite verre. Du genre absinthe le petit verre, à l'occasion.

Ces deux-là et tous les autres, où notre chère administration va-t-elle les caser ? Comme si la couleur des papiers d'identité avait de l'importance... Je ne sais pas moi, savoir si on cuisine à l'huile d'olive ou au beurre, ça c'est intéressant. Si on parle français, un dialecte régional ou étranger, à la maison, ça c'est intéressant. Si on consomme couramment des bananes plantains, du paneer ou du melfor. Bref, réfléchir un peu à ce qui fait l'identité d'un Français, d'un Chinois, ou d'un Péruvien, et aux questions de l'intégration, assimilation ou des modes de coexistances...

Pour le coup, je vais ressortir "L'identité de la France" de Fernand Braudel.
Et puis le "La mosaïque France" d'Yves Lequin et "Et si on faisait payer les étrangers?" de Jean-François Dubost. Voilà.

Pendant que mon mari s'inquiète à l'idée de devoir refaire sa carte d'identité. Hé, c'est que ses grands-parents ne sont nés ni Français ni en France. Et pendant ce temps-là, une de ses employées, origine d'Europe de l'Est, hors Union européenne, mais en France depuis l'âge de 14 ans et ayant grandi dans une famille d'accueil, n'arrive toujours pas à se faire naturaliser... Je vais bien, tout va bien...

Biblio:

Fernand Braudel, L'identité de la France, Paris, Flammarion, 1993.
Yves Lequin, La mosaïque France, Paris, Larousse, 1988 ou reéd. 2006, Histoire des étrangers et de l'immigration en France.
Jean-François Dubost, Et si on faisait payer les étrangers ? Louis XIV, les immigrés et quelques autres, Paris, Flammarion, 1999.
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Brève introduction à l'histoire politique (3)


Parler de l'influence du marxisme sur l'histoire politique revient en fait à quasiment ne pas parler d'histoire politique, puisque "l'historien marxiste accorde une attention privilégiée aux phénomènes sociaux, à leur aspect conflictuel, au sort des plus défavorisés surtout" (Charles-Olivier Carbonell, L'historiographie, Que-sais-je?, 1981, p.104).

Mais il faut bien dire qu'entre Boris Porchnev et les historiens français des Annales des années 1930 aux années 1970, il y a un fossé... Porchnev était un historien soviétique, qui a particulièrement travaillé sur les révoltes populaires dans la France d'Ancien Régime, et fut opposé à Roland Mousnier, à propos de la nature des révoltes paysannes du XVIIe siècle: révoltes révélatrices d'une lutte des classes ou non? Pour la présentation des thèses de Porchnev, voir l'article d'Yves-Marie Bercé, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, 1964, vol. 122, p. 354-358, Porchnev, Les soulèvements populaires en France...



Cependant, on peut difficilement expliquer l'orientation d'un Lucien Febvre sans prendre en compte sa "lecture attentive de Marx" pour reprendre la formule de Fernand Braudel, dans cet article du vol 12, num. 2 de la revue des Annales, 1957, p. 177-182, "Lucien Febvre et l'histoire". L'accent est mis sur le social. Sur les bancs de l'université, on apprend le rejet de l'histoire politique par les historiens qui ont fondé la revue "Les annales", on apprend le courant historique du même nom, caractérisé par le rejet de l'histoire-bataille, d'une histoire politique focalisée sur les grands hommes. Ce rejet est lié au développement d'une histoire plus sociale, plus économique : voyez le Louis XIV et 20 millions de Français de Pierre Goubert. Au lieu de faire une biographie classique de Louis XIV, P. Goubert démontre les forces économiques de ces vingt millions de Français, sans lesquels Louis XIV n'aurait pu être le roi-soleil... Une thèse projetée sur la politique méditerranéenne de Philippe II, thèse de Fernand Braudel (et selon la légende au moins au sens de "ce qui est rapporté à propos de", en partie rédigée de mémoire en camp de concentration pendant la Guerre de 39-45) est devenue une thèse sur la Méditerranée, temps longs, structures, étant mis en valeur...

Comme Marc Bloch avec les rois thaumaturges, Lucien Febvre choisit ce que l'on appelle alors "histoire des mentalités" et aujourd'hui "histoire des représentations", pour écrire son merveilleux "Problème de l'incroyance au XVIe siècle, la religion de Rabelais"; Bloch, Febvre ont ouvert la porte à de grands maîtres de l'historiographie du XXe siècle: Robert Mandrou, Jean Delumeau, Robert Muchembled...
Mais avant ces célébrités, marquées par l'apport de la pensée marxiste, ont oeuvré et compté Paul Mantoux (La révolution industrielle au XVIIIe siècle, 1906) ou Henri Hauser (Les débuts du capitalisme, 1927). La révolution industrielle, concept qui nous est si familier, enseigné au collège, n'est pas une formule qui a existé de toute éternité en histoire, mais a été créée au début du XXe siècle. P. Mantoux a été le premier à développer à partir des analyses de Marx, le concept de révolution appliquée à l'industrie, à l'histoire économique.

À propos de l'histoire politique écrite jusqu'alors, Lucien Febvre a eu des mots sévères (dont on se délecte en cachette, avouons-le...) : critique du tout-politique, critique de l'histoire positiviste, c'est-à-dire, factuelle et certaine d'établir la vérité une fois pour toutes. On a parlé d'une certaine volonté de "tuer le père" de la part des premiers historiens des Annales. Étaient visés en particulier Charles Victor Langlois et Charles Seignobos, auteurs d'un manuel sur la méthode historique (ne retenir qu'un élément d'un discours permet de le déformer... on le sait bien aujourd'hui encore):

" L’Histoire se fait avec des documents. Le documents sont les traces qu’ont laissées les pensées et les actes des hommes d’autrefois. Parmi les pensées et les actes des hommes, il en est très peu qui laissent des traces visibles, et ces traces, lorsqu’il s’en produit, sont rarement durables : il suffit d’un accident pour les effacer. Or, toute pensée et tout acte qui n’a pas laissé de traces, directes ou indirectes, ou dont les traces visibles ont disparu, est perdu pour l’histoire : c’est comme s’il n’avait jamais existé. Faute de documents, l’histoire d’immenses périodes du passé de l’humanité est à jamais inconnaissable. Car rien ne supplée aux documents : pas de document, pas d’histoire. " (Charles Victor Langlois et Charles Seignobos, Introduction aux études historiques, Paris, 1898, rééd., Paris, Kymé, 1992, Liv.I, chap I, cité dans Charles-Olivier Carbonnell et Jean Walch, Les sciences historiques de l’Antiquité à nos jours, Paris, Larousse, 1994, p.171).
La réponse de Lucien Febvre quelques années plus tard a été cinglante, comme il savait faire:

" L’histoire se fait avec des documents écrits, sans doute. Quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits s’il n’en existe point. Avec tout ce que l’ingéniosité de l’historien peut lui permettre d’utiliser pour fabriquer son miel, à défaut des fleurs usuelles. Donc avec des mots, des signes. Des paysages et des tuiles. Des formes de champs et de mauvaises herbes. Des éclipses de lune et des colliers d’attelage. Des expertises de pierres par des géologues et des analyses d’épées en métal par des chimistes. D’un mot, avec tout ce qui, étant à l’homme, dépend de l’homme, sert à l’homme, exprime l’homme, signifie la présence, l’activité, les goûts et les façons d’être de l’homme. Toute une part, et la plus passionnante sans doute de notre travail d’historien, ne consiste-t-elle pas dans un effort constant pour faire parler les choses muettes, leur faire dire ce qu’elles ne disent pas d’elles-mêmes sur les hommes, sur les sociétés qui les ont produites – et constituer finalement entre elles ce vaste réseau de solidarités et d’entraide qui supplée à l’absence du document écrit. " (Lucien Febvre, Combats pour l’histoire, Paris, Armand Colin, 1953, p.428 cité par Antoine Prost, Douze leçons sur l’histoire, Paris, Seuil, Folio Histoire, 1996, p82).
Et en marge des Annales, l'histoire politique, un peu occultée, a continué à vivre, à se renouveler grâce notamment à Pierre Renouvin, et notamment l'Introduction générale à l'histoire des relations internationales, de 1953. Néanmoins en 1974, Jacques Julliard écrivait "L'histoire politique a mauvaise presse chez les historiens français. Condamnée il y a une quarantaine d'années par les meilleurs d'entre eux, un Marc Bloch, un Lucien Febvre, victime de sa solidarité de fait avec les formes les plus traditionnelles de l'historiographie du début du siècle, elle conserve aujourd'hui encore un parfum Langlois-Seignobos qui détourne d'elle les plus doués, les plus novateurs des jeunes historiens français. Ce qui n'est pas naturellement pour arranger son cas".

Pour être plus précis, et en revenir au problème de la biographie, ce genre n'a pas entièrement disparu à cause de la désaffection des historiens, en raison de la demande du public. Reste que le genre biographique reste probablement un des plus difficiles, et même traités par de grands noms. Il donne aussi lieu ou a donné lieu à des publications trop souvent très médiocres.

Pour aller plus loin :

- Charles-Olivier Carbonell, L'historiographie, Que-sais-je?, 1981
- M.-P. Caire-Jabinet, L'histoire en France du Moyen-Âge à nos jours, introduction à l'historiographie, Paris, Flammarion, 2002.
- J. Le Goff, P. Nora, Faire de l'histoire, Paris, 1973 (apperçu dans Google Books)
- F. Bédarida et alii, L'histoire et le métier d'historien en France, 1995 (apperçu Google Books)

Vous trouverez également sur le site des classiques en sciences sociales (classiques.uqac.ca/) de nombreux livres de Lucien Febvre, dont Combats pour l'histoire.
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